Secoué par deux départs successifs au sein de sa direction et sous pression politique, le Cojop des JO 2030 annonce le lancement d’une mission d’accompagnement. Objectif : rassurer les partenaires et stabiliser une gouvernance encore en construction.
Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes françaises 2030 (Cojop) tente d’éteindre l’incendie. Réuni lundi 26 janvier à Décines-Charpieu, son bureau exécutif a acté le lancement d’une "mission d’accompagnement" destinée à garantir au projet "une organisation plus lisible, stable et opérationnelle", selon un communiqué diffusé mardi.
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Cette annonce intervient dans un contexte délicat. En moins de deux mois, le Cojop a enregistré deux démissions de poids : celle d’Anne Murac, directrice des opérations, puis vendredi dernier celle d’Arthur Richer, directeur de la communication. Des départs qui ont conduit la ministre des Sports, Marina Ferrari, à réclamer "une clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité" de l’organisation.
Un ancien de Paris 2024 pour piloter cette mission
Selon le communiqué, les parties prenantes – l’État, les comités olympique et paralympique, ainsi que les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes – ont mené un "échange approfondi sur le fonctionnement et la gouvernance" du Cojop. À l’issue de ces discussions, le président du Cojop, Edgar Grospiron, a lancé une mission chargée de formuler des propositions "opérationnelles, budgétairement soutenables et adaptées aux spécificités" des Jeux 2030.
La méthode se veut collective : diagnostic comparatif avec des organisations de référence, phase de co-construction associant les équipes internes et le Comité international olympique (CIO), puis restitution aux instances de gouvernance. Aucun nom n’est officiellement avancé, mais une source proche du dossier indique à l’AFP qu’Étienne Thobois, ancien directeur général de Paris 2024, pourrait piloter cette mission.
Le calendrier est déjà fixé. Une organisation "consolidée" doit être présentée à l’issue des Jeux de Milan-Cortina, lors du bureau exécutif du 19 mars 2026. D’ici là, les tensions internes et territoriales restent vives, notamment autour de la future carte des sites et du partage de la charge financière entre territoires, comme l’a illustré la mise en retrait temporaire du département de la Savoie annoncée par son président, Hervé Gaymard.
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Malgré ces crispations, le Cojop met en avant des "fondamentaux solides" : budget adopté à l’unanimité, structuration avancée de la Solideo et poursuite du travail législatif. "Si nous rencontrons des difficultés, c’est parce que je porte une ambition des plus élevées", a réagi Edgar Grospiron dimanche sur LinkedIn. Une ambition qui devra désormais se traduire par une gouvernance plus apaisée et lisible pour espérer embarquer durablement l’ensemble des acteurs des Alpes françaises.
