De Lyon Capitale à ELLE, en passant par Technikart ou l'Express, il s'est toujours fait l'écho d'une certaine culture émergeante bien avant tout le monde. Pour faire simple, Mat Gallet cette année met un bon coup de fluo sur l'édition, avec une sélection de manifestations foutrement délirantes.
Lyon Capitale : Vous avez dit Extra ?
Mat Gallet : L'idée d'Extra ! est simple : inviter les activistes de la ville - et d'un peu plus loin - à prendre leur cité en main. Leur permettre de s'offrir, dans le cadre d'un festival reconnu, un vrai bol de liberté. Ce qui est devenu extrêmement rare aujourd'hui où même des technivals sont obligés de se produire avec l'aval du président de la république. Avec Extra !, les projets les plus sauvages, les expos les plus vaudoues, les entertainments les plus modernes, les cuisiniers les plus fous, digital mutants, la crash culture, les radios pirates, les installations jackin', ont totalement leur place. Pire : on les encourage !
Une simple labellisation ?
Cette première édition d'Extra ! est une sorte de test. Donc avec un budget particulièrement limité. Pour être affreusement transparent, nous avons monté 32 projets Extra ! avec un budget total de 2500 euros. Tout a été fabriqué, conçu à l'huile de coude, au Do It Yourself. Je suis admiratif d'un certain nombre de porteurs de projets qui osent prendre des risques humains et financiers relativement considérables, qu'ils ne pourront rentabiliser qu'à la force de leur capacité d'entertainment et de leur buvette. Certains ont engagé un budget personnel de 6000 euros, à 100% en provenance de leur poche ! Je trouve ça génial. Cela prouve que, dans cette ville, il y a des gens prêts à s'engager totalement pour faire groover la cité.
Du conceptuel à tout va ?
Je ne dirais pas que les projets Extra ! sont conceptuels. Plutôt événementiels. Tout au long de la préparation du programme, j'ai insisté auprès des équipes participantes pour que leurs projets racontent une histoire. La leur, celle de leur manière de s'amuser, de voir la ville ou leur secteur d'activité. Extra ! correspond simplement à ma nature profonde : des idées pleins la tronche, un joyeux bordel rigolo qui part dans tous les sens, mais toujours avec du sens, une volonté d'être à l'aise dans son époque.
Sélection 100% gratos, 100% Extra! de Mat Gallet
Si je devais faire une mini-sélection Extra !, outre le fait que tous les projets me paraissent incroyables et sexy, je mise quand même pas mal sur le top 7 suivant qui, à mon avis, symbolise bien l'esprit du truc.
EAT PARADE
Un happening électro-gastro réalisé par deux des plus grands chefs lyonnais. Ces derniers vont réinventer la cuisine ordinairement servie dans les festivals. Au menu : hot dog de homard, kebab d'andouillette, barbapapa au coca... Le tout à prix modiques (3 à 5 euros la portion) et dans un parc absolutely fabulous.
SABOTAGES & BARRICADES
A mon avis, l'une des soirées les plus amusantes du parcours. Une soirée totalement fake, avec un faux hommage à 68 avec son lot de faux CRS, batailles de pavés en éponges, banderoles, slogans, cris. Mais aussi du live et le Standard Sabotage Sound System, un crew de dj's superstars, formidablement bidons, usurpant l'identité de djs célèbres et ne passant que des reprises ou des morceaux incroyables de 1968.
BIRTHDAY PARTY
La transposition de l'une des soirées parmi les plus décalées de Berlin, menée par le collectif Beat Providers. Le concept, un peu comme dans Alice au Pays des Merveilles : une soirée où l'on fête les non-anniversaires. Ambiance Happy Birthday à l'américaine, avec batailles de confettis, gâteaux surprises et son bangers typisch berlinois. Terrible.
CULOTTE NOIRE POUR NUIT BLANCHE
Un cabaret berlinois avec défilé de lingerie, show transformiste et dj set dans le rade le plus ultime de la ville : le Look Bar. Impératif de venir y faire un saut.
TRASH PAULETTE
L'idée ? Neuf bacs à poubelles sur roulettes qui se déplacent. Chacun est customisé, détourné pour accueillir des platines, un bar, une cuisine ambulante, un home-studio de création visuelle, des vidéo projecteurs, un bac à fleurs, un recycleur à déchet, un sound system... Ces gars ont une capacité d'entertainment au delà de la normale. J'adore.
IN GODE WE TRUST
J'attends avec impatience le rendu de cette expo Mikaël Tramoy qui promet, comme son titre l'indique, d'être sulfureuse.
OBJECTIF NIL
L'after total et définitif du festival, avec tout un tas de gens qu'on adore, notamment Nil, les Gourmets, Pedro Winter. Seul problème : c'est déjà complet. Et ne me demandez pas des invitations, il n'y en a plus.
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