Sandrine Runel (PS) et Pierre Oliver (Les Républicains)
Sandrine Runel (PS) et Pierre Oliver (Les Républicains) sur le plateau de télé de Lyon Capitale

Municipales 2026 à Lyon : le grand débat sécurité

Vidésurveillance, policiers municipaux, hausse de la délinquance, narcotrafic... Sandrine Runel (liste Grégory Doucet) et Pierre Oliver (liste Jean-Michel Aulas) détaillent leurs solutions pour Lyon.

Depuis le début du mois de février, Lyon Capitale vous propose des débats sur les grands enjeux des deux scrutins (municipal et métropolitain) pour vous permettre de vous forger un avis et de prendre connaissance des différentes propositions portées par les candidats ou leurs soutiens.

Ce cinquième et dernier débat porte sur la sécurité, enjeu polarisant du débat électoral depuis une vingtaine d'années*. Selon une étude d'opinion Ifof-Fiducial de novembre 2025 pour Lyon Capitale, la sécurité est aujourd'hui l'attente prioritaire de notre panel de Lyonnais : 52% des sondés et 59% chez les 18-24 ans.

*Selon un sondage Sofres réalisé en 1999 pour le compte de l’Association des maires de France, l’insécurité constituait ainsi la deuxième préoccupation des maires, après l’emploi.

"Un bilan positif" ... mais une délinquance en hausse

Face à face sur le plateau télé de Lyon Capitale (studio Urbavista), Sandrine Runel, chef de file du parti socialiste à Lyon et représentante du maire sortant écologiste Grégory Doucet et Pierre Oliver, maire (Les Républicains) du 2e arrondissement de Lyon et représentant du candidat Jean-Michel Aulas (Coeur lyonnais). Deux visions, deux projets, deux philosophies et un bilan à défendre.

Si les écologistes défendent "un bilan positif" en matière de sécurité, "à la fois sur la vidéosurveillance et sur le recrutement de la police municipale", les chiffres ne leur donnent pas forcément raison. Selon des statistiques policières sur Lyon intra-muros de mars 2026, les faits de délinquance constatés depuis 2021 (on ne prend pas en compte 2020, année du Covid) ont augmenté de + 17,9%. Tous les types de délinquance explosent (+ 12,1% pour les violences volontaires, + 19,9% pour les vols avec arme, + 6,8% pour les vols à la tire (pickpockets), + 7% pour les cambriolages). Seuls les vols de 2 roues motorisés sont en forte baisse (-59%).

Source : police mars 2026

"Nous ne vivons pas exactement dans le même monde sur les questions de sécurité"

L'occasion pour l'opposition de sermonner ne pas vivre "exactement dans le même monde sur les questions de sécurité" : "à Lyon, ce qu’on a vu pendant cinq ans, c’est un abandon de poste de la part du maire de Lyon."

Coté exécutif sortant, le programme est ambitieux : création de postes mobiles, porter le nombre de policiers municipaux à 400 (322 aujourd'hui selon la mairie en effectifs théoriques, contre 365 annoncés en début de mandat, mais une centaine de policiers seulement sur le terrain selon les syndicats ), la création d'une brigade anti-incivilités de 50 agents, l'installation de 90 nouvelles caméras de vidéo surveillance (contre 571 en fixes aujourd'hui, chiffres de la mairie) ou encore l'amélioration de l'éclairage public pour lutter contre le sentiment d'insécurité.... revirement de stratégie, fin 2022, Sylvain Godinot, adjoint en charge de la transition écologique, ayant assuré que dans les communes qui appliquent cette gestion de l’éclairage nocturne (baisse de l'éclairage), "il n’y (avait) pas de hausse de l’insécurité et parfois les incivilités baissent même"

*Selon un sondage Ipsos, commandé en 2015 par le Syndicat de l’éclairage, 91 % des Français jugent que l’éclairage public joue un rôle important "pour renforcer les conditions de sécurité le soir et la nuit".

Pierre Olivier, pour le projet de Jean-Michel Aulas, défend la création d'un "hôtel métropolitain des polices", regroupant police nationale et police municipale pour "une meilleure synchronisation avec la police nationale, c’est tout l’enjeu", avec la question sous-jacente du déport actif, la possibilité pour la police nationale d'utiliser les caméras de la police municipale - "la police nationale est toujours obligée de réquisitionner les images pour pouvoir les avoir, sur ces postes-là, nous allons avoir un recrutement extrêmement ambitieux". Aujourd'hui, selon la mairie de Lyon, la police nationale dispose déjà de la "possibilité d’accéder à jusqu’à 16 flux vidéo en simultané en temps réel, la coopération opérationnelle est donc réelle et quotidienne." Pour les syndicats, c'est loin d'être suffisant et efficace sur les 571 flux existants. Et, dernière proposition, la multiplication par deux des caméras de surveillance (1200) et l'augmentation du nombre de policiers municipaux à 500 d'ici 2033.

