Béatrice Vessiller, candidate écologiste aux élections métropolitaines et vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge de l'urbanisme, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
"C’est aux électeurs de trancher", rappelle Béatrice Vessiller, candidate écologiste aux élections métropolitaines et vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge de l'urbanisme, en évoquant le projet de réaménagement de la rive droite du Rhône, impulsé en cours de mandat mais dont le démarrage des travaux a été repoussé après les élections métropolitaines des 15 et 22 mars. "Nous avons bien entendu que nos concitoyens ont subi un certain nombre de travaux importants sur l’ensemble de la métropole, notamment à Lyon. Nous nous sommes dit que commencer des travaux, générer de nouvelles nuisances sans pouvoir livrer un résultat et un espace public finalisé, il valait mieux en faire un sujet de la campagne. D’ailleurs, nous avons bien fait, puisque nos opposants ne veulent pas de ce projet, comme ils ne voulaient pas, il y a plus de vingt ans, du projet de requalification de la rive gauche, qui est aujourd’hui un succès que plus personne ne conteste", développe l'élue écologiste.
Béatrice Vessiller revient aussi sur les contours du plan des écologistes pour la rive droite : "C’est un projet de requalification de l’espace public qui intègre les problématiques de mobilité. Au lieu d’avoir jusqu’à huit voies de circulation, nous n’en aurons plus que trois ou quatre, plus des couloirs de bus, plus une voie cyclable sous l’allée de platanes historique, plus des trottoirs élargis. Évidemment, ce sera un espace public beaucoup plus végétalisé et arboré. Nous créons un véritable corridor de fraîcheur tout le long du Rhône, entre le tunnel de la Croix-Rousse et Perrache. Que ce soit sur le quai haut ou sur le quai bas, nous aurons un parc très agréable, un espace de détente, des aires de jeux, des agrès sportifs, des haltes fluviales. Nous transformons cet axe très circulé en un espace public qui sera plébiscité par les Lyonnais, comme aujourd’hui la rive gauche".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Béatrice Vessiller
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Béatrice Vessiller.. Vous êtes vice-présidente sortante de la Métropole de Lyon en charge de l’urbanisme, candidate sur les listes d’Union de la gauche sur la circonscription métropolitaine de Villeurbanne, où la liste est menée par Bruno Bernard. Nous vous avons invitée pour évoquer un des grands projets de la campagne de Bruno Bernard : le projet de requalification de la rive droite, qui a été lancé en partie sur ce mandat, mais dont les premiers travaux n’ont pas eu lieu. Pourquoi avoir voulu attendre la campagne en disant : au moins, ce sont les électeurs qui vont trancher, alors que le projet est quasiment déjà acté ou, en tout cas, qu’il n’y aura pas de grandes modifications si les électeurs vous réélisent ? Pourquoi ce choix d’attendre ?
D’abord, rappelons que c’est un magnifique projet de requalification d’une voirie aujourd’hui très circulée et que, demain, ce sera un axe plus partagé. Pourquoi attendons-nous ? Parce que les études ont pris du temps, y compris les procédures réglementaires. Nous avons obtenu l’autorisation environnementale à l’automne et, de toute façon, il était compliqué de démarrer juste avant les élections. Sinon, nous aurions entamé des travaux sans pouvoir livrer une phase complètement terminée auparavant.
Était-ce le risque que ce soit trop impopulaire de commencer à ouvrir des tranchées pendant la campagne ?
Nous avons bien entendu que nos concitoyens ont subi un certain nombre de travaux importants sur l’ensemble de la métropole, notamment à Lyon. Nous nous sommes dit que commencer des travaux, générer de nouvelles nuisances sans pouvoir livrer un résultat et un espace public finalisé, il valait mieux en faire un sujet de la campagne. D’ailleurs, nous avons bien fait, puisque nos opposants ne veulent pas de ce projet, comme ils ne voulaient pas, il y a plus de vingt ans, du projet de requalification de la rive gauche, qui est aujourd’hui un succès que plus personne ne conteste. C’est donc aux électeurs de trancher.
Justement, ce qu’ils disent, puisque nous le voyons derrière vous : leur projet est de construire un tunnel sous le tunnel de Fourvière pour permettre de requalifier ce tronçon de la M7 entre Perrache et Oullins en boulevard urbain. Ils disent que commencer par la rive droite, c’est prendre le problème à l’envers. Qu’est-ce qui vous fait dire que restreindre la circulation en amont, sur la partie nord de la presqu’île, est la meilleure solution ?
