Des bovins de l’est de la France touchés par le virus Shamonda. Photo d’illustration pour des bovins. ©Pexels

Le virus Shamonda inquiète les éleveurs savoyards

Depuis juillet, le virus Shamonda, transmis par des moucherons piqueurs, touche des bovins de plusieurs départements de l’est de la France.

Des vaches fiévreuses, atteintes de diarrhées et une production de lait en baisse en Savoie, en Haute-Savoie, dans l’Ain et même dans le Jura et le Doubs. Depuis le mois de juillet, ces symptômes ont mis la puce à l’oreille d'une dizaine d'exploitations bovines de l’est de la France.

Derrière ces changements, un responsable : un virus de type Shamonda, transmis par des culicoïdes, des petits moucherons piqueurs. Le virus, non transmissible à l’être humain, a aussi été détecté en Suisse et en Allemagne pour la première fois à l’été 2026. 

Un nouveau virus après la dermatose nodulaire

Le virus, de la famille des orthobunyavirus, arrive dans un contexte de crainte chez les éleveurs savoyards. Il y a un an, la dermatose nodulaire contagieuse frappait leurs troupeaux. La maladie, gravement nuisible pour la santé des bovins, avait nécessité l'abattage de 3 300 vaches dans toute la France.

Mais le ministère de l’Agriculture confirme que le virus n’est pas similaire à celui de l'an passé. Ils ne présentent pas la même gravité. Le nouveau virus semble, lui, provoquer principalement de la fièvre, des diarrhées et une baisse de la production de lait. Cette infection n’est d’ailleurs pas réglementée au niveau international par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).

Un impact sur la production laitière, des potentielles pertes économiques pour les éleveurs

Pour les éleveurs, le premier effet se mesure dans les cuves à lait. Dans les élevages touchés, des baisses ont déjà été constatées. Nicolas Tissot, éleveur en Haute-Savoie, expliquait ainsi à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes avoir perdu “4 000 litres de lait en dix jours”, soit environ 10 % de sa production. Une perte qu’il estime à 4 000 euros pour le seul mois de juillet.

Pour l’heure, il n’existe ni traitement ni vaccin contre le virus. Les éleveurs doivent donc surveiller leurs animaux jusqu’à la disparition des symptômes. La fièvre et la diarrhée peuvent durer plusieurs jours, puis, la production de lait revient progressivement à la normale.

Une des inconnues du virus reste son impact sur la reproduction. Des conséquences sur la gestation ou la fertilité des vaches pourraient exister, comme pour la maladie de Schmallenberg. Le ministère de l’Agriculture recommande donc aux éleveurs de surveiller d'éventuels impacts sur la reproduction.

Des élevages déjà éprouvés

La maladie arrive dans des exploitations déjà éprouvées. L’été 2025 avait laissé le souvenir amer de la dermatose nodulaire. Cette année, les canicules ont compliqué l’accès à l’eau et à l’alimentation pour les vaches. Ces épisodes avaient affecté les animaux et pu faire baisser la production de lait. 

Cependant, le ministère de l’Agriculture qualifie l'impact sanitaire actuel de faible, tout en gardant une surveillance étroite des zones concernées. Il précise que la sécurité alimentaire n’est pas impactée : la consommation de viande et de lait reste sans danger. 

Lire aussi : Dermatose nodulaire bovine : les éleveurs et l'Etat s'organisent

Dermatose nodulaire : une deuxième série d'infractions relevée - Lyon Capitale

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