Jean-Michel Aulas / Grégory Doucet
Jean-Michel Aulas / Grégory Doucet (montage Lyon Capitale)

Municipales et métropolitaines 2026 : les grands enjeux du premier tour 

A quelques heures du premier tour des élections municipales et métropolitaines, Lyon Capitale vous propose les points clés d’un scrutin qui tendrait à devenir plus indécis. 

  • Grégory Doucet peut-il refaire son retard ?

Le dernier sondage publié avant le premier tour a rasséréné les écologistes lyonnais. L’écart tendrait à se resserrer entre le maire sortant et son rival, Jean-Michel Aulas. Dans la dernière ligne droite, les dynamiques de terrain semblent s’inverser. Le camp Aulas n’évoque plus la possibilité de l’emporter dès le premier tour, une petite musique qu’ils fredonnaient à l’automne quand les intentions de vote flirtaient avec la barre décisive des 50% au premier tour. Dans le camp Aulas, les dernières semaines ont semblé poussives à l’image de son débat. Le dernier meeting au ton offensif contre les écologistes, mais à l’atmosphère tiède, avait ainsi vocation à souffler de nouveau sur les braises de l’impopularité des écologistes. A l’inverse, les écologistes se prennent à rêver à la lecture de sondages, ne les minimisant plus étrangement.

  • Le nouveau mode de scrutin change-t-il vraiment tout ?

C’est un point sur lequel les écologistes et le camp Aulas se retrouvent dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales. Dans l’ancienne version du scrutin dit PLM, la liste d’union de la gauche, sans LFI à ce stade, aurait eu beaucoup plus de chances de l’emporter grâce au jeu des arrondissements. Le scrutin de liste unique pour désigner les conseillers municipaux devrait favoriser le candidat Aulas. 

Un autre effet sera lui à scruter dimanche prochain. La prime majoritaire accordée à la liste qui arrive en tête a été ramenée à 25% au lieu de 50%, avant et pour l’ensemble des autres villes de France. Dans le scénario d’une élection serrée et en cas de triangulaire, le conseil municipal de Lyon pourrait ne pas avoir de majorité absolue. 

  • Bruno Bernard pourrait-il survivre à la perte de Lyon ?

Le président écologiste de la Métropole de Lyon a au moins réussi à imposer son narratif dans cette campagne métropolitaine. Ses chances de victoires semblent plus élevées que celles de Grégory Doucet alors même qu’il a besoin de remporter a minima trois circonscriptions métropolitaines lyonnaises. Sur l’ensemble de l’agglomération, la sociologie électorale semble pourtant moins favorable qu’à Lyon. Pour autant, Bruno Bernard espère profiter d’un alignement des planètes et d’effets d’aubaines pour gagner 7 à 8 circonscriptions métropolitaines. Il vise des victoires dans l’Est lyonnais par le truchement de triangulaires incertaines si le RN est haut. Face à l’impopularité du maire sortant de Lyon, il espère aussi que des électeurs pourraient être tentés de panacher leurs votes entre la Ville et la Métropole. 

  • Les écologistes peuvent-ils faire l’impasse sur des alliances ?

Bruno Bernard comme Grégory Doucet préféreraient ne pas avoir à faire de place sur leurs listes aux Insoumis que le climat de la campagne depuis la mort de Quentin Deranque a rendu moins fréquentables. Les règles du scrutin pourraient toutefois leur tordre le bras. Si les Insoumis dépassent les 10% à Lyon et dans certaines circonscriptions, des discussions auront lieu dans les deux nuits précédant le dépôt des listes mardi. Les deux édiles écologistes partagent une ligne commune assurant qu’ils présenteront aux électeurs le même programme lors des deux tours. Une manière de dire que l’accord ne serait pas programmatique et donc politique mais uniquement technique en incorporant des candidats insoumis. Une nuance sémantique qui pourraient ne pas suffire pour certains de leurs colistiers. Des partis comme le PS ou Place publique ont exprimé leur refus d’alliance quel que soit l’adjectif qualificatif retenu. A droite, les listes de la galaxie Coeur lyonnais ont annoncé depuis le début de la campagne qu’aucun rapprochement avec le RN ne serait possible. Dans l’Est lyonnais, aux municipales plus qu’aux métropolitaines, la question du désistement de liste de gauche pourrait se poser si les candidats d’extrême-droite virent en tête à Saint-Priest ou à Décines-Charpieu.

  • Le RN peut-il gagner des communes dans l’Est lyonnais ?

Si à Lyon, Alexandre Humbert Dupalais, le candidat UDR-RN, peine à exister face à l’attrape-tout Aulas, qui réalise empiriquement une union des droites d’après les sondages, le RN pourrait jouer les premiers rôles dans l’Est lyonnais, un territoire sociologiquement plus favorable. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella a ciblé deux villes conquises par la droite en 2014 : Décines-Charpieu et Saint-Priest. Dans cette dernière commune, Tiffany Joncour, députée RN de l’Est lyonnais, lorgne sur le fauteuil du LR Gilles Gascon. Dans l’agglomération lyonnaise, l’extrême-droite n’a jamais dirigé de ville et historiquement n’a jamais pesé sur la Métropole de Lyon. Une donne qui pourrait changer. Une victoire dans l’une des deux circonscriptions de l’Est lyonnais (Rhône-Amont ou Porte des Alpes) ne relève pas de la science-fiction. 

  • La Métropole de Lyon sera-t-elle gouvernable ?

A l’approche premier tour, Lyon Capitale a sorti sa boule de cristal et sa calculette pour réaliser une projection du nombre de sièges que chaque liste pourrait obtenir au conseil métropolitain. Sur la base des dynamiques et des résultats électoraux précédents, nous avons considéré que Véronique Sarselli (Grand Coeur lyonnais) l’emporterait dans 8 circonscriptions, Bruno Bernard en gagnant 6. Dans ce scénario, aucune liste n’obtiendrait la majorité absolue. Il manquerait ainsi 1 à 2 sièges à Véronique Sarselli. Le RN que nous créditons de 15 élus, il n’en compte aucun actuellement, pourrait faire et défaire les majorités pendant les sept années à venir.

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