Lire aussi : Municipales 2026 : toutes les propositions de campagne des candidats à Lyon

Les Grands débats de Lyon Capitale, spécial élections municipales et métropolitaines 2026

- le grand débat urbanisme
: avec Michel Le Faou, candidat Grand Coeur lyonnais, et Valentin Lungenstrass, adjoint écologiste à Lyon
- le grand débat logement : avec Renaud Payre, vice-président de la Métropole de Lyon en charge du logement, et Sébastien Michel, maire LR d'Ecully et tête de liste Grand Coeur lyonnais dans la circonscription Val de Saône
- le grand débat éducation : avec Stéphanie Léger, adjointe sortante socialiste à l’éducation, et Charles-Franck Lévy, qui a supervisé les propositions de Jean-Michel Aulas en matière d'éducation.
- le grand débat mobilités : avec Vinciane Brunel, coprésidente du groupe Les Écologistes à la Métropole de Lyon et soutien de Bruno Bernard, et Gilles Gascon, coprésident du groupe Grand Cœur Lyonnais et soutien de Véronique Sarselli.


La retranscription intégrale de l'entretien avec Sandrine Runel et Pierre Oliver

Bonjour et bienvenue dans Le Grand Débat numéro 5 de Lyon Capitale avec deux invités. À ma droite, Sandrine Runel, bonjour.
Bonjour.

Sandrine Runel, vous êtes chef de file du Parti socialiste à Lyon et représentante du candidat et maire sortant, Grégory Doucet. Et puis, Pierre Oliver, bonjour.
Bonjour.

Pierre Oliver, vous êtes maire Les Républicains du 2e arrondissement et représentant de Jean-Michel Aulas aux élections municipales. Ce cinquième débat va porter sur la sécurité, thème central des élections municipales depuis 2001, un sujet qui monte énormément. Nous avions fait un sondage en novembre à Lyon Capitale : pour 52 % des sondés, la sécurité était l’enjeu prioritaire de ces élections municipales, et notamment chez les 18-24 ans, on atteignait 59 %. Vous avez chacun des propositions sur ce thème de la sécurité. Je vais commencer par vous, Sandrine Runel. Vous représentez le maire de Lyon, qui, pendant son mandat, a été accusé de laxisme sur cette question de la sécurité...

Sandrine Runel : A tort, à tort.

Aujourd’hui, depuis quelques mois, on sent qu’il y a une prise de conscience de cet enjeu. On va parler de ce premier sous-thème : la vidéosurveillance et les moyens de la police municipale. Quelles sont les propositions que vous faites pour les Lyonnaises et les Lyonnais ?

Sandrine Runel : Alors déjà, on a un bilan, puisqu’on est une majorité sortante. À la fois sur la vidéosurveillance et sur le recrutement de la police municipale, un bilan positif. Je vais commencer par la vidéosurveillance, puisque vous avez commencé par ce sujet. Sur la vidéosurveillance, pendant le mandat, on a augmenté le nombre de caméras, on les a aussi entretenues, et puis on a mis en place un collège d’éthique. C’était une demande forte de notre majorité, qui répondait aussi aux attentes des habitants. Cela permet d’avoir une charte d’utilisation, à la fois des images, mais aussi des nouvelles installations et des lieux où elles sont installées. À côté de ça, on a aussi, dans notre programme, la volonté d’avoir des brigades mobiles et donc de pouvoir installer, comme on l’a fait, des caméras nomades, d’équiper les policiers municipaux de caméras. Aujourd’hui, le territoire de Lyon est bien couvert par la vidéosurveillance : on est la deuxième ville de France, évidemment après Nice, mais Nice est toujours première dans les classements quand on parle de sécurité.

Quand vous dites “deuxième ville de France”, c’est en termes de densité ?

Sandrine Runel : Exactement : 12,7 caméras par kilomètre carré sur la ville de Lyon. Ça permet de couvrir un périmètre assez exhaustif sur le territoire de Lyon, avec un nombre de caméras qui sont regardées. J’entendais parfois des chiffres un peu démesurés : ce n’est pas la peine de couvrir Lyon de caméras s’il n’y a personne derrière pour les regarder.

Le centre de supervision urbaine. Vous disiez que vous êtes la deuxième ville après Nice en termes de densité de caméras. C’est vrai que, si on prend le nombre de caméras par habitant, on est cinquième, après Nice, Paris, Marseille et Toulouse.

Sandrine Runel : Je crois que personne n’a envie d’avoir une caméra de vidéosurveillance sur l’épaule. Donc on est plutôt sur l’idée de la densité et de la couverture du territoire lyonnais.

