Un candidat à la mairie de Givors a déposé un signalement au procureur de Lyon visant le maire Grégory Doucet et son adjoint Mohamed Chihi, les soupçonnant d'avoir utilisé des données illégalement collectées par le groupuscule d'ultragauche Jeune Garde.
Le candidat à la mairie de Givors, Fabrice Riva (DVD), s'attaque frontalement au maire de Lyon. Actuel conseiller d'opposition, la tête de liste de "Givors Fière" a annoncé, dimanche 1er mars, avoir émis un signalement au procureur de la République de Lyon, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. Cet article dispose que "Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur."
En cause, le débat des élections municipales, diffusé mardi dernier sur BFMTV, qui opposait les quatre principaux candidats. Fabrice Riva accuse le maire de Lyon, et son adjoint à la sécurité Mohamed Chihi, "d'avoir collaboré avec un collectif dénommé "La Jeune Garde" afin de recueillir du renseignement dans le but notamment d’obtenir la fermeture de locaux associatifs présentés comme liés à des groupuscules d’extrême-droite à Lyon."
Fabrice Riva dénonce également le fait que "diverses sources publiques et médiatiques attribuent à ce collectif, des méthodes consistant notamment en la collecte et la conservation de données nominatives, le fichage d’adversaires politiques, la captation d’images, ainsi que des faits allégués de menaces et de violences physiques.
Trois potentielles qualifications pourraient être examinées
Selon l'élu givordin, cela reviendrait à ce que l'équipe municipale se soit servie d'informations "recueillies et conservées en violation des dispositions du Code pénal relatives à la collecte et au traitement frauduleux de données personnelles." Contacté par Lyon Capitale, le candidat à la mairie de Givors soupçonne, par l'intermédiaire de son conseiller en communication, que "les informations recueillies et conservées par la Jeune Garde sur ses adversaires politiques (les mouvements d’ultra-droite) et permettant de motiver la fermeture de locaux associatifs ne peuvent avoir été recueillies que de manière illégale. Le recueil de ce type d’informations relève d’un pouvoir d’enquête ou d’investigation que ne possédait pas la mairie de Lyon, et encore moins la Jeune garde".
Concrètement, le signalement concerne trois potentielles qualifications, à savoir le recel d’infractions, l’association de malfaiteurs, dans l'hypothèse où les éléments constitutifs étaient réunis, et la complicité d’infractions relatives à la collecte illégale de données personnelles. Fabrice Riva concède ne pas être "en mesure d’établir la matérialité ni l’élément intentionnel de ces infractions", "ne disposant pas de pouvoir d'enquête".
Mohamed Chihi avait confirmé des "échanges avec la Jeune Garde"
Comme Lyon Capitale s'en était fait l'écho le 18 février dernier, l'adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon Mohamed Chihi avait déclaré dans un communiqué que la Jeune Garde, "comme d'autres associations", "a été un interlocuteur parmi d’autres dans une démarche plus large de compréhension des phénomènes de violence sur la voie publique". Il poursuivait : "des échanges ont eu lieu avec la Jeune Garde dans ce contexte (…) au cours de l’année 2021. Ces échanges n’ont pas été poursuivis par la suite. Par ailleurs, aucune subvention, de quelque nature que ce soit, ne leur a été attribuée".
De son côté, interrogé par BFMTV pendant le débat des municipales, Grégory Doucet confirmait les propos de son adjoint à la sécurité : "Il y a eu des collectes d'informations auprès d'un certain nombre d'organisations, la Jeune Garde en faisait partie à l'époque. Nous avons aussi été collecté des informations auprès d'association comme le centre LGBT, auprès de l'Olympique Lyonnais. (…) Ces informations nous ont permis d'engager des actions". Le maire de Lyon fait notamment référence à la fermeture de locaux de l’ultradroite dans le Vieux Lyon. Le groupuscule Les Remparts, et ses associations La Traboule et Top Sport Rhône, ont par ailleurs été dissous en conseil des ministres en juin 2024.
Le 22 février dernier, la Ville de Lyon avait porté plainte contre CNews, un chroniqueur de la chaîne télé ayant assuré que la mairie avait fourni l’accès à la vidéosurveillance à la Jeune Garde.
Pour rappel, la Jeune garde est un groupuscule d'ultragauche fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault - aujourd'hui député LFI du Vaucluse, condamné pour "violences volontaires en réunion" contre un jeune homme de 18 ans lors d'une manifestation identitaire. Une enquête a été ouverte à Paris après un signalement du ministère de l'Intérieur soupçonnant une reconstitution de La Jeune garde, dissoute en juin 2025. Deux collaborateurs de Raphaël Arnault ont été mis en examen à Lyon pour homicide volontaire ou complicité dans l'enquête sur la mortdu militant nationaliste Quentin Deranque.
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Après avoir entendu Doucet qui pourrait s'associer à LFI au 2° tour. No Pasaran !