Édito. Depuis trois décennies, Lyon déjoue souvent les tendances nationales. Les municipales de 2026 pourraient confirmer un nouveau basculement.
En mars 2026, Lyon Capitale couvrira sa sixième élection municipale, depuis sa création en octobre 1994, et aura vu se succéder à l’hôtel de ville cinq maires et six mandatures : Michel Noir, alors déjà en place à la naissance du journal, Raymond Barre, l’un des deux Premiers ministres en lice en 1995 à l’échelle nationale (avec Alain Juppé, à Bordeaux), Gérard Collomb trois mandats (et dix-sept ans d’un règne sans partage), dont le dernier interrompu par son départ place Beauvau, Georges Képénékian en intérim d’un an et Grégory Doucet depuis juillet 2020.
Trente ans d’histoire locale qui dessinent une ville singulière, parfois en décalage avec les vagues nationales.
En 1995, alors que la droite triomphe partout en France dans le sillage de l’élection de Jacques Chirac, Lyon reste à droite mais dans la douleur. Michel Noir, englué dans l’affaire Botton, laisse la place à Raymond Barre qui l’emporte à 47,5 % face à un Gérard Collomb encore inconnu du grand public.
En 2001, le reflux national de la gauche épargne Lyon, Gérard Collomb y devient le premier maire socialiste de la ville, non sans paradoxe : battu en voix par une droite divisée entre Jean-Michel Dubernard (RPR) et Charles Millon (Droite libérale-chrétienne), il gagne en sièges grâce au scrutin par arrondissement.
En 2008, la vague rose qui déferle sur les grandes villes trouve à Lyon son expression la plus spectaculaire. Gérard Collomb est réélu dès le premier tour avec 53 %, une performance inédite dans l’histoire de la ville.
En 2014, alors que la gauche s’effondre nationalement et perd 121 villes, Lyon fait figure d’exception. Gérard Collomb (PS) remporte son troisième mandat, avec près de 14 points d’avance face à Michel Havard (UMP).
En 2020, Lyon anticipe et amplifie la vague verte : l’écologiste Grégory Doucet s’impose avec 52 % dans un contexte d’abstention record (plus de 62 %), Gérard Collomb étant battu jusqu’à la Métropole.
La ville semble aujourd’hui prête à tourner une nouvelle page et peut-être à renouer avec une autre de ses traditions : l’alternance. Tous les sondages racontent la même histoire. Dans le dernier baromètre de Lyon Capitale de février, Jean-Michel Aulas (Cœur lyonnais) caracole à 45 % quand le maire sortant plafonne en dessous de la barre des 30 % (un sondage de mi-mars de Cluster 17 pour Mag2Lyon donne, lui, 40% pour Jean-Michel Aulas et 36% pour le maire sortant un premier tour, avec une très nette victoire de Jean-Michel Aulas second tour avec 51% contre 40% pour Grégory Doucet).
Le verdict des urnes semble déjà écrit : 55 % des Lyonnais se disent mécontents du bilan écologiste, et c’est dans ce rejet que Jean-Michel Aulas puise ses 45 %. Plébiscité par les retraités (61 %) et les inactifs (58 %), il aborde le scrutin en favori.
En ville-baromètre qui devance parfois les tendances nationales, Lyon s’apprêterait-il cette fois à confirmer le mouvement de rejet des maires écologistes élus en 2020 ? Sentence les 15 et 22 mars prochains.
Bravo au journaliste auteur de cet article pour son soutien actif à Donald Aulas !
Il déforme même la réalité des sondages actuels ! 😀
Mais ce n'est pas un journaliste, c'est un éditorialiste. Ne pas confondre ces deux professions (ce qui est une habitude dans les médias comme Cnews où en permanence il n'y a pas "des infos" mais des gens qui commentent les infos.
Allez, on fait connaître la chanson "Aulas, le vrai..." histoire de remettre les choses à leur vraie place.
Il y a 6 ans, le khmer Doucet a été élu sur un malentendu lié à la pandémie du Covid. Donc retour à la réalité locale !