Derrière les revendications techniques, on comprend enfin l'enjeu véritable : les salariés veulent leur part des bénéfices records annoncés par Keolis, la société qui exploite le réseau TCL.
Pourquoi cette grève ?
Au départ, notre principale revendication, c'était une prime de 300 euros, pour le surcroît de travail sur les 4 jours de la fête des lumières. Il y a l'affluence, la billétique spéciale à expliquer... Quand on a vu que ça bloquait, on a décidé d'abandonner la prime et de faire des contre-propositions. On était presque arrivé à un accord de fin de conflit, mais notre directeur a quitté la séance quelques instants. Quand il est revenu, il avait complètement changé. Il n'y avait plus rien à négocier. On se demande pourquoi. Pourtant, nos revendications sont minimes. On demande seulement une journée de récupération pour ceux qui travaillent lors de la fêtes des Lumières, et que la prime qui est prévue débute à 16 heures vendredi au lieu de 20 heures.
Financièrement, que représentent vos revendications ?
Les 3 revendications, la direction nous a dit que ça représentait 2 millions d'euros. En enlevant la prime, ils ont pas voulu chiffrer ce que ça représentait. Ils n'ont pas envie de négocier, c'est clair. Ils préfèrent que ça s'enlise. Pourtant, ils aurait largement de quoi donner avec les bénéfices qu'ils vont tirer de l'augmentation de trafic pour le 8 décembre.
Ne craignez pas que ce mouvement soit très impopulaire, comme les années passées ?
La vraie fête commence vendredi. On va se réunir entre différents syndicats, et prendre nos responsabilités. Mais il faudrait un peu que les utilisateurs se retournent contre notre direction ! Nous on était même près à trouver un accord pérenne... La direction aurait été tranquille pour les fêtes de 2008, 2009 et 2010 ! Nous, les syndicats, on essaye de ménager la chèvre et le choux. Mais à la base, les gens sont pas contents parce qu'ils viennent de voir les résultats de l'année. Keolis est à plus de 4 millions d'euros de bonus sur les recettes. Les résultats tombent début décembre, juste avant la fête des lumières, c'est comme ça. C'est une coïncidence. Si les résultats tombaient en juin, ces mouvements auraient lieu en juin. Parce que quand les salariés voient que les résultats sont de plus en plus bons, ils veulent leur part du gâteau.
Ses arguments vous ont-il convaincus ? Soutenez-vous la grève TCL du 8 décembre. Exprimez vous en réagissant à cet article.
En vidéo, un reportage réalisé par les ultras libéraux de Liberté Chérie, en 2006, lors d'une précédente grève pendant la fête des lumières.
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