Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et candidat à sa réélection. (@NC)

Élections à Lyon : derrière l'euphorie, les écologistes en mauvaise posture à la Métropole

Si les résultats des élections municipales à Lyon laissent entrevoir une victoire pour la gauche et les écologistes, le chemin vers une réélection s'annonce particulièrement tortueux pour Bruno Bernard à la Métropole de Lyon.

Et si la surprise du scrutin municipal avait eclipsé le véritable enjeu. Dimanche soir, alors que la gauche et les écologistes emmenés à Lyon par le maire sortant Grégory Doucet célébraient leur pôle position à l'issue du premier tour des élections municipales, la soirée s'est révélée nettement plus compliquée que prévue pour le président écologiste sortant de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard.

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Lyon Nord peut-elle basculer ?

Lui qui misait beaucoup sur la circonscription Porte des Alpes a finalement vu la liste LR-Grand Coeur lyonnais portée par le maire de Saint-Priest Gilles Gascon l'emporter très largement dès le premier tour. S'il a affirmé tôt dans la soirée que "la victoire facile de la droite à la Ville de Lyon et à la Métropole n'est pas en train de se réaliser", le stratège écologiste n'a pu que constater que sa tête de liste Manon Doyelle, porte-parole de la campagne, particulièrement mise en avant lors de l'intense campagne électorale, pointait même derrière Tiffany Joncour, tête de liste du Rassemblement national.

Pas de surprise ensuite sur les circonscription Ouest, Plateau Nord et Val de Saône que la droite remporte au premier tour. Les édiles Les Républicains, cette fois candidats sous la bannière Grand Coeur lyonnais portée par Véronique Sarselli, ont mis en avant une "victoire des maires" à la Métropole de Lyon, façon aussi de signifier que l'échec de Jean-Michel Aulas était aussi et surtout celui de la société civile. "Les Grands lyonnais ont exprimé nettement qu'ils voulaient du changement et de l'alternance. Nous continuons notre dynamique", s'est réjouit Véronique Sarselli.

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Les alliances avec les Insoumis restent indispensables pour la gauche

À Villeurbanne, où Bruno Bernard est lui même tête de liste, la gauche est largement en tête, le président sortant culminant à 35,13 %. Les Insoumis et la liste du sortant devront en revanche s'entendre sur les circonscriptions Portes du Sud et Rhône Amont. Le parti de Jean-Luc Mélenchon fait la course en tête dans la première, Abdelkhader Lahmar devançant Michèle Picard, tandis que Hélène Geoffroy devance nettement les Insoumis dans la seconde. Si les négociations pour Portes du Sud devraient aboutir, rien ne dit que les Insoumis accepteront de se ranger derrière une Hélène Geoffroy particulièrement dure à leur égard.

Bruno Bernard a néanmoins très vite appelé "chacun à gauche à prendre ses responsabilités, notamment les Insoumis". Interrogé ce dimanche soir, la tête de liste LFI, Florestan Groult confirme sa volonté de réaliser, conformément aux directives nationales, des fusions techniques. L'élection du président de la Métropole de Lyon pourrait ainsi se jouer à Lyon, notamment dans les circonscriptions Lyon Ouest et Lyon Nord, avec néanmoins une grande inconnue : la mobilisation des électeurs RN au second tour. La gauche et les écologistes devraient ainsi l'emporter dans les circonscriptions Lyon Centre, Lyon Sud, Lyon Est et Lyon Sud Est.

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Quelle mobilisation des électeurs du Rassemblement national ?

Lyon Ouest semble néanmoins bien compliquée à aller chercher, alors que le 5e arrondissement a élu Thomas Rudigoz à sa tête dès le 1er tour, arrondissement qui se mobilise davantage que le 9e. Pour la Métropole, la tête de liste Grand coeur lyonnais, Yann Cucherat fait la course en tête avec un peu plus de 41 % des voix. François Journy, tête de liste de Bruno Bernard plafonne autour des 30 %, tandis que le total des voix de gauche n'atteint pas les 43 %. L'équation semble très difficile à résoudre d'autant que le RN a obtenu quasiment 9 % des voix, pouvant constituer une réserve, dont la fiabilité reste incertaine, pour la liste Grand Cœur lyonnais.

Reste Lyon Nord, où le chemin, bien que particulièrement étroit, existe pour la gauche et les écologistes. La macroniste Sarah Peillon fait là aussi la course en tête pour Grand Cœur lyonnais, avec 40,62 % des voix, suivie par la socialiste Sandrine Runel et ses 31,92 %. Derrière, les plus de 9 % de la France insoumise constituent une réserve de voix importante pour la gauche. Les quelques 2 % de la liste de Nathalie Perrin-Gilbert, et les 4 % de celle de Georges Képénékian pourraient aussi se reporter sur Sandrine Runel, mais en face, les 8 % du Rassemblement national pourraient offrir la victoire à la liste Grand Cœur lyonnais. Là encore le match n'est pas joué. Difficile pour l'heure de dire si les électeurs du parti à la flamme accepteront de voter pour une macroniste, ex-socialiste, dans une logique de "barrage" aux écologistes.

"La rivière est retournée dans son lit"

Reste que le scénario dans lequel Grégory Doucet est élu maire de Lyon, tandis que Véronique Sarselli l'emporterait à la Métropole existe désormais. "La rivière est retournée dans son lit", résumait un maire LR dimanche soir, soulignant qu'en dépit des campagnes électorales intenses, la sociologie des territoires a fait son oeuvre au 1er tour, à Lyon, où la droite pensait pouvoir l'emporter grâce à la figure de Jean-Michel Aulas, et dans la Métropole de Lyon, dont les territoires restent durablement ancrés à droite.

Quelles marges de manoeuvre restera-t-il alors pour le premier magistrat de la troisième ville de France, placé sous tutelle d'une collectivité aux quatre milliards d'euros de budget ? Quelles politiques pourrait-il porter en matière de mobilités, quand la collectivité compétente sera dirigée par une Véronique Sarselli qui disait vouloir revenir sur la Zone à trafic limité en Presqu'île, et rouvrir la rue Grenette et les couloirs bus (en heures creuses) aux voitures ? Début de réponse dans moins d'une semaine désormais.

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