Le mois de mai s’annonce insaisissable à la chapelle de la Trinité et nous gratifiera d’une avalanche de rendez-vous tous plus originaux les uns que les autres. Avec pour fil conducteur les éléments naturels et les paysages sonores, le week-end de spectacles baptisé Chapelle Sauvageavance de sérieux arguments.
Si la programmation de la chapelle de la Trinité se distingue régulièrement par son ouverture, ce mois de mai risque de battre des records d’éclectisme et d’originalité.
On démarre fort avec une soirée Superspectives le 7 mai, ou plutôt une nocturne puisque le collectif lyonnais nous propose une “nuit blanche” minimaliste bercée par le piano de François Mardirossian.
Assis, couché, emmitouflé dans des sacs de couchage ou bien calé entre deux coussins (disponibles sur place), le public sera invité à siester 12 heures durant (avec quelques pauses) au son de partitions appartenant au courant minimaliste.
Électro
Pas moins de six récitals seront offerts par le pianiste qui réalisera un véritable marathon, abordant aussi bien Philip Glass, John Cage, Arvo Pärt, Morton Feldman, Erik Satie que Moondog, Brian Eno ou Aphex Twin.
À peine une semaine plus tard, c’est dans le cadre des Nuits sonores que la productrice électro Kali Malone présentera son live électronique mêlant minimalisme répétitif et textures sonores riches et immersives dans des sets expérimentaux et captivants.
Balade Sauvage
À l’heure de la crise climatique, on voit de plus en plus fréquemment les questions liées à l’écologie s’inviter comme thème de soirée, de festival ou servir d’inspiration aux œuvres artistiques.
Et c’est bien ici l’environnement naturel qui sert de fil conducteur à ce week-end programmatique baptisé Chapelle Sauvage.
On notera que les cinq premiers rendez-vous de ce “théma nature” sont proposés en collaboration avec Grame et ont de quoi susciter notre curiosité. Ainsi l’installation sonore immersive Eunoé explore le pouvoir de l’eau et de ses sons sur la mémoire en faisant intervenir l’hypnose quand le DJ set aquatique de Diane Barbé nous fera entendre quelques pièces audio-naturalistes à même de nous plonger dans une rêverie sonore.
Le “paysagiste sonore” Gilles Malatray, quant à lui, nous promènera, oreilles grandes ouvertes, aux abords du Rhône en compagnie de la compositrice et chercheuse Adèle de Baudouin puis nous initiera au “field recording” à travers une session d’écoute baptisée “écologie sonore en circuit court”.
Nature sensible
Le samedi soir, c’est le Concert de l’Hostel Dieu qui prendra le relais avec Les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi, pièce ô combien naturaliste puisque dans l’édition originale de 1725, la partition était accompagnée de quatre sonnets évoquant la richesse sonore de la nature censés guider l’interprétation en vue de se rapprocher au plus près des phénomènes naturels décrits (chant des oiseaux, aboiement d’un chien, pas sur la glace d’un lac gelé, violent orage estival…).
Œuvres baroques
Des paysages sonores composés à partir d’œuvres audio-naturalistes de Hildegard Westerkamp, Jean C. Roché, Marc Namblard, Wendy Carlos et Jana Winderen seront également distillés par Diane Barbé et Camille Rhonat.
Il sera alors le tour des solistes du Concert de l’Hostel Dieu d’exécuter un programme d’œuvres baroques françaises ou au chœur féminin L’Atelier, à travers son programme Hymns, d’interpréter un florilège de pièces puisant leur inspiration dans la nature.
C’est le percussionniste Joël Grare qui clôturera le week-end avec ses Préludes pour clavicloche (clavier chromatique constitué d’une quarantaine de cloches de vaches rondes en acier, collectées sur plusieurs décennies autour de Chamonix) joués “dans un désordre météorologique” selon l’interprète qui nous invitera à une “rêverie polymorphe sur l’eau”.
Nuit blanche minimaliste –Jeudi 7 mai à 20 h
Kali Malone –Jeudi 14 mai à 18 h 30
Chapelle Sauvage –Du 22 au 24 mai à la chapelle de la Trinité – https://trinitelyon.com

Dans les coulisses de la LDLC Arena de Lyon