De votre côté, Pierre Oliver, sur la vidéosurveillance : un, quels sont vos objectifs ; deux, qu’est-ce que vous avez à répondre à Sandrine Runel ?

Pierre Oliver : Déjà, je pense qu’avec Sandrine Runel, nous ne vivons pas exactement dans le même monde sur les questions de sécurité. Vous l’avez très justement rappelé : c’est le thème numéro un attendu par nos concitoyens, notamment dans les grandes villes. Il faut répondre aux attentes des Français et des Lyonnais sur les questions de sécurité. À Lyon, ce qu’on a vu pendant cinq ans, c’est un abandon de poste de la part du maire de Lyon. Madame Runel expliquait que des caméras supplémentaires ont été installées : elles se comptent sur les doigts d’une main. Je vous donne un exemple très simple : des caméras supplémentaires ont été ajoutées pour surveiller l’œuvre d’art de la place Bellecour, pour qu’elle ne soit pas dégradée. Ça vous montre l’objectif de sécurité de la part de la majorité sortante. Nous, très clairement, avec Jean-Michel Aulas, notre projet, c’est d’avoir une meilleure couverture en vidéoprotection. Nous voulons arriver à 1 200 caméras d’ici la fin du mandat, sur l’ensemble. C’est un premier objectif, tout en ayant en tête qu’aujourd’hui, la ville de Lyon, c’est à peine 20 % du territoire couvert en caméras de vidéoprotection. Et quand j’entends la majorité nous dire : “On est la deuxième ville de France en termes de vidéo”, c’est faux. D’ailleurs, j’ai le souvenir que, tout au long du mandat, il y a eu de très nombreux débats sur cette question de la vidéoprotection. Les écologistes et les socialistes ont même finalement glorifié un moratoire, parce que nous avons eu droit à tout un débat autour de la vidéoprotection. On voyait bien le clivage très fort entre ce que nous voulions incarner pour notre ville et ce que la majorité sortante a fait tout au long du mandat. Un exemple très simple : lorsque la Région Auvergne-Rhône-Alpes a proposé un million d’euros à Grégory Doucet pour déployer des caméras de vidéoprotection supplémentaires, le maire de Lyon nous a répondu qu’il était d’accord pour prendre la somme d’un million d’euros, mais pour installer des urinoirs inclusifs et acheter des chasubles de médiateurs...

Sandrine Runel : pour entretenir aussi les lycées...

Pierre Olivier : ... On voit qu’à l’approche des élections municipales, et ayant vu probablement les sondages, vous avez décidé de changer votre fusil d’épaule. Mais malheureusement, ça ne masque pas ce mauvais bilan.

Donc, d’un côté, il n’y a pas assez de caméras de vidéosurveillance pour vous, c’est simple, puisque vous voulez doubler. Et pour vous, le territoire est assez couvert.

Sandrine Runel : Tout à fait. Dans notre programme, aujourd’hui, on a un bilan avec un certain nombre de caméras, 635. Et dans notre programme, nous avons le développement des caméras là où il faudra en mettre, en fonction des besoins, et en fonction aussi des discussions qui pourront avoir lieu avec la préfète, la police nationale et les équipages de la police municipale. En fonction des événements, et puis des caméras mobiles.

Mais vous avez déjà ciblé des quartiers ?

Sandrine Runel : Oui y aura des quartiers, parce qu’on va aménager aussi un certain nombre de quartiers dans la ville. Forcément, plus on aménage, plus il y a du monde, plus il y a de la vie, et donc ça nécessite de renforcer les caméras de vidéosurveillance. Peut-être que la rive droite fera l’objet d’installations supplémentaires.

Pierre Oliver : Je vais rebondir sur ce que vous disiez à l’instant. Pour cibler l’installation de nouvelles caméras de vidéoprotection. Lorsque le maire de Lyon, à quelques mois de l’élection, a fait son annonce en expliquant qu’il voulait installer des caméras supplémentaires, en tant que maire du 2e arrondissement, avec l’ensemble de mon équipe et avec des citoyens, nous avons établi ensemble le besoin que nous pourrions avoir, rien que pour le 2e arrondissement. En ayant en tête les vols à la roulotte, les agressions, et toutes les rues et tous les secteurs du 2e où il n’y avait pas de caméra, nous étions déjà à plus de 100 caméras, rien que pour le 2e arrondissement, en besoin précis. Et je vous l’ai dit tout à l’heure : qu’a retenu le maire de Lyon comme caméras supplémentaires importantes ? Il a retenu l’œuvre d’art de la place Bellecour. On voit l’écart entre le besoin que nous avons sur le territoire pour que nos forces de l’ordre puissent être plus efficaces, pour qu’on puisse retrouver ces délinquants, et, de l’autre, l’idéologie qui anime la majorité sortante.

