V. promettait une insolation sensuelle, on a à peine le droit à un petit coup de soleil...
U. V. **
De Gilles Paquet-Brenner
Avec Jacques Dutronc, Marthe Keller, Nicolas Cazalé...
France - 1h42
L'histoire : Une famille passe l'été dans une grande villa sur la Côte d'Azur. Boris, un ami de leur fils Philip débarque sans prévenir... Alors que Philip n'arrive toujours pas, la famille tombe sous le charme de ce bel inconnu...
Force est de reconnaître qu'en adaptant le roman U. V. de Serge Joncour, le réalisateur Gilles Paquet-Brenner nous fait oublier les errements de Gomes et Tavares, son précédent film qui n'avait pas convaincu (et qui malgré tout aura droit à une suite...). Il faut dire que dans U. V. tout est beau : les décors, les mouvements de caméra, la photographie et les acteurs.... De part en part, le film n'est presque qu'une invitation au farniente et à la contemplation. En tête, on retrouve le très "statue grecque" Nicolas Cazalé (Le Clan, Pars vite et reviens tard...) qui excite toute une petite famille sous le soleil de la Méditerranée. Face à lui, Laura Smet pulpeuse et magnifique confirme des talents dont on avait jamais douté et, cerise sur le maillot, un Dutronc toujours bon en paternel assez proche de son rôle dans Embrassez qui vous voudrez.
Mais si la silhouette irréprochable et les plastiques ravageuses du film font transpirer de plaisir, il n'en va pas de même pour le scénario. Avec ces faux-airs de Plein Soleil et sa pincée de Théorème, on se dit qu'il était difficile pour Paquet-Brenner de s'inspirer de tels chefs d'œuvres sans souffrir de la comparaison. Hésitant sans cesse entre comédie de mœurs, satire sociale et thriller ensoleillé, le suspense d'U. V. fonctionne un temps, mais la résolution vite envoyée laisse franchement sur sa faim.
ZOOM EXPRESS
88 minutes *
De Jon Avnet. Etats-Unis. 1h51
Autant le dire tout de suite, 88 minutes ne sera pas considéré comme une grande œuvre dans la filmographie de Pacino. Récit prévisible, jeu sans relief, l'acteur subit des rebondissements sans intérêt et ses 88 minutes de survie se résument pour nous, spectateurs, à 88 minutes d'ennui.
Le mas des alouettes **
De Paolo et Vittorio Taviani. France - Italie. 1h58
Les fères Taviani, esthètes italiens, auteurs de l'inoubliable Padre Padrone, palme d'or à Cannes en 1976, s'attaque au génocide arménien. Fresque historique complexe et maîtrisée, Le mas des alouettes est suffisamment bien interprété pour émouvoir mais à force de tirer sur le pathos préfabriqué, les deux frangins agaceront certains. Avec moins d'embardées musicales et plus de simplicité dans l'approche dramatique, c'était le sans faute assuré.
LA SELECTION DE LYON CAPITALE
Zodiac ****
Un thriller qui fascine du début à la fin. Le portrait quasi-documentaire d'une époque sur 30 ans, après Se7en ou Fight Club, David Fincher ajoute un nouveau grand classique à sa filmographie. A ne surtout pas manquer.
Still Life ****
Petit chef d'œuvre chinois, lion d'or à la Mostra de Venise, Still Life est un grand film réaliste, puissant et politique qui donne à voir le vrai visage de la Chine.
Après Lui ***
Deneuve émeut aux larmes en mère brisée dans cet impeccable drame du quotidien signé par le très talentueux Gaël Morel.
Irina Palm ***
Vous avez aimez Billy Elliot ou The Full Monty ? Alors ne ratez pas cette délicieuse tragi-comédie british qui offre enfin à la mythique Marianne Faithffull son premier rôle en tête d'affiche.
Tout ira bien **
Ce miraculeux petit film allemand tourné en 17 jours avec 3000 euros seulement raconte un drôle de sauvetage d'un père à la dérive par son propre fils. Le retour du Cinéma spontané.
Les chansons d'amour *
Déception pour cette comédie musicale présentée à Cannes. Hormis la performance sympathique et rafraîchissante du trio Ludivine Sagnier, Chiara Mastroiani, Louis Garrel, on ne retient du film que son débordement de guimauve et ses chansons d'amour qui serinent...
LES AUTRES SORTIES
Une vieille maîtresse (de Catherine Breillat) - Antonio Vivaldi, un prince à Venise (de Jean-Louis Guillermou) - Voisin contre voisin (de John Whitesell) - Black Snake Moan (de Craig Brewer) - Le monde, la chair et le diable (de Ranald Macdougall) - Abandonnée (de Nacho Cerda) - Pas douce (de Jeanne Waltz) - Tehilim (de Raphaël Nadjari)
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