La station de Saint-Gervais Mont-Blanc © Boris Molinier

Escapades à Saint-Gervais : bain de culture au pied du mont Blanc

Pour des vacances d’hiver placées sous le signe de la culture, posez vos valises à Saint-Gervais, charmant village de Haute-Savoie. Là, au pied du mont Blanc, découvrez l’histoire de ce territoire montagnard unique. Le lent et périlleux apprivoisement des sommets, leur beauté brute qui a séduit de nombreux artistes et l’attachement sincère des habitants à leur petit coin de paradis.

Aventures historiques

Coquette station haut-savoyarde du val Montjoie, la commune de Saint-Gervais s’étend des rives de l’Arve jusqu’aux pentes du mont Blanc au fil de quatre villages (et plusieurs hameaux) : Saint-Gervais-les-Bains au centre, entouré par Saint-Nicolas-de-Véroce, Le Fayet et Le Bettex. Son point culminant n’est autre que le mont Blanc en personne ! Domaine skiable reconnu, Saint-Gervais est avant tout une terre d’histoire, tissée au pied du toit de l’Europe. 

Vue imprenable sur le mont Blanc © Hugo Guillerez

Dans le centre du village de Saint-Gervais-les-Bains, la Maison forte de Hautetour renferme la mémoire du territoire, de ses montagnes et de ses habitants depuis des siècles. Cette ancienne bâtisse du XIIIe siècle abrite une exposition permanente, rénovée cette année, consacrée à l’histoire de la compagnie des guides de Saint-Gervais et des premières ascensions du mont Blanc. Découvrez les coulisses de cette aventure humaine hors norme écrite par des pionniers de l’alpinisme.

La Maison forte de Hautetour dans le village de Saint-Gervais-les-bains © Fabian Bodet

À partir du 17 décembre, découvrez-y aussi l’histoire du secours en montagne, assuré jusqu’en 1958 par la compagnie des guides de Saint-Gervais, son évolution et son organisation actuelle. Une exposition temporaire qui résonne avec une tonalité particulière au pays du mont Blanc, près de soixante-dix ans après ce terrible hiver 1956 où deux jeunes alpinistes à bout de force s’égarèrent sous le toit de l’Europe. Les secours de l’époque, désorganisés et réticents à se lancer dans pareille expédition en plein hiver, n’arrivèrent pas à temps pour les sauver. Leur lente agonie fut suivie à la jumelle depuis la vallée. Ces terribles jours sont racontés par le célèbre alpiniste italien Walter Bonatti, qui partagea la cordée des deux jeunes victimes, dans son livre Montagnes d’une vie. Le drame conduisit à la création d’unités de secouristes professionnels de montagne dans les mois suivants : le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et la CRS Alpes.

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La Cure, pôle culturel situé au cœur du village de Saint-Gervais-les-Bains © Boris Molinier

Pigments alpins

“Que la montagne est belle”, chantait Jean Ferrat en 1965. Soixante ans plus tard, la beauté saisissante des paysages montagnards fascine toujours autant. Certains artistes audacieux, comme Angelo, dit “Ange”, Abrate, ont tenté de l’immortaliser. Ce peintre et alpiniste italien décédé en 1985 a vécu à Chamonix puis Sallanches à partir de 1933. La Cure, pôle culturel situé au cœur du village de Saint-Gervais-les-Bains, dévoile ses plus belles œuvres à partir du 12 décembre. Des jeux de matière, de couleur et de lumière qui rendent tout à la fois la beauté, la verticalité et la rudesse des paysages montagnards, des Alpes aux Calanques. La plupart ont été peintes là-haut, en pleine montagne, au cours des nombreuses ascensions d’Ange Abrate.

Pour rester dans le thème, cet hiver, le peintre et sculpteur Adrien Fricheteau sera en résidence à la Maison forte de Hautetour. Il compte travailler sur un projet de peintures polyptyques autour de la notion du “sublime” dans le paysage de montagne, en questionnant la relation qu’entretient notre époque à la notion de catastrophe climatique, sociale, etc. Ses œuvres y seront exposées à partir du mois de février.

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Pour les montagnards passionnés, un cycle de conférences gratuites à ne pas manquer à La Cure 

• Le 10 février : Gilles Fumey, professeur de géographie culturelle à la Sorbonne, reviendra sur l’histoire de la figure de Heidi, la petite bergère

• Le 17 février : Julien Pelloux, guide de haute montagne de la compagnie des guides de Saint-Gervais/Les Contamines et historien, retracera l’histoire du secours en montagne

• Le 24 février : Blaise Agresti, ancien commandant du PGHM, guide de haute montagne et écrivain, racontera les évolutions de l’organisation du secours en montagne

• Le 3 mars : Marion Poitevin, première femme à intégrer la CRS Alpes en 2016, également guide de haute montagne, partagera sa passion du métier ainsi que les obstacles rencontrés spécifiquement par les femmes dans le milieu montagnard


Collection d’art sacré unique au musée d’Art sacré de Saint-Nicolas-de-Véroce © Boris Molinier

La montagne sacrée

Le pays du mont Blanc jouit d’une collection d’art sacré unique (sculptures, tableaux, orfèvrerie, vêtements liturgiques…), visible au musée d’Art sacré de Saint-Nicolas-de-Véroce, un charmant petit village de montagne situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Saint-Gervais. Celle-ci a été accumulée, et entretenue, grâce aux dons faits par les habitants. Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, nombre d’entre eux émigrent vers l’Europe de l’Est, encouragés par les liens de l’époque entre le royaume de Savoie et le Saint-Empire romain germanique. 