Sandrine Runel : C’est évidemment faux. Je sais que vous aimez beaucoup cette œuvre d’art et que vous y tenez, donc c’est pour ça qu’on va sûrement installer des caméras en plus. Pour autant, vous avez fait un travail que nous saluons, et qui va permettre, comme dans chaque arrondissement, de pouvoir s’appuyer sur les attentes et les besoins. Encore une fois, en fonction des événements, des aménagements et des développements à l’intérieur de la ville, nous pourrons développer un certain nombre de caméras et d’installations supplémentaires. Mais je le répète : ce que veulent les Lyonnaises et les Lyonnais, ce ne sont pas des caméras tous les dix mètres dans les rues. Ce que veulent les Lyonnaises et les Lyonnais, ce sont des policiers municipaux, de la police nationale : c’est de la sécurité et de la proximité. Ce qui est ressorti de la grande écoute que nous avons réalisée, c’est véritablement ça : du lien, de la proximité, savoir à qui on peut s’adresser, et savoir quand aussi on peut trouver quelqu’un.

Justement, sur les effectifs de police municipale, vous êtes tous les deux d’accord. De votre côté, Sandrine Runel, vous voulez porter le nombre de policiers à 400. Aujourd’hui, si j’écoute Grégory Doucet, on est à 322. Et de votre côté, je crois que c’est 500 policiers municipaux. Une question quand même se pose : j’ai pu discuter avec des policiers, notamment de la fonction publique territoriale. Ils disaient : “Le problème, c’est que ces policiers n’existent pas.” En gros, ce qu’ils me disaient, c’est qu’en tant que candidat, on peut proposer plus de policiers municipaux, mais il y a moins d’agents que de postes à pourvoir. Comment est-ce que vous comptez faire ?

Sandrine Runel : Encore une fois, on est réaliste. On pourrait afficher des chiffres intenables : 500, 600, ou, comme les caméras, monter à 1 200. La réalité, c’est que c’est très difficile de recruter des policiers municipaux. Ce n’est pas spécifique à Lyon : c’est le cas dans toutes les villes, notamment des villes qui ne sont pas forcément de grande taille. Dans la métropole de Lyon, les villes en périphérie rencontrent les mêmes difficultés. En revanche, dans notre bilan, nous avons un solde positif : nous avons recruté plus de policiers municipaux que dans les mandats précédents. Nous n’arrivons toujours pas à l’objectif cible, mais nous avons l’ambition d’arriver à 400 d’ici la fin du mandat.

Et pourtant, quand vous êtes arrivés en début de mandat, il y avait l’objectif affiché de 365 policiers théoriques : on n’y est toujours pas.

Sandrine Runel : On n’y est pas, on n’en est pas loin. Pour autant, nous avons revalorisé : nous avons mené tout un travail avec les syndicats, avec les agents, avec la direction générale, sur la revalorisation salariale et sur les conditions de travail. Les policiers municipaux, qu’est-ce qu’ils regardent ? Le salaire et les conditions de travail. Ils regardent ce qui se passe dans les villes aux alentours, ce qui se passe à Lyon, ce qui se passe à Paris ou ailleurs.

C’est un marché très concurrentiel. C’est une question d’attractivité et de fidélisation.

Sandrine Runel :Mais aussi de conditions de travail. Nous avons mis sur la table un million d’euros pour revaloriser leurs conditions salariales, et ça, c’est aussi notre bilan.

Sur ce marché très concurrentiel, avec ces enjeux d’attractivité et de fidélisation, il y a, à peu près, ce que me disaient les syndicats, 10 % de policiers municipaux qui partent chaque année. Vous, 500 policiers municipaux : ils n’existent pas sur le marché. On fait quoi ?

Pierre Oliver : Vous avez raison : le recrutement d’agents de police municipale est aujourd’hui extrêmement compliqué en France, parce que c’est très concurrentiel et que, compte tenu de l’évolution de la délinquance à l’échelle du territoire, beaucoup de grandes villes et de grandes agglomérations cherchent des policiers municipaux. Mais à Lyon, il y a un constat simple : nous avons recruté des policiers municipaux tout au long du mandat. La réalité, c’est qu’ils partaient très vite. Ils partaient pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’ils affirmaient, et vous avez échangé avec les syndicats, nous aussi, ne pas être suffisamment soutenus par la majorité écologiste. On a tous en tête ces manifestations, avec de nombreux collègues de madame Runel, maire du 1er arrondissement, adjoint de Grégory Doucet, à ces manifestations où il y avait des slogans anti-police, des manifestations d’ailleurs aux côtés du fiché S Raphaël Arnault....

Sandrine Runel : Nus avons toujours condamné tous les messages anti-police..

