1 500 citoyens étaient présents ce samedi 31 janvier aux côtés des policiers lors du rassemblement organisé par le syndicat Alliance police nationale à Lyon pour alerter sur le manque de moyens et les chiffres de l’insécurité.
"C’est complètement inédit", s’est félicité Alain Barberis, secrétaire départemental d’Alliance police nationale dans le Rhône. À l’appel du premier syndicat policier de France, plusieurs rassemblements citoyens étaient organisés dans l’Hexagone ce samedi 31 janvier pour demander plus de moyens humains, matériels et juridiques et pour alerter sur les chiffres en hausse de la délinquance. À Lyon, 1 500 personnes se sont réunies aux côtés des forces de l’ordre.
Lire aussi : La délinquance en hausse en 2025 dans le Rhône
"Il ne nous reste plus que ça aujourd’hui pour nous faire entendre"
"On a beau alerté depuis des années sur les manquements sécuritaires, il ne nous reste plus que ça aujourd’hui pour nous faire entendre", a déploré Alain Barberis. Le syndicat a par ailleurs rappelé qu’il manquait encore "300 gardiens de la paix, dont une centaine d’officiers de police judiciaire". Une situation qui, en plus d’entraîner un risque pour les policiers sur le terrain, implique aussi une lenteur administrative (plaintes qui s’accumulent, logiciels de procédure obsolètes) et donc favorise un "sentiment d’impunité". "Toutes les forces de sécurité intérieure sont concernées. L’État doit prendre des mesures plus qu’urgentes, faire de ce sujet une cause nationale sinon on craint des drames", a encore alerté Alain Barberis.
Si les policiers "ne soufflent pas" depuis les attentats de Charlie Hebdo, "la bascule s’est faite au moment de l’affaire Nahel à l’été 2023. On sent maintenant que l’on veut tuer du flic", martèle encore le syndicaliste. À cela s’ajoute aussi "l’explosion" des tentatives d’homicide sur fond de trafic de drogue. "Le narcotrafic et les réseaux criminels étaient présents à Lyon, mais là, je dirais que l’on est dans du narco-terrorisme. Il n’y a pas une semaine qui passe sans des intimidations dans les quartiers avec des tirs à l’arme de guerre", assure-t-il. Et d’ajouter : "Aujourd’hui, on voit que les citoyens sont à 3 000 % derrière nous, mais ils sont inquiets, ils sont apeurés. Il ne faut pas oublier que ce sont eux les premières victimes", s’alarme encore Alain Barberis.
Outre les citoyens présents, de nombreuses personnalités politiques, majoritairement de droite et d’extrême droite, étaient aussi présentes. Parmi lesquelles on a pu voir les candidats aux élections municipales, Jean-Michel Aulas, et métropolitaines, Véronique Sarselli et Tiffany Joncour. Le président de Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, était également présent ce samedi matin, alors que les personnalités politiques de gauche étaient absentes. "À chacun d’analyser qui était présent ou non, mais notre objectif était clair depuis le début : il s’agit d’une marche citoyenne. De ce point de vue-là, notre but est atteint", préfère résumer Alain Barberis.
Lire aussi : Sécurité à Lyon : "la situation n’est plus tenable" boxe Alain Barberis
