Le chantier de découverture du Furet, au sud de Saint-Étienne, a été officiellement clos lundi 2 novembre par Régis Juanico, maire de Saint-Etienne et président de la Métropole. Trois ans après le lancement des travaux, ce petit affluent du Furan coule de nouveau à l’air libre sur 150 mètres, avec un objectif : réduire le risque de crue près de la RN88.
Le Furet n’a rien d’un grand fleuve : à peine 1,50 m de large pour 10 cm de profondeur en temps normal, selon les chiffres avancés au lancement du projet. Mais ce cours d’eau, qui descend du Pilat, peut réagir vite en cas d’orage. Il finissait jusqu’ici sa course sous terre, dans une galerie passant sous le rond-point Vélocio, au pied du col de la République. Annoncée pour durer un an, l’opération s’est finalement étalée sur plus de trois ans, entre travaux de rivière, de réseaux et de paysagement.
Commencés à l’été 2023, les travaux ont remis 150 mètres de rivière à ciel ouvert, le long des parkings du bas de la rue Paul-de-Vivie. Plus haut, dans le parc du Valfuret, un canal a été supprimé, ce qui a permis de renaturer 200 mètres de berges. La jonction entre la rivière et la galerie a également été améliorée.
Le Furet se jette dans le Furan, long de 34,2 kilomètres, qui naît au Bessat à 1 215 mètres d’altitude avant de rejoindre la Loire à Andrézieux-Bouthéon. À Saint-Étienne, ce dernier traverse la ville du sud au nord sur 7 kilomètres, dont 5 sous des voûtes. Rouvrir ses affluents n’a rien d’inédit : dès 2009, une première découverture du Furet était lancée sur le site de l’ancienne papeterie du Valfuret. La rivière a d’ailleurs une longue histoire d’ateliers : en 1789, l’installation d’une fabrique de fourchettes sur ses rives, à Furet-la-Valette, avait provoqué un rassemblement de quincailliers.
3,5 M€ pour tenir la crue à distance
L’opération, portée par Saint-Étienne Métropole, atteint 3,5 M€ HT, soit un demi-million de plus que les 3 M€ annoncés au départ. L’Agence de l’eau Loire-Bretagne a apporté 1 M€ et l’État 950 000 €, soit un peu plus de la moitié du budget.
Ce chantier est le premier du programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) du Furan, qui compte 34 actions sur six ans pour 11 M€. Le secteur concentre les enjeux : entreprises, habitations, accès à la RN88 et au Pilat. La prévention se double d’un outil d’alerte, Saphyras, qui couvre 40 communes dont 32 métropolitaines sur les bassins du Furan, du Gier et de l’Ondaine. Il a fallu dévoyer des réseaux, dont une conduite d’eau potable, et fermer la bretelle n° 24 de la RN88 jusqu’au 10 octobre 2025.
Arbres, parking et suite du programme
Côté cadre de vie, le parking relais Vélocio gagne 16 places selon les annonces de la Métropole, et des élèves de l’école du Guizay ont aidé les jardiniers à planter près de 50 arbres.
Le projet se prolonge à proximité : l’ancien magasin Foir’Fouille, le long de la RN88, est en cours de déconstruction pour rendre de l’espace au cours d’eau et protéger les infrastructures de la RN88 en cas de crue. Le site sera d’abord enherbé d’une prairie fleurie, avant l’aménagement des berges d’ici 2028. Reste à éprouver l’ouvrage lors des prochains épisodes pluvieux intenses, seul test grandeur nature pour un aménagement conçu contre la crue.
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