Eric Fournier, président d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, et Marine Latham, directrice générale de l’observatoire en région (CM)

Pour ses 50 ans, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes fait le bilan et dévoile ses nouvelles ambitions pour améliorer la qualité de l'air

Dressant un bilan positif de l’évolution de la qualité de l’air sur le territoire, l’observatoire Atmo Auvergne-Rhône-Alpes alerte néanmoins sur la stagnation des données depuis trois ans et présente son nouveau projet associatif 2026-2031.

Alors qu’il fête son cinquantième anniversaire, l’observatoire de la qualité de l’air Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a présenté ce jeudi 11 juin son nouveau projet associatif 2026-2031 et sa feuille de route pour les prochaines années, alors que les chiffres de la qualité de l’air stagnent depuis trois ans.

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L’ozone, véritable enjeu des prochaines années

"Depuis 20 ans, en prenant les données récentes, nous voyons une nette amélioration de la qualité de l’air, sauf en ce qui concerne l’ozone", indique en préambule Éric Fournier, président d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Il ajoute : "Mais depuis deux, trois ans, nous constatons toutefois un tassement, ce qui nous pousse à travailler différemment." Parmi les nouveaux enjeux détaillés ce jeudi par Marine Latham, directrice générale de l’observatoire en région, l’adaptation des territoires à la nouvelle directive européenne (2027) et les recherches sur les PFAS et les pollens apparaissent comme primordiaux. "L’idée est vraiment d’améliorer la transversalité entre ces sujets et nos recherches pour proposer les meilleures solutions aux territoires", ajoute la directrice générale.

Alors que 40 000 personnes meurent chaque année de la pollution, l’idée est donc, d’un côté, de préserver la santé des individus et des écosystèmes en se rapprochant des CHU pour évaluer l’impact de la qualité de l’air et des pollens. Et de l’autre, d’être "plus ambitieux et engageants" auprès des partenaires de l’observatoire (l’État, les collectivités et les entreprises) pour sensibiliser davantage aux émissions de gaz à effet de serre. "Toute le sujet est de faire en sorte que les territoires soient capables de s’adapter aux changements climatiques. Il y a vraiment quelque chose à faire sur la végétalisation en ville par exemple", pointe encore Marine Latham. "On sait qu’il y a un lien entre les îlots de chaleur et la circulation de l’air. Cette dernière devient difficile avec les fortes températures et la concentration en ozone aggrave la qualité de l'air. On observe que la capacité des arbres à absorber l’ozone est moindre, voire négative aujourd’hui dans la région", alerte encore la directrice générale.

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"La question des financements doit être menée sans tension"

Face à ces défis, l’observatoire entend donc poursuivre ses recherches sur ses compétences actuelles, mais aussi les étendre à celles des polluants éternels, dits PFAS, afin d’évaluer leur présence dans l’air, et des pollens, de plus en plus allergisants avec la hausse des températures. Mais l’enjeu des financements reste préoccupant. "Il y a un sujet, c’est certain", précise Éric Fournier. L’observatoire, aujourd’hui financé par l’État, les collectivités et les entreprises avec la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), est en effet inquiet. "Avec l’amélioration de la qualité de l’air, la TGAP est en baisse de 9 % dans le budget 2026, c’est donc de l’argent en moins. Mais il faut aussi noter qu’il y a moins d’entreprises sur le territoire", détaille par ailleurs Éric Fournier. À cela, s’ajoutent également les contraintes budgétaires que connaissent les collectivités. "On est en droit de se demander s’il s’agit toujours du bon système", s’interroge le président. Et d’ajouter : "Il y a un débat qui doit être mené sans tension, ni en nous montant les uns contre les autres. Mais c’est un sujet de préoccupations très important", confie-t-il.

En parallèle, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes travaille en étroite collaboration avec l’État pour que, dès 2027, la traduction dans la loi de la nouvelle directive européenne permette d’établir "les bons niveaux de pollution." Concrètement, la nouvelle directive prévoit de se rapprocher progressivement des seuils réglementaires des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). "Cela veut dire qu’il faut que nous trouvions la bonne moyenne pour ne pas connaître des épisodes de pollution répétés, tout en réduisant encore les polluants dans l’atmosphère", conclut Marine Latham.

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