L’église de Saint-Nicolas-de-Véroce © Fabian Bodet

Agriculteurs à la belle saison, ils passent l’hiver là-bas en tant que commerçants, colporteurs ou artisans. Les affaires fonctionnent bien. Les plus prospères s’y installent même, sans oublier leur territoire natal dont ils financent généreusement les églises et les écoles. Ces dons sont une manière de prouver leur foi et de s’assurer peut-être une place au paradis dans le contexte de la Contre-Réforme. C’est ainsi qu’a pu être reconstruite l’église de Saint-Nicolas-de-Véroce, juste à côté du musée, au XVIIIe siècle. L’édifice religieux est un véritable joyau de l’art baroque – et probablement l’une des plus belles églises de Haute-Savoie – qui mérite absolument une visite ! Tout comme l’église de Saint-Gervais-les-Bains, autre chef-d’œuvre baroque entièrement restauré en 2016. Ses vitraux ont été réalisés cette même année par le prêtre coréen et artiste Kim En Joong. Son clocher à bulbe, haut de près de 40 mètres, est typique du pays du mont Blanc. 

L’église Notre-Dame-des-Alpes, à Saint-Gervais © Fabian Bodet

Pour finir cette boucle culturelle, revenons à l’époque contemporaine avec l’église Notre-Dame-des-Alpes, à quelques pas de la gare de Saint-Gervais – Le Fayet. Construite entre 1935 et 1938 sous la houlette de l’architecte Maurice Novarina, sa voûte à l’allure résolument moderne est pourtant inspirée des chalets savoyards. Au gré de vos déambulations dans les charmants hameaux de Saint-Gervais Mont-Blanc, vous croiserez de nombreuses chapelles… fermées en hiver. Pour en découvrir les ornements baroques, il faudra revenir au printemps !

Plus d’informations sur saintgervais.com


© Boris Molinier

Une Fête des lumières au pied du mont Blanc

Vous ne serez pas à Lyon pour la Fête des lumières ? Pas de problème, celle-ci s’est exportée à la montagne. Du 23 au 31 décembre, Saint-Gervais Mont-Blanc organise sa propre manifestation, largement inspirée de sa grande sœur lyonnaise. Certaines illuminations seront d’ailleurs exposées dans la capitale des Gaules, puis au pied du mont Blanc ! D’autres ne seront visibles qu’à Saint-Gervais. Pendant une semaine, le village se parera chaque soir d’une ambiance féerique, magnifiée par les cimes enneigées. Magique !

Programme à venir sur saintgervais.com


© Boris Molinier

Infos pratiques

Où se restaurer ?

• Lulu (nouveau bistrot convivial, cuisine traditionnelle) à Saint-Gervais : bistrotlulu.fr

• Green Gorilla Café (chaîne de restaurants de cuisine healthy : smoothies, poke bowls, superaliments…) à Saint-Gervais  greengorillacafe.com

• La Table d’Armante (restaurant gastronomique de l’hôtel L’Armancette, nouveau chef, produits locaux) à Saint-Nicolas-de-Véroce
almae-collection.com

Où loger ?

• Refuge Chez La Tante – Mont d’Arbois (nouveau refuge, restaurant et spa à 1 800 mètres d’altitude, accessible uniquement en télécabine et calèche) à Saint-Gervais
refugechezlatante.com

• Plan B Living Saint-Gervais (mix entre hôtel et auberge de jeunesse, à côté de la gare et de la télécabine Le Valléen) à Saint-Gervais
planb-livingsaintgervais.com

• Les Dômes de Miage (hôtel-bar-restaurant rénové avec une nouvelle équipe) à Saint-Gervais domesdemiage.com

Événements 

• Les 20 et 21 décembre : Marché de Noël à Saint-Gervais

• Du 23 au 31 décembre : Lumières Saint-Gervais Mont-Blanc (fête des lumières locale)

• Du 18 au 20 février : festival d’hiver de la fondation Gautier-Capuçon (trois concerts de musique classique, master class et conférences)

 Comment s’y rendre ?

• En voiture : 2 heures 30 depuis Lyon par l’A40

• En train : TER Lyon – Saint-Gervais Le Fayet (entre 3 heures 30 et 4 heures 30 avec une correspondance à Bellegarde-sur-Valserine et éventuellement Annemasse ou Genève). De la gare, prenez la télécabine du Valléen jusqu’à Saint-Gervais puis l’Alpin qui vous déposera au pied des pistes.

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