Pierre Olivier : Ce que nous avons vu, c’est que les policiers municipaux ne se sentaient pas soutenus et sont souvent partis. Ils sont souvent partis dans des villes de l’agglomération qui avaient peut-être une autre couleur politique, un meilleur soutien de la part de l’exécutif municipal, ou de meilleures conditions salariales. Je pense, par exemple, à Bron, à Rillieux-la-Pape, à Écully, et à d’autres communes autour. Une fois qu’on a dit ça, notre objectif est très clair : premièrement, nous allons soutenir nos policiers municipaux, mais nous allons offrir de meilleures conditions. Ça ne vous a pas échappé : dans notre programme, nous proposons la construction d’un grand hôtel métropolitain des polices. Dans cet équipement, nous aurons à la fois un centre de supervision ultramoderne, qui sera digne de ce que font des villes plus en avance en France, comme Nice ou Toulouse. Nous aurons aussi, grâce à cela, une meilleure synchronisation avec la police nationale : c’est tout l’enjeu. Nous évoquons la vidéoprotection, les caméras : il n’y a pas de déport actif. La police nationale est toujours obligée de réquisitionner les images pour pouvoir les avoir. Sur ces postes-là, nous allons avoir un recrutement extrêmement ambitieux : nous mettrons le maximum pour pouvoir avoir le plus rapidement des agents en poste. J’ajoute que le chiffre de 311 est légèrement faussé : nous avons de très nombreux arrêts maladie à la ville de Lyon, et nous avons aussi des agents en formation, pas encore pleinement dans les effectifs, mais comptabilisés dans les 311. Donc la réalité est un peu en dessous.

Vous parliez de la construction d’un hôtel de police commun, police nationale, police municipale : cette fameuse collaboration. On reviendra sur le déport actif.

Sandrine Runel : Un bunker, en fait. Dans le programme, que j’ai lu avec attention, ça n’a pas pris beaucoup de temps, c’est un tunnel et un bunker pour mélanger la police municipale et la police nationale. Nous, à l’inverse, ce que nous proposons, ce sont des brigades mobiles qui vont à la rencontre des habitants dans les arrondissements. Concrètement, ça existe par ailleurs à Villeurbanne également. Ce sont des équipages de police municipale qui vont dans les arrondissements, à la rencontre des habitants, à des horaires fixes, des jours fixes, et qui sont là pour accompagner, écouter, aider aussi aux démarches. Ça permet d’avoir ce sentiment de rassurer la population et de pouvoir dire : “Ne vous inquiétez pas, il y aura toujours cette brigade à tel moment.” Elle permet de tourner avec un agenda et un calendrier partagés avec les habitants. Nous allons vers les habitants : nous ne fermons pas la police. Nous pensons que la police est sur le terrain. Je crois profondément à la police de proximité. Je crois profondément que la police est là pour protéger les habitants. Je crois à la protection : nous allons développer ces brigades.

Pierre Olivier : Je vais répondre à madame Runel : évidemment, notre objectif n’est pas de laisser l’ensemble de nos policiers municipaux recroquevillés dans un bâtiment. Au contraire, nous leur donnons des outils supplémentaires. Je comprends que madame Runel le comprenne comme ça, parce que, lorsqu’on se souvient des émeutes que nous avons eues il y a quelques années, le maire de Lyon avait précisément demandé aux policiers municipaux de rester enfermés plutôt que de venir accompagner la police nationale...

Sandrine Runel : ce qui est faux et qui a été démenti par le directeur de la police municipale...

Pierre Oliver : Évidemment, nous ne sommes pas dans cette logique. Évidemment, nous aurons des brigades supplémentaires sur le terrain. Notre objectif est d’avoir un meilleur maillage, en permanence, et sur des horaires étendus. Aujourd’hui, c’est ça qui nous manque à Lyon : avoir plus d’effectifs en poste dehors. C’est pour ça que nous proposons 500 policiers municipaux à la fin du mandat : c’est le besoin quand on regarde l’ensemble des problématiques de sécurité que nous connaissons. D’abord les questions de mauvais stationnement, qui peuvent gêner : on sait que ça prend beaucoup de temps à la police municipale. C’est aussi, en parallèle, des brigades sur les aires piétonnes ; des brigades supplémentaires dans certains quartiers où l’on sait qu’il y a moins de passages de la police municipale. Quand on cumule l’ensemble des attentes et des besoins des habitants, nous arrivons à ce chiffre de 500 policiers municipaux, et nous allons le faire d’ici la fin du mandat.

On parle aussi de la sécurité du quotidien : toutes les dégradations du quotidien qui gênent, pour ne pas dire autre chose, la vie de chacune et chacun. Vous proposez, de votre côté, Sandrine Runel, une brigade anti-incivilités : ça veut dire quoi ?

