Matthieu Vieira, conseiller métropolitain. @Capture d’écran

"Tout est prêt pour le fascisme" : au Sytral, le tweet de l'écologiste Matthieu Vieira déclenche de vives tensions

Les interruptions de lignes TCL lors des manifestations des derniers samedis ont animé le conseil d’administration du Sytral, ce mardi 3 novembre. Mais les débats ont rapidement pris une tournure politique autour d’un post de l’élu écologiste Matthieu Vieira, qui avait dénoncé une organisation destinée à empêcher les manifestants de se déplacer.

Ce mardi 3 novembre, après les délibérations, les élus du Sytral sont revenus sur les perturbations du réseau TCL lors des manifestations des derniers samedis, en particulier celle du 31 octobre. Le sujet a été soulevé par Matthieu Vieira, conseiller métropolitain écologiste, qui a interrogé la présidente de la Métropole de Lyon et du Sytral, Véronique Sarselli, sur les échanges avec la préfecture du Rhône. "On pénalise les commerçants et les usagers à cause des lignes coupées lors des manifestations. Quel dialogue est effectué avec la préfecture ?", a-t-il demandé. Véronique Sarselli a défendu la coordination entre les services de transport et les autorités, en évoquant l’existence d’une cellule de crise avec la préfecture depuis le début des événements.

La présidente a rappelé que le 17 octobre avait été marqué par des violences et des dégradations importantes en Presqu’île. Pour le samedi 31 octobre, deux secteurs avaient particulièrement retenu l’attention des autorités : la Presqu’île, de nouveau visée par des appels à rassemblement sur les réseaux sociaux, et la Part-Dieu. Les bâtiments publics et les mairies figuraient également parmi les sites à protéger. Le T4 a rapidement été interrompu et plusieurs lignes de bus ont été déviées. "À partir de 21h30, les lignes ont recommencé à fonctionner normalement", a indiqué Véronique Sarselli, qui a insisté sur la nécessité de "protéger les personnes" dans ces situations de crise.

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Bruno Bernard dénonce des mesures disproportionnées

L’ancien président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, a lui aussi critiqué ces restrictions. "Plusieurs centaines de milliers de déplacements n’ont pas pu se faire", a-t-il avancé. "On peut facilement comprendre qu'on puisse fermer une station où il se passe quelque chose. Mais quand on ferme une ligne, les conséquences sont énormes pour les usagers. On a un PC sécurité exceptionnel et un réseau de caméras dans le métro qui permet d'agir facilement en cas de problème et de repérer les individus".

La présidente du Sytral a reconnu la difficulté des décisions prises en temps réel. "C’est plus facile d’en discuter après", a-t-elle répondu, tout en assurant qu’il n’était pas question d’anticiper les arrêts de lignes. "Si vous avez 70 personnes qui envahissent une station, je peux vous assurer que ce sera le chaos, caméras ou non", a répondu Véronique Sarselli sur les caméras de vidéosurveillance dans le métro.

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"Tout est prêt pour le fascisme"

C’est toutefois un message publié par Matthieu Vieira sur X, lors de la journée du 31 octobre, qui a provoqué les échanges les plus tendus. L’élu avait dénoncé l’interdiction des Vélo’v et écrit : "On a donc vraiment une organisation bien ficelée par la préfecture du Rhône pour empêcher les gens d’aller manifester. Tout est prêt pour le fascisme."

Des propos jugés inacceptables par plusieurs élus de la majorité. Jérémie Bréaud a indiqué que ces mots avaient choqué à la préfecture comme au Sytral. "Ces paroles sont plus que disproportionnées, pas à la hauteur du mouvement et de la situation", a-t-il estimé. Bastien Joint a également vivement interpellé l’élu écologiste. "Avez-vous conscience de ce que représente le fascisme dans l’histoire, Monsieur Vieira ? À force de qualifier vos adversaires de fascistes, vous le banalisez", a-t-il poursuivi, avant de conclure : "La honte, c’est vous Monsieur Vieira".

Matthieu Vieira a riposté. "Tout le monde n’est pas comme vous, Monsieur Bréaud, tout le monde n’a pas un chauffeur pour se déplacer", a-t-il répliqué, soulignant que des milliers d’habitants dépendent des transports en commun dans l’agglomération. Pour justifier son choix de mots, le conseiller a expliqué qu’il ne comparait pas directement les décisions de la préfecture à un régime fasciste, mais alertait sur le risque d’une banalisation des restrictions de circulation. "Le jour où un gouvernement réellement fasciste arrivera au pouvoir et commencera à restreindre complètement les libertés de circuler… On sera mal barrés", a-t-il déclaré, en évoquant la fable de la grenouille plongée dans une eau qui se réchauffe progressivement "sans qu’elle ne s’en rende compte". Ambiance.

Le prochain conseil d’administration du Sytral se tiendra le 16 décembre prochain.

290 000 euros de dégâts pour le Sytral
Au total, les dégâts matériels pour Sytral Mobilités sont estimés à 290 000 euros, en incluant ceux du 31 octobre. JCDecaux fait également état de 150 000 euros de dégâts supplémentaires. Interrogée sur les éventuelles consignes pour la journée de mobilisation nationale du jeudi 5 novembre, Véronique Sarselli a indiqué ne pas en avoir encore reçu. Elle a dit espérer que les manifestations soient "bien déclarées, bien encadrées, comme celle de ce mardi matin".

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