Le moteur Silvercrest de Safran

Ain : la concertation sur la méga-usine Safran de Saint-Vulbas entre dans sa dernière ligne droite

Lancée le 27 mai 2026 sous l'égide de la Commission nationale du débat public, la concertation autour du projet 4U, future usine de freins carbone, se referme le 17 juillet. Un projet à 450 millions d'euros qui ne laisse aucun acteur indifférent.

Deux mois de débat public touchent à leur terme dans la Plaine de l'Ain. Depuis le 27 mai, Safran Landing Systems et RTE mènent, sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), une concertation préalable autour du projet 4U. Baptisé ainsi pour marquer sa position de quatrième usine mondiale de freins carbone du groupe, ce futur site industriel doit s'implanter à Saint-Vulbas, au cœur du Parc industriel de la Plaine de l'Ain (PIPA).

Un dernier temps fort attend les habitants et les acteurs du territoire. La réunion publique de clôture se tiendra en effet le jeudi 9 juillet à 18h30 à Blyes. Elle marquera la fin d'une séquence qui aura mobilisé, sous le regard de deux garants indépendants, plusieurs réunions publiques, ateliers thématiques et rencontres de proximité dans les cinq mairies concernées : Saint-Vulbas, Blyes, Lagnieu, Loyettes et Saint-Maurice-de-Gourdans.

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Un projet à 450 millions d'euros

Le projet 4U constitue l'un des plus gros investissements industriels annoncés dans la région ces dernières années. Safran prévoit d'y investir plus de 450 millions d'euros pour une usine de 30 000 mètres carrés, largement automatisée. L'entrée en service est fixée à 2030. À l'ouverture, environ cent salariés hautement qualifiés y travailleront. Les effectifs pourraient doubler à l'horizon 2036, portant l'usine à 200 emplois directs. Le site doit fabriquer des freins carbone destinés aux avions civils et militaires. Safran Landing Systems équipe aujourd'hui 55% des avions commerciaux de plus de 100 places dans le monde.

L'ambition environnementale du projet fait partie de son argumentaire. L'usine doit fonctionner à l'électricité décarbonée et au biométhane, avec une consommation d'électricité et de gaz réduite de près de 30% et une consommation d'eau réduite de 80% par rapport aux standards du secteur. La chaleur émise par le procédé de fabrication doit également alimenter un réseau de chaleur. Autant de promesses qui font l'objet de discussions dans le cadre de la concertation.

Prévisualisation du projet 4U, la quatrième usine mondiale de freins carbone du groupe Safran

Des enjeux territoriaux au cœur du débat

Les échanges portent en effet sur de multiples volets. Gestion de l'eau, rejets atmosphériques, biodiversité, bruit, intégration paysagère ou encore impacts liés aux mobilités et au chantier : autant de sujets que les habitants et les élus locaux ont pu porter dans le débat. La question des infrastructures routières est particulièrement scrutée. Daniel Fabre, maire d'Ambérieu-en-Bugey et vice-président chargé de l'économie de la communauté de communes de la Plaine de l'Ain, plaide notamment pour un nouvel échangeur sur l'A42 et pour l'augmentation de la capacité du pont de Loyettes, qui relie les départements de l'Ain et de l'Isère.

Le contexte régional joue également en filigrane. Safran avait un temps envisagé une implantation dans la métropole lyonnaise, avant de suspendre le projet en décembre 2022. Le groupe a ensuite étudié plusieurs options, dont le Territoire de Belfort, le Québec et l'Oregon, avant de retenir la Plaine de l'Ain en juillet 2025. L'accompagnement financier de l'État, dont 15 millions d'euros pour le raccordement électrique, et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, 16 millions d'euros, a pesé dans la balance.

Pour Fabrice Pannekoucke, président de la Région, ce résultat est « le fruit d'un travail collectif, exigeant, conduit avec méthode et détermination ». Emmanuel Macron avait lui salué « un choix de souveraineté et de réindustrialisation, de décarbonation et d'avenir », ajoutant : « L'industrie c'est ici ! ». Le choix du site avait aussi été motivé, selon Safran, par « la garantie d'un accès sécurisé à une électricité décarbonée à un prix stable et compétitif à long terme ». L'énergie pouvant représenter jusqu'à 30% du coût de fabrication d'un frein carbone.

Après la clôture de la concertation le 17 juillet, les garants remettront leur bilan à la fin de l'été. La réponse des maîtres d'ouvrage aux observations formulées est quant à elle attendue en octobre 2026. Une étape déterminante avant le dépôt des dossiers réglementaires et le lancement effectif du chantier.

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