Les deux hommes soupçonnés d’avoir violemment agressé et insulter deux jeunes femmes dans une fan-zone du Groupama Stadium en 2024 lors du match OL-PSG comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lyon ce mardi 20 janvier.
À la barre, ils ont réfuté tout geste volontaire ou à caractère raciste. Les deux hommes soupçonnés d’avoir commis une agression "sexiste" et "raciste" contre deux jeunes femmes dans une fan-zone du Groupama Stadium lors du match OL-PSG le 25 mai 2024 comparaissaient ce mardi 20 janvier devant le tribunal correctionnel de Lyon.
Ils étaient tous les deux poursuivis pour "provocation publique à la haine ou la violence", tandis que Thibault D. était également accusé de "violences volontaires" aggravées par un motif raciste. Leurs avocats ont demandé leur relaxe, plaidant que l’intention raciste et sexiste n’était pas caractérisée.
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"Le caractère volontaire du geste ne laisse aucun doute"
Une première fois renvoyée en novembre après que les parties civiles ont estimé que le parquet n’avait pas renvoyé les deux prévenus pour l’ensemble des actes commis le soir des faits, les deux mis en cause ont pu revenir hier sur leurs gestes qualifiés de "racistes et sexiste" par les parties civiles. "J’ai célébré le but comme les autres supporters. On était serrés comme des sardines, c’était idiot, mais je ne suis pas raciste et ce n’était pas volontaire", a tenté d’expliquer Thibault D., accusé d’avoir volontairement assené de violents coups de coude à l’une des victimes. Déjà condamné en mai 2022 pour des faits identiques, l'homme était en état de récidive au moment des faits. Observée par un médecin, la victime, elle, souffrait de nombreuses ecchymoses aux lombaires, au dos et saignait de la lèvre.
À ses côtés, son petit frère, Adrien D., assure n’avoir jamais fait de saluts nazis ou mimer d’arracher le voile de la jeune femme, mais reconnaît avoir fait des doigts d’honneur. "Je n’ai pas d’explication. Peut-être que j’étais en colère après l’égalisation, je ne sais pas, mais je n’ai jamais fait de salut nazi. Je ne vois pas ça sur la vidéo", s’est-il défendu à demi-mots.
Des justifications balayées par les avocats de la partie civile. "Le caractère volontaire du geste ne laisse aucun doute. Il s’agit d’un geste raciste, misogyne et abjecte qui ne ressemble en rien aux valeurs que défend l’Olympique lyonnais", a ainsi déclaré l’avocat du club de football, Me Clément Durez. Une accusation soutenue par SOS Racisme et la Licra qui, bien qu’ayant reconnu la "complexité d’identifier les saluts nazis ou l’intention derrière les coups de coude", estime que la vidéo "ne laissent pas de place au doute", a renchéri Me Boris Roux, avocat des associations SOS Racisme et Sportitude. Plusieurs témoins présents le soir des faits avaient également appuyé le caractère raciste de l’agression, assurant avoir entendu Adrien D. dire : "On va lui arracher son voile".
Le délibéré rendu le 17 mars
"On utilise le terme raciste de façon irresponsable dans cette affaire", s'est indigné Me Olivier Costa, avocat de Thibault D. "Dans les déclarations des témoins, on peut lire que les gestes ont été donnés par un supporter portant un maillot du club, or, mon client ne portait pas de maillot", a-t-il ajouté, sans préciser que son client portait en revanche une écharpe du club, visible sur la vidéo diffusée hier. "Je ne dis pas que la partie civile n’a pas été percutée par les 100 kilos d’un abruti qui sautait comme un débile pendant un match de foot, mais pourquoi donnerait-on crédit à des témoins qui se sont trompés dans leur déclaration, mais pas à mon client qui a assuré être "extrêmement désolé" de l’avoir bousculée ?", a-t-il encore plaidé, soulignant que l’analyse de la vidéo faite par les enquêteurs "ne pouvait pas confirmer la violence volontaire". "Je ne souhaite à personne ce que l’on a vécu depuis ce jour-là au stade. Cela a bousillé nos vies", a conclu Adrien D. Quatre plaintes ont, en effet, été déposées pour menaces et harcèlement après la médiatisation de l’affaire.
Le procureur a quant à lui assuré que le caractère raciste était "parfaitement constitué". "Si vous doutez encore de la motivation raciste du geste, remarquez qu’il n’y a eu aucune violence avant l’arrivée des jeunes femmes, soit pendant 45 minutes. Il y a forcément eu des gens qui lui sont passés devant, lui ont marché sur les pieds. Il n’y a rien eu avant ces deux jeunes femmes", a-t-il indiqué. À l’issue de l’audience, dix mois de prison assortis d’un sursis probatoire d’une durée de deux ans ont été requis contre Thibault D., ainsi qu’une interdiction de fréquenter le Groupama Stadium pendant deux ans et une obligation de pointage à chaque match à domicile. La justice rendra sa décision le 17 mars prochain.
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