Les travaux du tunnel au niveau de Saint-Martin-de-la-Porte en Savoie. Cette partie est creusée dans une matière meuble qui ne permet pas l’usage du tunnelier. Aussi, le creusement se fait de façon traditionnelle à l’explosif ©PHOTOPQR/Maxime JEGAT –

Ligne Lyon-Turin : une commission et un rapport alertent sur la gestion des sources d'eau souterraines

Fin 2021, deux instances, la Commission nationale de déontologie et d'alertes en matière de santé publique et d'environnement, et le Bureau de recherches géologiques et minières, se sont penchés sur la question des sources d'eau souterraines sur le tracé de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Leurs conclusions interrogent sur les impacts environnementaux que pourrait avoir la ligne sur ces sources.

Le chantier de la ligne ferroviaire, qui devrait lier Lyon et Turin d'ici 2030, est particulièrement controversé. La mise en place de cette future ligne de fret nécessite un travail pharaonique, pour creuser 162 kilomètres de tunnel, sur les 270 kilomètres que comptent la ligne. Parmi l'opposition à ce projet : les écologistes, de la mairie et la Métropole de Lyon, ainsi qu'à la Région, inquiets de l'impact environnemental de ces travaux. Récemment, c'est autour de la question de l'eau potable que de nouveaux éléments sont venus remettre en question le projet. La Commission nationale de déontologie et d’alertes en matière de santé publique et d’environnement a été saisi par une association, sur la possibilité que 17 captages d'eau potable soient menacés par la ligne. Mi-décembre 2021, la commission a estimé que ce signalement était « évocateur d'une véritable alerte », rapportent nos confrères de Mediacités. Décision dont on peut trouver la trace sur un compte-rendu de réunion de la commission.

Mediacités a également pu consulter un rapport critique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), mandaté par la Direction départementale du territoire de Savoie. Ce rapport analyse les études hydrogéologiques menées sur les vingt-cinq dernières années par l'entreprise franco-italienne Telt, en charge des travaux. Selon Mediacités, le BRGM "épingle à mots couverts nombre de carences et d’approximations de la société du tunnel" et s'interroge notamment sur la pertinence d'un indice spécialement mis au point pour le chantier par la société. De son côté, la société assure que « le suivi des sources et autres points d’eau effectué depuis plus de vingt-cinq ans a été validé récemment » par le bureau de recherches et pointe les aspects plus positifs du rapport, selon des propos recueillis par nos confrères.

Lire aussi : Chantier du Lyon-Turin : 21 km de tunnels creusés à la fin novembre 2021

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