Notre sélection estivale dans les galeries et musées lyonnais

En cette période estivale, la galerie Valérie-Eymeric révèle dans JARDINS huit artistes aux pratiques diverses avec leur vision de ces lieux captivants et multisensoriels.
Ainsi Frédéric Khodja présente un ensemble d’encres de fleurs et plantes inédites appelées Hapax évoquant des moments de poésie uniques, Cécile Chareyron des sculptures creusées dans la céramique, le métal ou le textile qui valorisent la beauté de la flore, sa transformation et sa vulnérabilité, interrogeant notre rapport au vivant et sa dimension sacrée, Camille Boileau des peintures et des estampes qui font surgir des récits ancrés dans des paysages traversés par la chaleur de l’été, la végétation qui pousse partout, les saisons qui défilent sous des touches colorées. Véritable ode à la vie et la nature, placée sous le signe de l’émotion, l’exposition accueille également Ghazale Bahiraie, Clémentine Chalançon, Delphéïs, Elisabeth Gilbert-Dragic, Astrid Link (du 2 juillet au 1er août).

La galerie MC2M donne rendez-vous aux fans de Serge Gainsbourg avec une sélection d’œuvres, dont certaines sont inédites, qui permettent d’appréhender l’intimité de l’homme caché derrière l’icône sulfureuse : écrits préparatoires d’une grande poésie, écrits raturés et annotés, manuscrit complet (paroles et partition) de sa chanson Les Goémons, photo unique de la cérémonie des César 1977 qu’il a signée comme celle où il brûle un billet de 500 francs en direct sur TF1, également l’édition originale de l’ouvrage Bambou et les poupées, co-écrit avec Bambou, sa dernière compagne (Serge Gainsbourg - Traits de génie, jusqu’au 29 août).

Roni Burger-Leenhardt, 4 (série Vases), 2026, encre sur papier, 20 x 28,3 cm
Diplômée des Beaux-Arts de Lyon, Roni Burger-Leenhardt développe un travail qui s’attarde sur les contacts entre les corps, instaurant une porosité entre les œuvres, ouvrant des zones de contact à la fois matérielles et sensibles. Au sein de l’exposition, les photographies, encres, céramiques et tissus révèlent des relations fluides et intimes, empreintes d’affection, de proximité et de toucher. Le parcours est guidé par des formes fluides : des sculptures évoquant des tuyaux ou des gouttières dessinent des lignes de circulation qui renvoient également au corps et à ses flux. Cette logique de circulation résonne avec celle qui relie les deux lieux : Moly-Sabata, où l’artiste a effectué une résidence, et La BF15, situés respectivement sur les rives du Rhône et de la Saône (Water Pipes jusqu’au 25 juillet à La BF15).

Projet franco-allemand produit par le CAP Saint-Fons, le 19, Crac Montbéliard et le GAK Bremen, If words are to be sounded (et si on pouvait faire résonner les mots) réunit cinq artistes - Pierre Allain, Theresa Hak Kyung Cha, Claire Fontaine, Shadi Harouni, Mira M. Yang – nouant un dialogue avec des médiums divers (films, installations, collages textuels, sculptures…) autour d’œuvres poétiques et/ou politiques traversées par des réflexions sur les liens entre langage, territoire, transmission, résistance, incommunicabilité et qui appellent à redéfinir nos modes de relation, la valeur des mots et notre attention aux autres.
On citera The Owl Made a Nest in the Ruins of the Heart, un film de Shadi Harouni qui explore une langue kurde marquée par la répression, l’exil et la diaspora ou encore Claire Fontaine avec Human Colleagues, pièce créée pour l’exposition qui marque l’entrée de l’intelligence artificielle dans la sphère du langage et des relations humain-machine (CAP Saint-Fons, jusqu’au 31 juillet).
