Le premier tour a réservé des surprises et des fortunes diverses pour les deux principaux camps. A Lyon, les écologistes créent la surprise. Dans la Métropole de Lyon, la droite prend une option sur la conquête de la présidence.
A Lyon, Doucet déjoue les pronostics
Le soufflé Aulas est retombé brutalement dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales à Lyon. Le candidat lyonnais qui flirtait avec une élection au premier tour, dans les sondages, à l’automne, a été devancé par Grégory Doucet dont l’impopularité semblait flécher un mandat unique à l’Hôtel de Ville. L’inversion des dynamiques dans les derniers jours, ceux qui comptent double, a écrit un scénario surprenant. L’euphorie du QG des écologistes contrastait autour de 21 heures quand les premières estimations sont apparues sur les écrans télés avec la morosité ambiante au local de campagne des Coeurs lyonnais. “Face aux mensonges et aux promesses irréalistes, ce n’est pas qu’un résultat, c'est une dynamique. Et on ne l’arrêtera pas. Les résultats déjouent tous les pronostics, nous n’avons jamais renoncé”, jubilait Grégory Doucet, ce dimanche soir. Sans réserve de voix, Jean-Michel Aulas et ses colistiers ont passé la soirée à dénoncer “l’accord de la honte” que s’apprêteraient à sceller les écologistes avec LFI. Si l’ancien président de l’OL a assuré qu’il allait refaire la pédagogie de son programme, c’est plutôt sur les alliances de Grégory Doucet et de Bruno Bernard qu’il devrait s'appesantir dans l’entre-deux tours.
La droite cartonne hors de Lyon
Si Cœur lyonnais est à la peine à Lyon, sa version métropolitaine Grand cœur lyonnais a déjà remporté quatre circonscriptions sur 14 dès le premier tour. Véronique Sarselli, la candidate à la présidence de la Métropole de Lyon, a gagné la sienne ce dimanche soir. Dans le salon de la Préfecture, elle a pris la parole avant Jean-Michel Aulas qui l’accompagnait et semblait un peu sonné par l’annonce des estimations lyonnaises. Véronique Sarselli a volé à son secours : "Ce soir les Grands lyonnais ont exprimé nettement qu’ils voulaient du changement et de l’alternance. Nous ne sommes pas loin d’avoir gagné 4 circonscriptions sur 8. Nous continuons notre dynamique avec Aulas. Jean-Michel Aulas est le meilleur candidat pour Lyon." En coulisses, les maires LR presque tous élus au premier tour ne mâchaient pas leurs mots sur la contre-performance de Jean-Michel Aulas, rappelant sous couvert d’anonymat qu’ils avaient été mis à l’écart dans la campagne au profit de la société civile. Ils savouraient leur revanche, surtout que la Métropole semble gagnable même si Lyon venait à ne pas basculer dimanche prochain.
Les planètes ne s’alignent pas pour Bruno Bernard
La soirée de dimanche a été paradoxale pour Bruno Bernard. Elle a commencé avec une bonne surprise à Lyon avant que la machine se dérègle pour le président écologiste sortant de la Métropole de Lyon. D’abord, ses soutiens dans les Monts d’or ont été battus. Beaucoup plus impactant, la circonscription Porte des Alpes a été gagnée par la droite dès le premier tour alors qu’il l’imaginait gagnable dans une triangulaire avec un RN autour des 25-30%. Bruno Bernard doit aussi faire de la place ce dimanche soir aux Insoumis s’il veut garder les circonscriptions Portes du Sud et Rhône-Amont, condition sine qua non pour rempiler pour un deuxième mandat. Si l’alliance semble inéluctable, dans son entourage, certains imaginent qu’elle pourrait coûter autant de voix, au centre-gauche, qu’elle n’en ramènera à l’extrême-gauche. Alors qu’il avait échafaudé des plans pour garder la Métropole malgré une possible défaite de Grégory Doucet, ce dimanche soir, il est plus que jamais dépendant du maire de Lyon dont la remontée pourrait lui offrir une circonscription supplémentaire, Lyon Ouest où pourrait se jouer l’avenir de la Métropole. Un scénario où Grand Coeur lyonnais et les écologistes finiraient à sept circonscriptions chacuns n’est pas exclu ce dimanche soir et pourrait augurer d’une Métropole bloquée pendant sept ans.
Le RN plafonne
A Saint-Priest, Gilles Gascon (58%) a fait mieux que résister à l’offensive du RN, menée par la députée Tiffany Joncour. La patronne locale arrive en deuxième position avec 15%. La situation est la même sur la circonscription Porte des Alpes, tombée dès le premier tour. Le RN est en décrue par rapport aux élections législatives où le parti d’extrême-droite dépassait un peu partout dans l’Est lyonnais les 30%. La possibilité d’un groupe d’une quinzaine d’élus est restée au stade de la politique fiction. Dimanche prochain, le RN ne devrait obtenir qu’une poignée de conseillers métropolitains. Au soir du premier tour, il en a déjà une : Tiffany Joncour. A Lyon, Alexandre Humbert Dupalais, candidat UDR soutenu par le RN, n’a pas réussi à s’inviter au second tour et ne siègera pas au conseil municipal.
A Villeurbanne, Van Styvendael gagne sa primaire à gauche
Le maire PS sortant affrontait son ancien mentor, Jean-Paul Bret, et ses alliés Insoumis de 2020, dans un premier tour qui avait des allures de primaire de la gauche. Il les devance d’une vingtaine de points et est en ballottage très favorable. Cinq listes peuvent se maintenir au second tour et aucune fusion ne semble envisageable laissant entrevoir un copier-coller dimanche prochain du premier tour.
Hors de Lyon, une poignée de villes indécises
Dans plus de 30 communes, les élections municipales sont déjà finies. Au final, seule une poignée de communes proposeront des seconds tours indécis. Ce sera particulièrement le cas à Meyzieu. Le maire LR sortant Christophe Quiniou vire en tête avec 47,7% des suffrages mais son challenger divers gauche Issam Benzeghiba 44,9% dispose d’une réserve de voix, les 7% de la liste LFI. Dans cette même circonscription Rhône-Amont, le duel que se livre la socialiste Hélène Geoffroy (44%) et l’Insoumis Abdelkader Lahmar (41%) reste indécis. A Vénissieux, le premier tour n’a pas non plus décanté la situation. Quatre listes peuvent se maintenir au second tour. Le statu quo pourrait bénéficier à Michèle Picard (PCF) qui devance de 330 voix le député LFI Idir Boumertit.
