La crise mondiale du secteur n’épargne pas Lyon, qui doit trouver de nouveaux leviers face à la baisse des investissements. Une étude de la Commission européenne a pourtant érigé le modèle lyonnais en référence internationale.
Longtemps habituée à une croissance à deux chiffres, l’industrie du jeu vidéo lyonnaise connaît aujourd’hui un sérieux coup de frein. Fermetures de studios, licenciements invisibles, investissements en baisse : le modèle post-Covid montre ses limites. Pour mémoire, à Lyon, la filière jeu vidéo est une histoire ancienne. Fleuron économique né dans les années 1980 avec Infogrames qui deviendra, à la fin des années 90, le deuxième éditeur mondial derrière l’Américain Electronic Arts, sous la houlette de l’entrepreneur et homme d’affaires Bruno Bonnell, l’écosystème réunit aujourd’hui grands studios, écoles réputées et structures comme le Pôle Pixel. Avec près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires régional et plus de 4 000 emplois directs, Auvergne-Rhône-Alpes constitue le deuxième pôle national derrière l’Île-de-France. Comme le rappelle Julien Millet, ingénieur et président de Game Only, le syndicat des entreprises régionales du secteur : “En chiffre d’affaires, le secteur du jeu vidéo est devenu un marché tellement important qu’il dépasse l’industrie du cinéma et de la musique. Nous sommes la première industrie culturelle de France.”
À l’échelle internationale, le secteur traverse un séisme comparé au krach de 1983. Durant les confinements, la hausse du temps d’écran avait dopé le marché. Les investisseurs avaient alors injecté des liquidités massives, incitant les studios à embaucher et multiplier les superproductions. Mais le retour à la normale a tari cette bulle, laissant la filière face à un surinvestissement non rentabilisé.
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