Sandrine Runel : C’est très important, puisque nous avons besoin d’avoir, dans la ville, des brigades qui peuvent repérer les incivilités. Ça veut dire des dépôts sauvages, des encombrants, mais aussi une propreté qui n’est pas respectée. Nous développons, avec les agents - alors monsieur Aulas n’a pas dû être informé - un véhicule qui s’appelle LAPI, et qui permet de faciliter le contrôle du stationnement, notamment du stationnement non réglé. Ça libère du temps. Ça libère du temps pour les ASVP, qui auparavant verbalisaient les voitures qui n’avaient pas respecté le stationnement, qui n’avaient pas réglé le tarif. Ça libère du temps et ça permet de les redéployer sur un travail plus intéressant : du contact, et embellir la ville, faire en sorte que les incivilités diminuent.

Je voudrais savoir concrètement comment ça va se passer : c’est-à-dire qu’on peut avoir des policiers qui vont couvrir la rue et qui vont mettre des amendes ?

Sandrine Runel : ils vont vérifier, par exemple, qu’un ménage ne dépose pas ses ordures sans les mettre à la poubelle ; que des personnes qui déménagent ne laissent pas tout sur le trottoir ; que des personnes ne font pas des tags sur les vitrines, sur les murs de la ville, aux abords des gares aussi, ou ne dégradent pas la propreté. Il y aura une partie prévention, explication : par exemple, avec des personnes qui sont avec leur chien, en leur expliquant qu’il y a des canisites et que, quand son chien fait ses besoins, il faut les ramasser, ne pas les laisser dans la rue ou dans le caniveau. Et puis il y aura une partie contrôle et répression, avec des amendes.

Pierre Oliver : Si je peux rebondir, c’est là où on voit la différence entre nos deux projets. Ce qu’on retient de cette proposition de Grégory Doucet et de Sandrine Runel, c’est que, finalement, peut-être que nos policiers municipaux auront, lors d’une patrouille, la chance de tomber sur un dépôt sauvage ou sur un tag. Là où nous allons déployer plus de caméras de vidéoprotection, et, en voyant ces incivilités, envoyer des brigades directement, parce que nous aurons une meilleure couverture et un meilleur maillage de la vidéoprotection, pour pouvoir lutter contre ces dépôts sauvages, contre ces tags, et contre toutes les incivilités.

Vous me tendez la perche : on va y aller, parce qu’on tourne un peu autour du sujet, ce qu’on appelle le “déport actif”. Le déport actif : on ne voit pas bien ce que ça veut dire. En gros, c’est permettre à la police nationale d’avoir accès aux caméras de la police municipale via le CSU, le centre de supervision urbaine. Aujourd’hui, ce n’est pas possible : il faut qu’il y ait une demande du centre de commandement de la police nationale à la mairie de Lyon pour pouvoir accéder à une caméra. La mairie de Lyon m’a confirmé qu’il y avait 16 flux vidéo simultanés, en temps réel, accessibles à la police nationale. Seize flux vidéo en même temps, ce n’est pas énorme. Pourquoi on a ce problème à Lyon qu’on n’a pas à Villeurbanne ou dans d’autres villes ?

Sandrine Runel : Il y a une coopération entre la police nationale et la police municipale qui se met en place progressivement. On a aussi un héritage : ça n’a pas été bloqué à notre arrivée. On a, de toute manière, un problème de moyens, notamment de moyens humains. Il faut qu’on ait suffisamment d’agents pour regarder, exploiter ces vidéosurveillance, pouvoir en faire quelque chose et les transmettre à la demande. Mais aujourd’hui, oui, il y a un déficit d’agents qui ne permet pas d’être aussi efficace qu’on le voudrait. C’est pour ça que nous revalorisons à la fois la question salariale et les conditions de travail, pour avoir plus d’agents capables d’être plus réactifs derrière les caméras.

Aujourd’hui, le nombre d’agents derrière les caméras, dans ce CSU, ça représente quoi ?

Sandrine Runel : Dans ce CSU, bien évidemment, ça tourne, mais c’est entre 10 et 15 % des effectifs qui regardent les caméras de vidéosurveillance.

Vous n’avez pas réussi, avec les raisons que vous évoquiez, à trouver plus de policiers municipaux pour mettre dans ce CSU.

Sandrine Runel : On a besoin de policiers municipaux sur le terrain : c’est très important. Et, à côté de ça, il y a besoin d’avoir des policiers qui regardent, qui doivent être agréés, formés, et tout ça prend du temps.

