David Kimelfeld et Gérard Collomb aux voeux du 4e arrondissement
David Kimelfeld et Gérard Collomb aux voeux du 4e arrondissement © Lyon Capitale

Lyon : Gérard Collomb chahuté dans le 4e

Gérard Collomb a terminé son discours de voeux au 4e arrondissement sous quelques sifflets. “C’est scandaleux”, répétait-il à la sortie d’une cérémonie qui l’aura vu partager, une dernière fois peut-être, la scène avec David Kimelfeld.

Gérard Collomb gardera un très mauvais souvenir de ses derniers voeux, en tant que maire de Lyon, au 4e arrondissement. À sa descente de l’estrade de la maison des associations du 4e, le candidat LREM à la présidence de la métropole était très remonté. La fin de son discours venait d’être émaillée par des sifflets et des slogans entonnés par une poignée de militants associatifs qui couvrait les propos du maire de Lyon. “C’est scandaleux”, éructait ensuite Gérard Collomb. Avant d’ajouter : “vous verrez la situation dans dix ans, vous verrez où est la douceur de vivre à la Croix-Rousse”. L’ambiance s’était progressivement tendue à mesure qu’il déroulait son propos. Le discours de politique générale et sa vision très positive des résultats de l’action municipale depuis 2001 ont commencé à irriter dans les rangs les plus à gauche de l’assistance. Depuis quelques années, le maire de Lyon ne participe plus aux voeux du 1er arrondissement pour cette raison.

Pas de face-à-face

Cette cérémonie était attendue par le microcosme politique. Sur scène, Gérard Collomb et David Kimelfeld s’affichaient côte à côte. Avant de monter sur l’estrade, les deux élus qui sont désormais engagés l’un contre l’autre dans la campagne des présidentielles ont échangé quelques mots avec le sourire. Chacun allant ensuite se réfugier auprès de sa cour. Dans son discours, David Kimelfeld a tenu à remercier Gérard : “j’ai beaucoup appris à vos côtés et le combat politique ne doit pas nous empêcher de voir le travail accompli”. Si son discours était centré sur sa relation à l’arrondissement dont il est le maire, le président de la métropole a rapidement abordé leurs chemins qui “se sont éloignés”. “Nous ne partageons plus la même vision pour cette métropole (…) notre modèle économique est révolu et l’avenir s’inventera autrement”, a souligné David Kimelfeld.

Campagne dissimulée

Quelques minutes plus tard, derrière son pupitre, Gérard Collomb s’est livré à une lecture diamétralement opposée. D’abord de l’exercice des voeux. David Kimelfeld avait lui refusé d’en faire une étape de sa campagne électorale : “la loi me le permet, mais je ne vais pas vous parler de mon bilan et de mon programme”. Gérard Collomb lui joue à plein sur cette zone grise qui lui offre une tribune importante en période électorale, les candidats n’ont normalement pas le droit de faire campagne dans le cadre de leur mandat, mais une tolérance s’applique traditionnellement aux voeux. Le maire de Lyon déroule à chaque cérémonie de voeux son programme de candidat. Il l’avait déjà fait quelques heures plus tôt lors de son traditionnel discours à la presse. S’il avait commencé en expliquant qu’il ne présenterait pas son programme, il en a évoqué les grands axes : environnement, anneau des sciences, développement économique et surtout l’autocélébration du modèle lyonnais

Rupture ou ajustements

Mercredi soir, à la Croix-Rousse, il s’est de nouveau livré à cet exercice, démontant les nuances apportées quelques minutes plus tôt par David Kimelfeld. Partant des Canuts pour aller à la fermeture d’usine dans le 9e arrondissement dans les années 1990, le maire de Lyon a insisté sur le développement économique : “j’ai la conviction qu’une ville où il fait bon vivre est d’abord une ville qui sait offrir des emplois”. Évoquant le défi environnemental, Gérard Collomb a rappelé que, pour lui, l’avenir ne passe pas par la rupture, mais par des aménagements : “La véritable révolution, ce n’est pas de réduire la circulation, mais de les faire rouler avec des énergies décarbonnées”. C’est la philosophie générale de ce discours qu’une partie de l’assistance n’a pas apprécié. Gérard Collomb qui doute des chances de sa liste de remporter l’arrondissement et la circonscription métropolitaine qui englobe le 4e n’a pas dû être rassuré.

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