Au quartier du Prainet, à Décines-Charpieu, les forces de l’ordre sont présents jour et nuit @CB

Incendie criminel à Décines : les habitants "rassurés" par la présence policière

Alors que l’enquête se poursuit sur l'incendie mortel possiblement lié au narcotrafic, le quartier du Prainet à Décines-Charpieu reste marqué par la peur. Une semaine après le drame, les habitants saluent toutefois la présence policière.

Une semaine après l'incendie criminel qui a coûté la vie à trois personnes dans le quartier du Prainet à Décines-Charpieu, la forte présence policière semble avoir porté ses fruits. Le lendemain du drame, les riverains étaient encore sous le choc, désarmés. Les semaines précédentes, des portes d'appartements avaient déjà été incendiées dans ce quartier. Fin avril, une mère de famille avait également reçu une balle perdue alors qu'elle rentrait à son domicile, accompagnée par ses deux enfants.

Ce mardi après-midi, le calme règne au sein de la rue Sully, alors que des patrouilles de forces de l'ordre sillonnent les allées. Un renfort qui semble être bienvenu. "Nous les voyons souvent, c'est une bonne chose, nous avons besoin de leur présence", clame un habitant, qui profite des rayons de soleil assis sur un banc. Pourtant, la peur reste de mise, ce Décinois refuse de donner son prénom, par peur de représailles. "Si je me tiens à l'écart, tout va bien. C'est une question de sécurité", ajoute-t-il.

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"Lorsque la police va partir, ça va recommencer"

Quelques mètres plus loin, Pierrot est résigné, mais pas abattu. Cet octogénaire habite dans le quartier depuis 1981 et ne pense pas à déménager : "Avec quel argent ? Ailleurs ça sera plus cher, c'est à eux (les personnes impliquées dans ces crimes Ndlr) de débarrasser le plancher." attaque-t-il, perché sur ses béquilles. Il salue également la décision de la Ville de Décines d'instaurer un couvre-feu pour les mineurs, mais s'inquiète d'un possible départ des forces de l'ordre, une fois le climat apaisé : "pour l'instant, c'est calme, regardez. Mais lorsque la police va partir, c'est à ce moment-là que ça va recommencer."

"On ne pensais pas que de tels évènements pourraient arriver ici. Ce cinéma a commencé cette année", complète Jacques, 82 ans, qui habite le secteur depuis une vingtaine d'années. Les deux octogénaires ont observé l'escalade de violence qu'a subi Décines-Charpieu ces dernières semaines. "Une fois, quand je rentrais de la pétanque, j'ai vu des hommes cagoulés. Ma fille en a vu d'autres, se baladant avec une mitraillette à la main", témoigne Pierrot.

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"Je comprends qu'il y a un traumatisme"

Ils passaient tous les jours dans le quartier du Prainet pour se rendre dans leur collège. Depuis les évènements criminels, Nilda et Wassim se montrent plus prudents : "il y avait des pétards, des coups de feu, ça nous a fait peur. C'est triste ce qui arrive", déplorent les adolescents, qui se disent "rassurés par la présence de forces de l'ordre." Des policiers présents de jour comme nuit pour assurer la sécurité des habitants : "nous voyons bien que ça les rassure. Après ce qu'il s'est passé, je comprends qu'il y a un traumatisme", explique l'un des agents présent ce mardi, qui "n'a pas relevé de nouvelles violences" depuis l'incendie.

Lors de sa prise de fonction, le nouveau préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes Etienne Guyot avait déclaré faire de la sécurité "une priorité absolue", face aux violences grandissantes dans plusieurs villes de la Métropole à Décines-Charpieu, comme à Lyon la nuit dernière.

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