Collomb livre

Collomb s'éveille en socialiste !

Dans l'ouvrage qui sort ce jeudi, le maire de Lyon affirme un peu plus sa ligne politique. Il souhaite un rassemblement ultérieur entre socialistes, écologistes, centristes et même gaullistes après 2012. Mais il assume l'étiquette de socialiste et dit pourquoi.

Gérard Collomb se place parfois déjà dans l'après 2012. Pour lui, la présidentielle est à portée de main. Mais son inquiétude, ce sont les mois qui suivent l'élection. Eviter à tout prix la déception puis le tournant économique, façon 1983. C'est le leitmotiv de son ouvrage "Et si la France s'éveillait..." qui sort ce jeudi.

"L'Etat ne peut pas tout faire"

"Le malaise politique français est né de déceptions successives", souligne-t-il, citant 1981, 1988, 1995 et 2007. "Chaque fois une déception (...) une raison commune : l'illusion que les politiques nationales peuvent encore tout résoudre". "L'Etat ne peut pas tout faire", scande-t-il, paraphrasant Lionel Jospin. Pour lui, la ligne du PS est trop à gauche. "Si elle gagnait, grâce à des promesses intenables, elle décevrait très vite les Français". Des promesses intenables, mais pas seulement. "On gagne avec 50,01% des voix, on ne réforme pas durablement le pays dans ces conditions (...) notre ambition doit être de rassembler pour réformer vraiment". Ce rassemblement, il l'imagine en incluant les écologistes, des centristes et des gaullistes. Mais on sent tout de même une crainte du maire de Lyon quant au programme qui sera présenté au printemps par le PS. Gare à ce qu'il ne fixe pas la barre trop à gauche. "Dominique Strauss-Kahn pourrait sinon se retrouver dans la situation de Jacques Delors en 1995", redoute-t-il. C'est-à-dire à devoir renoncer à se présenter.

Aubry : "Ne me faites pas le déshonneur de me comparer à lui"

Tout ceci sonne comme une mise en garde à l'égard de Martine Aubry, la première secrétaire actuelle du PS. Gérard Collomb s'est plusieurs fois distingué des prises de position de la Dame des 35 heures. "Avec Martine Aubry, je n'ai pas de problèmes de personne, écrit-il cependant. J'ai de l'estime pour elle" . Mais il reconnaît un "désaccord politique". "J'ai peur qu'elle ne soit encore enfermée dans la vision d'une social-démocratie classique, fondée sur l'intervention de l'Etat, par la redistribution et la réglementation". Or ce cadre est selon lui complètement obsolète depuis la mondialisation, la montée concommittante de l'Europe et des collectivités. Martine Aubry répond justement à Gérard Collomb ce jeudi dans le Progrès. "Je n'ai rien contre lui. Je l'ai même aidé à faire voter un amendement pour son stade. Mais ne me faites pas le déshonneur de me comparer à lui car je ne veux pas être à son niveau. Il est dans la posture ! Il tape sur le PS pour exister !".

Oui Collomb est socialiste !

Ce livre est l'occasion pour Collomb de dénoncer "le socialisme brancardier" en vigueur jusqu'alors. Il s'essaie ensuite à définir son socialisme. Car le maire de Lyon assume l'étiquette, à la différence de Manuel Valls. Et pour justifier cet attachement, il remonte à l'étymologie du mot, du latin socialis qui signifie sociable. En somme, résume Collomb, "il dit que l'homme ne peut se réduire à l'individu, que pour se construire il a besoin des autres, qu'il est d'abord un être social". Alors que d'après son acception marxiste, le socialisme "s'est identifié à une subordination de l'individu à l'Etat, au collectif". Par contraste, le socialisme de Collomb est évidemment moderne, s'appuyant sur les entreprises. "Il n'est évidemment pas question de redistribution sans création de richesse", rappelle-t-il comme un poncif. Il vante plus tard la flexisécurité à la scandinave et "la sécurité sociale professionnelle qui garantit le doit des personnes tout en permettant la mutation des entreprises".

Gérard Collomb, Et si la France s'éveillait...., Plon, 2011

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