En cette journée nationale de commémoration du 111e anniversaire du génocide arménien, plusieurs centaines de Lyonnais étaient réunies ce vendredi place Antonin-Poncet, à Lyon.
La musique et les chants traditionnels arméniens ont raisonné ce vendredi après-midi sur la place Antonin Poncet. Comme le veut la tradition, la diaspora arménienne et les élus lyonnais se sont réunis devant le Mémorial du Génocide des Arméniens et de tous les crimes contre l’humanité, situé dans le 2e arrondissement, pour rendre hommage au 1,5 million d’Arméniens tués entre 1916 et 1923.
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"Notre seule aspiration est de vivre en paix et en sécurité"
Une commémoration rythmée par des discours graves, et urgents. "Le génocide ne s’est pas terminé, il a pris une autre forme. Un jour, nous retournerons sur notre terre. Pas par oubli, pas par pardon, mais par justice", a ainsi clamé haut et fort Méline, membre de la Jeunesse Arménienne de France. Ses mots, puissants, sont entendus par tous. "Nos dirigeants n’ont pas été à la hauteur et les intérêts économiques ont pris le pas sur la mémoire. Voilà notre héritage : le combat." Applaudie, la jeune femme a laissé sa place sur l’estrade à Raffi Tanzilli, président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) du Centre. "Ceux qui pensent qu’il suffit de tourner la page pour que les bourreaux la tournent aussi n’ont rien compris à l’Histoire et mettent en danger l’Arménie", a-t-il martelé, accusant le gouvernement turc de perpétuer la haine aujourd'hui. Et de plaider : "Notre seule aspiration est de vivre en paix et en sécurité."


Quelques instants plus tard, le maire de Lyon Grégory Doucet prenait la parole. "111 ans nous séparent désormais de ces événements. 111 ans, et pourtant, rien n’est refermé. Car cette mémoire n’appartient pas seulement au passé. Elle continue de vivre dans le présent", a-t-il déclaré. Soulignant l’importance de la transmission et du refus de "toute forme de négationnisme", l’édile lyonnais a appelé "à ne pas détourner le regard", "à ne pas céder à l’indifférence" face à l'inquiétude des Arméniens encore aujourd'hui.


Devant le mémorial, Grégory Doucet a enfin réaffirmé le plein soutien de la municipalité dans le devoir nécessaire de mémoire. "Ce qui s’est joué en 1915 ne peut être relégué au passé. Ce qui se joue aujourd’hui nous concerne. Ici, à Lyon, nous avons fait le choix de ne jamais oublier, mais surtout de ne jamais rester indifférents", a-t-il conclu.
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"Notre seule aspiration est de vivre en paix et en sécurité" A qui le dit-il ? En 6 ans ll n'avait pas bien compris !