Pont de la Guillotière, Run in Lyon 2025
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Running à Lyon : la course devenue culture

À Lyon, le running s’est emballé. Jeune, connecté, hyper-visible, ce qui n’était qu’un sport est devenu, pour toute une génération, un code social. Décryptage à l’occasion de Run in Lyon, le deuxième plus gros événement de running français.

Lundi, 20 h. Sur la piste de la Sarra, la lumière du soir rase l’herbe jaunie et découpe les silhouettes en contre-jour. Une quinzaine de coureurs du groupe “dénivelé” du Lyon Running Crew croise la quarantaine du groupe “fractionné” dans un même souffle court et un même martèlement de semelles sur la terre sèche et craquelée. Une horde de gnous dévalant la savane. Ce soir-là, comme chaque lundi, la colline de Fourvière appartient aux coureurs.

Le lendemain, devant le chalet de la Sarra, une quinzaine de coureurs en tee-shirts jaune fluo floqués Lyon Ultra Run s’élance pour une heure avec un coach. Au programme, trois ateliers de montées-descentes sur le pavé du Gourguillon, pente aux mensurations redoutables (13,2 %, 53 mètres de dénivelé sur 400 mètres de long), où l’on grimpe presque en apesanteur au-dessus des toits du Vieux-Lyon. Puis du fractionné façon VMA (la vitesse de course à pied à laquelle un sportif atteint sa consommation maximale d’oxygène) sur les quais et, cerise sous la semelle, une flanquée d’escaliers montée du Greillon (436 marches) et montée de la Sarra (250 marches).

Mercredi soir, place des Célestins, rebelote avec le “social run” du Lyon Running Crew. Quarante paires d’Asics, Hoka, Nike, Adidas, On, New Balance martèlent le pavé sous l’œil bée des passants. Le même jour, 19 h, un groupe de 110 personnes s’est donné rendez-vous devant le magasin Distance, le retail running cool nouvelle génération de la rue de la Platière, à l’angle du quai de la Pêcherie. Direction montée du Change, montée des Carmes-Déchaussés, puis la redoutable montée Nicolas-de-Lange au statut de plus longue volée de marches de Lyon… pendant une heure pour une dizaine de kilomètres au compteur. Jeudi soir, c’est le parc de la Tête-d’Or que le plus gros rassemblement de coureurs a choisi. Sous les platanes centenaires à l’écorce tachetée dans la lumière rasante qui filtre encore entre les feuillages, l’AAA Lyon, le plus ancien club de course à pied lyonnais fondé en 1949, croise Courir à Lyon, le Front Runners Lyon et un autre petit groupe non identifié. Plus d’une centaine de coureurs au total, dont on ne voit de dos qu’une masse de tee-shirts techniques colorés s’étirant sur les allées. Sans compter, ce même soir, tous ceux qui courent seuls.

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