Pierre Oliver : Madame Runel a du mal à se justifier sur cette question du déport actif pour une raison très simple : Cédric Van Styvendael, le maire socialiste de Villeurbanne, a décidé d’opter pour cette solution, qui est bien plus efficace, et on sait qu’il y a une meilleure synchronisation avec la police nationale. En tout cas, nous, c’est sur ce point que nous allons travailler avec Jean-Michel Aulas. Deuxième sujet concernant le CSU : il faut se dire les choses clairement, aujourd’hui, nous n’avons pas l’équipement à la hauteur de l’enjeu, et nous avons un équipement qui est vétuste, par rapport à ce que nous devrions avoir à Lyon. Quand je vais visiter le centre et le CSU, j’ai eu la chance de visiter un certain nombre de centres de supervision urbains, à la fois en France et dans l’agglomération lyonnaise. Et ce qui est terrible, c’est de voir que le CSU de la ville de Mions, une ville de 15 000 habitants, est bien plus perfectionné que celui de la ville de Lyon, une ville de 530 000 habitants. C’est ça, la réalité. Ce n’est pas la même taille : on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable. Évidemment, avec Jean-Michel Aulas, notre volonté est très simple : on va faire rentrer Lyon dans une nouvelle ère. On va mettre des moyens humains supplémentaires, des moyens technologiques supplémentaires, pour avoir plus de résultats, et arrêter d’essayer de raconter à tout le monde que tout va bien, alors qu’on sait tous que la violence est le plus gros sujet que nous avons à Lyon. D’ailleurs, c’est la préoccupation numéro un des Lyonnais.

C’est vrai que ça demande beaucoup de moyens, parce que si vous doublez le nombre de caméras, que vous portez le nombre de policiers à 500, et qu’en plus vous changez le CSU, ça risque de coûter très cher.

Sandrine Runel : Plus le tunnel et l’hôtel de police : ça commence à chiffrer.

J’avais juste des chiffres sur la délinquance, de source policière, qui est très sûre. Depuis 2020, si on regarde les chiffres, tout a augmenté. Je prends, par exemple, les violences volontaires : on est à +29 %. Les cambriolages : +36 %. Les usages de stupéfiants : ce n’est pas singulier à la ville de Lyon, c’est partout en France. On est quand même à +216 % en usage de stupéfiants. Le narcotrafic, aujourd’hui, c’est un sujet — on est d’accord — géré par la police nationale, mais c’est un sujet qui s’invite dans les territoires, dans les villes. On a beaucoup de poches où le narcotrafic est en train de prendre une ampleur considérable. De votre côté, Sandrine Runel, vous avez proposé un plan de 500 000 euros sur la prévention. Expliquez-nous rapidement de quoi il s’agit.

Sandrine Runel : Nous avons regardé ce qui se passe à Lyon, comme dans toutes les grandes villes et agglomérations en France, avec le développement du narcotrafic, et surtout son développement à destination des jeunes. Aujourd’hui, nous le savons : ce sont plutôt les 16-25 ans qui sont les premiers concernés, et qui sont d’ailleurs actifs sur notre territoire. Je me suis beaucoup investie, et j’ai d’ailleurs voté à l’Assemblée nationale la loi de lutte contre le narcotrafic. Nous travaillons avec nos collègues de Marseille, et c’était aussi la présence d’Amine Kessaci à nos côtés pour rappeler quel était notre engagement, notre combat, pour lutter contre le narcotrafic.

Tout à fait, qui est militant contre les narcotrafiquants.

Sandrine Runel : Ce que nous voulons, c’est un plan de prévention pour lutter contre l’entrée des jeunes dans le narcotrafic. Tout ça ne se fait pas d’un coup de baguette magique : ça se fait avec des moyens, donc des moyens de prévention pour lutter contre le décrochage scolaire, lutter aussi contre la désinformation, et faire en sorte que ces jeunes ne soient pas happés par des narcotrafiquants. Ça vient renforcer le sport, renforcer l’école. Et, à côté de ça, des moyens supplémentaires pour lutter contre les narcotrafiquants : ne pas les laisser s’installer, mais surtout collaborer avec la police nationale, dont c’est la compétence. Il doit y avoir un maillage extrêmement important pour faire en sorte que nous luttions contre les narcotrafiquants. Mais ce débat n’est même pas seulement national : il est international.

De votre côté, vous parlez de prévention : qu’est-ce que vous proposez ?

Pierre Oliver : Il y a un volet prévention et un volet répression. Sur le volet répression, les forces de police municipale doivent s’associer aux forces de police nationale pour lutter contre certains attroupements que nous pouvons avoir sur des places où l’on sait qu’il y a, derrière, beaucoup de revente. On a eu, tout au long du mandat, un exemple criant : celui de la Guillotière. Dans notre volonté de recruter plus de policiers municipaux et d’installer plus de caméras, il y a aussi cette volonté de lutter contre le trafic de drogue, aux quatre coins de la ville. Ensuite, sur le volet prévention, parce qu’on sait que c’est l’un des grands enjeux : ce qui me frappe, c’est de voir que des enfants tombent dans le narcotrafic dès l’âge de 11 ou 12 ans. J’ai eu l’occasion, au cours de ce mandat, de convoquer des familles où l’on savait précisément que les enfants étaient en train de tomber entre les mains des narcotrafiquants. Et derrière, c’est tout le système qu’on va pouvoir mettre en place pour lutter contre les narcotrafiquants, faire de la prévention au sein des collèges, parce qu’on sait que c’est à cette période-là que les enfants sont le plus vulnérables et tombent dans le narcotrafic. De ce point de vue-là, on aura toujours les moyens : je peux vous le rappeler, c’est 1 200 caméras à la ville de Lyon.

