L'Insee Auvergne‑Rhône‑Alpes vient de publier une étude basée révélant qu’un ménage sur dix dans la région se chauffe encore au fioul, une pratique particulièrement marquée dans les maisons anciennes, en zones rurales et chez les retraités, malgré une baisse progressive depuis 2006.
Si le fioul recule, il fait de la résistance. Lors de la conférence de presse de lancement du recensement 2026, mardi 13 janvier, l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) a levé le voile sur les habitudes thermiques des habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Premier constat : Auvergne-Rhône-Alpes est la 5e région de France métropolitaine la plus équipée en chaudières au fioul. En 2022, "dans notre région, un ménage sur dix se chauffe au fioul. C'est un peu plus de 390 000 résidences principales" explique Guillaume Arion, chargé d'études à l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes.

Les maisons anciennes et les territoires ruraux en première ligne
La géographie joue un rôle déterminant dans ce choix énergétique, souvent subi. Guillaume Arion précise que ce sont avant tout les maisons qui sont concernées : "80 % des logements chauffés au fioul sont des maisons anciennes". Il ajoute que parmi ces ménages, "17% des maisons et 4% des appartements chauffent avec ce combustibles contre respectivement 31% et 12% en 2006".
Le département du Cantal s'illustre particulièrement avec 23 % de foyers équipés, soit près d'un ménage sur quatre. Ce chiffre s'explique par davantage de maisons et un raccordement au gaz qui n'est pas toujours possible. À l'inverse, dans les zones urbaines denses de la Métropole de Lyon, le chiffre tombe à 3 %.

Les retraités : entre attachement et vulnérabilité
L'étude souligne également un fort clivage générationnel. 16 % des retraités utilisent encore le fioul, "le plus souvent dans le rural, dans leur maison également plus ancienne qu'ils occupent depuis plus longtemps que la moyenne" note l'Insee. À l'inverse, les cadres vivent plus souvent en zone urbaine et 7% d'entres eux utilisent encore ce mode de chauffage.
Les retraités sont plus vulnérables face à la hausse du prix du fioul, notamment en raison d’une baisse de leurs revenus et d’une isolation souvent insuffisante de leur logement. Cependant, cette vulnérabilité peut être atténuée par le fait qu’ils ont généralement terminé de payer leur logement. Ils limitent également le chauffage aux pièces principales. Enfin, ils peuvent disposer de sources de chauffage alternatives, comme une cheminée ou un poêle à bois.
Le recensement 2026 : un outil de pilotage crucial
L'Insee est revenu, ce mardi 13 janvier, sur le lancement de l'enquête annuelle du recensement de la population. En Auvergne-Rhône-Alpes, 1,2 million d’habitants, répartis dans 897 communes, participeront à l’enquête annuelle de recensement 2026 à partir du jeudi 15 janvier. Pour mener cette mission, les mairies mobilisent 2 900 agents recenseurs.
Nicole Thomas, directrice régionale adjointe de l'Insee à Clermont-Ferrand, rappelle les trois objectifs principaux de ce recensement :
- Établir les nouvelles populations de références prenant effet au 1e janvier
- Actualiser les informations socio-démographiques sur tous les échelons géographiques
- Connaître certaines caractéristiques des résidences principales
Ces données permettent à l'Insee de suivre la population, ses caractéristiques et l’état des logements pour orienter les décisions publiques.
La méthode de collecte est différente selon la taille des communes. Ainsi, pour une commune à moins de 10 000 habitants, le recensement est exhaustif tous 5 ans sur l'ensemble des logement tandis que pour une commune à 10 000 habitants et plus, ce dernier a lieu tous les ans sur 8% des logements.
"Le recensement, c'est simple, c'est sûr et c'est utile"
Ce rencensement de la population est "sûr" : données restent confidentielles et servent uniquement à des statistiques. Il est "simple" : les habitants peuvent répondre en ligne ou via des questionnaires papier récupérés par l’agent recenseur.
Les dates à retenir :
- Jeudi 15 janvier 2026 : Lancement de l'enquête de recensement.
- 14 février 2025 : Fin de la collecte pour les communes de moins de 10 000 habitants.
- 21 février 2025 : Fin de la collecte pour les communes de 10 000 habitants ou plus.
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