Nous observons déjà depuis plusieurs années une baisse du trafic sur cet axe. Nous sommes à 50 000 véhicules par jour, un peu plus sur la section sud, alors qu’il y a cinq ou six ans, c’était beaucoup plus. Il y a donc déjà une réduction du trafic automobile.
La réduction de voirie n’est-elle pas trop importante par rapport au nombre d’automobilistes qui passent encore ? Ces 50 000 véhicules, si vous êtes simplement sur trois voies, cela ne passera pas ?
Nous observons que les gens viennent déjà en presqu’île de manière importante en transports en commun. Demain, avec cet aménagement, ils pourront venir aussi à vélo et à pied, puisque nous élargissons les trottoirs côté façades et côté Rhône. Nous sommes dans une tendance lourde de baisse de la mobilité en voiture, tout en permettant de venir encore en presqu’île en voiture. Je rappelle que les parkings de la presqu’île sont tous accessibles depuis les quais et le resteront. Un hypothétique tunnel n’enlèvera pas les véhicules dans le tunnel existant, et ce tunnel hypothétique serait dans vingt ans. Cela signifierait attendre vingt ans pour requalifier l’axe actuel de la rive droite et de la M7. Non. Nous l’avons d’ailleurs vu dans d’autres projets. Lorsque nous avons creusé le deuxième tube du tunnel de la Croix-Rousse, nous avons fermé le tunnel existant. Il y a eu un report de trafic et la ville n’a pas été paralysée pour autant. De même, lorsque nous avons fermé le tunnel Pompidou sous la gare Part-Dieu. Nous constatons que les déplacements se réorganisent, que nous sommes dans une tendance lourde de baisse de la circulation et d’amélioration de la qualité de l’air. N’oublions pas que nous faisons cela aussi pour améliorer la santé publique et réduire la pollution. Nos résultats sont déjà significatifs en quelques années.
La rive droite n’est pas non plus qu’un projet de mobilité. Pour vous, est-ce d’abord un projet de mobilité ou d’urbanisme ?
C’est un projet de requalification de l’espace public qui intègre les problématiques de mobilité. Au lieu d’avoir jusqu’à huit voies de circulation, nous n’en aurons plus que trois ou quatre, plus des couloirs de bus, plus une voie cyclable sous l’allée de platanes historique, plus des trottoirs élargis. Évidemment, ce sera un espace public beaucoup plus végétalisé et arboré. Nous créons un véritable corridor de fraîcheur tout le long du Rhône, entre le tunnel de la Croix-Rousse et Perrache. Que ce soit sur le quai haut ou sur le quai bas, nous aurons un parc très agréable, un espace de détente, des aires de jeux, des agrès sportifs, des haltes fluviales. Nous transformons cet axe très circulé en un espace public qui sera plébiscité par les Lyonnais, comme aujourd’hui la rive gauche. Les Lyonnais et les habitants de la métropole : c’est un espace public métropolitain. Ce sont les habitants de la métropole qui fréquentent la presqu’île.
Petite question liée à la requalification de la rive droite, qui s’arrêterait à Perrache. Il y a ce que nous voyons derrière vous. Que se passe-t-il ensuite ? Quel est le projet que vous portez pour le reste de la presqu’île, pour la partie sud, celle qui longe la Confluence ?
Le président et candidat Bruno Bernard a annoncé qu’au prochain mandat, nous lancerons les études de requalification et de transformation en boulevard urbain. Nous pourrons commencer par mettre un feu au niveau de la passerelle de la Saône pour commencer à réduire le trafic. Nous savons que de gros travaux sont à réaliser sur le pont de la Mulatière. Pour nous, ces gros travaux s’inscrivent dans la perspective de transformation de l’axe.
Vous le démolissez ? C’est plutôt l’option ?
De toute façon, il est en mauvais état. Il faudrait y consacrer des millions d’euros de travaux pour le réparer, alors que l’objectif, à terme, est d’avoir un boulevard urbain. Nous serons plutôt dans une option de démolition et de requalification complète. Cela ne pourra pas être fait au prochain mandat. Cette requalification de la M7 prendra au moins deux mandats. Mais il faut l’enclencher et nous le ferons.