Sandrine Runel : Mais ce ne sont pas les caméras qui vont aller expliquer aux collégiens de 6e qu’il ne faut pas aller dealer.

Pierre Oliver : C’est quand nous aurons des caméras que nous pourrons lutter aussi demain contre le trafic de drogue. Ce qui se passe aujourd’hui à la Guillotière, c’est que vous avez des individus qui vendent de la drogue, qui sortent du champ des caméras, disparaissent, et qu’on ne retrouve jamais. C’est ça, la réalité. Un gamin de 12 ans derrière une caméra, ça ne va pas se passer aussi bien. Là, on parle d’un maillage global : notre volonté, c’est de faire en sorte qu’on puisse lutter efficacement contre le trafic de drogue et contre toutes les incivilités. Évidemment, tout ça fait partie d’un ensemble : on ne peut pas dire que la caméra ne concerne que le vol à la roulotte et pas le trafic de drogue. Ce n’est pas vrai. La réalité, c’est que ce sont tous ces dispositifs qu’on va mettre en place qui vont nous permettre demain de lutter efficacement contre les incivilités, contre le trafic de drogue, et de retrouver de la sérénité à Lyon.

Je suis désolé, on ne va pas conclure tout de suite : c’est vous qui allez conclure. Mais j’ai le souvenir que beaucoup de syndicats de police, quand les écologistes sont arrivés aux responsabilités en 2020, nous disaient que, dans certains quartiers, on “sabre le champagne”, pour dire que le message envoyé n’était peut-être pas le bon, en disant : “Bon, les écolos passent”, mais…

Sandrine Runel : C’est tout à fait faux. Regardez, au contraire, à Villeurbanne, à Marseille : bien sûr que nous avons les mêmes objectifs, lutter contre la délinquance, lutter contre le narcotrafic, et protéger et rassurer les habitants.

On arrive à la fin de ce débat. On pourrait en parler très longtemps, on a déjà dépassé nos 26 minutes. Je vous remercie. Je vais vous demander de conclure : vous avez 30 secondes chacun pour conclure sur ce thème de la sécurité. Je vous laisse la parole.

Sandrine Runel : Nous avons, dans la liste conduite par Grégory Doucet, Vivre Lyon, un grand plan pour la sécurité, pour assurer la sécurité des Lyonnaises et des Lyonnais, avec un certain nombre d’axes et de thématiques. On a beaucoup parlé des effectifs de police municipale, des caméras de vidéosurveillance, des brigades mobiles. Mais il y a aussi l’apaisement de la ville, avec un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles : c’est ce que nous avons fait avec le développement de dispositifs. Avoir un grand plan à l’intérieur de la ville où les femmes se sentent en sécurité, où les familles se sentent en sécurité, où les enfants se sentent en sécurité, c’est ce que nous avons fait aussi avec le SYTRAL, avec les arrêts à la demande dans les transports en commun. Et puis, nous avons cette volonté de faire en sorte que tout le monde vive ensemble et vive bien à Lyon, encore une fois, en sécurité. Tous les arrondissements seront dotés de moyens conséquents, avec des brigades de police municipale, et avec ces brigades mobiles. L’idée, c’est le terrain, la proximité : c’est ce que nous avons retenu aussi de la grande écoute et de ces six ans de mandat.

Pierre Oliver : pour nous, les choses sont très claires. La sécurité est l’une des priorités. Si, le 15 mars, vous votez Jean-Michel Aulas, vous savez que la priorité sera mise au cœur de l’action. Nous aurons, à la fin du mandat, 500 policiers municipaux. Nous aurons 1 200 caméras de vidéoprotection pour assurer la sécurité des Lyonnais. En parallèle, nous allons construire un grand hôtel métropolitain des polices, qui va nous permettre d’avoir une meilleure synergie entre la police nationale, la police municipale et l’ensemble des forces de sécurité intérieure. Le 15 mars, Lyon est à un tournant. C’est en votant Jean-Michel Aulas que vous arriverez à trouver des solutions sur la sécurité, plutôt qu’en reconfiant les rênes aux écologistes, qui ont eu un abandon de poste sur ce sujet pendant six ans.

En tout cas, je vous remercie tous les deux, Sandrine Runel et Pierre Oliver, d’avoir participé à ce débat sur la sécurité. Et pour plus d’informations…rendez-vous sur le site de Lyon Capitale. À très bientôt. Au revoir. Merci.

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