Grégory Doucet est réélu maire de Lyon, de justesse, et devra composer avec une Métropole de Lyon qui a largement basculé à droite.
Grégory Doucet se sauve de justesse
L’issue du scrutin a longtemps été incertaine à Lyon. Passé l’euphorie de l’annonce de la victoire du maire vers 20h40, les élus écologistes présents dans le bar loué par la soirée prévenaient que les estimations avaient moins de poids que les bulletins dépouillés. La suite de la soirée leur a donné raison. Les minutes passaient et le maire sortant écologiste voyait son score revu à la baisse. Il l’emporte finalement avec 2 900 voix d’avance sur l’ancien président de l’OL. Mais Jean-Michel Aulas promet d’étirer le suspense. Dans son intervention à son QG, le candidat Coeur lyonnais n’a pas reconnu sa défaite et annoncé faire des recours, évoquant même la possible tenue d’une nouvelle élection. Son entourage évoque “des centaines de bulletins” irréguliers.“Ils ont voulu nous voler la victoire”, soupirait un colistier de Grégory Doucet. Si la victoire pour les écologistes et leurs alliées PS-PCF-LFI relève du miracle au regard d’une campagne où ils ont été donné largement battu jusqu’au soir du premier tour, la marge est restreinte et l’alliance scellée avec les Insoumis n’a pas produit tous les effets escomptés. La perte de la Métropole de Lyon pour les écologistes douche aussi l’euphorie. “On aura du fil à retordre avec la Métropole. Nous saurons être un rempart contre des politiques rétrogrades”, assurait le maire de Lyon. Devant ses militants, il avait fait preuve d’un peu plus d’emphase : “une nouvelle page de l’histoire de Lyon s’est écrite”.
Une vague bleue sur la Métropole
Tôt dans la soirée et alors que les premiers résultats n’étaient pas encore officiels, Bruno Bernard a reconnu sa défaite. Elle ne souffre d’aucune contestation. Les listes Grand Coeur lyonnais menées par Véronique Sarselli l’emportent dans 10 des 14 circonscriptions. Un résultat qui dépasse largement les scénarios les plus optimistes qu’élaborait la droite métropolitaine. Des circonscriptions normalement acquises à la gauche (Rhône-Amont et Portes du sud) ont basculé, conséquence directe de l’absence d’alliance entre les listes de Bruno Bernard et celles de LFI. Chaque camp se renvoyait dimanche soir la responsabilité de la défaite. Pour la droite, les 10 circonscriptions garantissent une majorité absolue plutôt large. Le groupe RN se rêvait en arbitre de l’élection du successeur de Bruno Bernard lors du 3e tour, ce jeudi 26 mars. Ils n’en seront que des spectateurs. Contestée au début de la campagne par certains maires LR, Véronique Sarselli est la grande gagnante de ce scrutin. Questionnée sur la possibilité qu’une candidature émerge face à elle, la probable future présidente de la Métropole a presque haussé le ton ce dimanche soir à son arrivée victorieuse à la préfecture : “Quelle drôle de question”. A droite, ils ne sont plus très nombreux à se la poser. L’ampleur de la victoire renforce son leadership. Après 25 ans dans l’opposition, la droite revient aux manettes.
La banlieue rouge devient Insoumise
Les Insoumis ont gagné leurs bras de fer à Vaulx-en-Velin, pour 104 voix, et Vénissieux. Leurs députés Abdelkader Lahmar et Idir Boumertit ont conquis ces deux villes de l’Est lyonnais et s’inscrivent dans le récit voulu par La France Insoumise sur “la nouvelle France”. La ville de Saint-Fons a aussi été gagnée grâce au retrait du maire sortant dont les bulletins du premier tour ont été invalidés. Pour les Insoumis, le bilan au soir de ce second tour était largement positif malgré la perte de la Métropole de Lyon.
