Jean-Yves Grall, le directeur de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, sur le plateau de 6 minutes chrono, en janvier 2022

Covid-19 à Lyon : "des patients sont hospitalisés mais beaucoup moins en réanimation", le directeur de l'ARS décrypte la vague Omicron (vidéo)

Jean-Yves Grall, le directeur de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes, est l'invité de 6 minutes chrono, la quotidienne de Lyon Capitale. Quelle est la situation dans les hôpitaux de Lyon et de la région ? Tous les patients vont-ils pouvoir être accueillis au cours du mois de janvier alors que le nombre de contaminations ne cesse d'exploser chaque jour (plus de 300 000 par/jour désormais) ? Réponses du directeur de l'ARS.

Le nombre de cas, impressionnant, laissait craindre le pire. Plus de 300 000 contaminations (par jour) désormais en France. Des niveaux jamais atteints depuis le début de l'épidémie il y a deux ans. Et de loin. Mais pour l'instant, l'hôpital tient. Dans la quotidienne de Lyon Capitale, 6 minutes chrono, Jean-Yves Grall, le directeur de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes, fait le point sur la vague Omicron dans la région.

"La situation (dans les hôpitaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes) est critique", insiste le directeur de l'ARS. Cependant, "ce variant Omicron est très contagieux mais donne moins de formes graves. "La situation est tendue actuellement dans les établissements de santé, essentiellement sur l'hospitalisation complète puisqu'on voit arriver des patients qui vont en service de médecine traditionnelle mais beaucoup moins en réanimation", explique Jean-Yves Grall.

"La tension en réanimation est forte et vive mais n'augmente pas. C'est relativement stable (en réanimation)"

Or, dans les nouvelles contaminations, le variant Omicron, plus contagieux, a désormais largement pris le dessus sur le variant Delta dans la région. Omicron représente 80 % des contaminations actuellement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. "Le variant Omicron semble donner beaucoup moins de formes graves et donc la tension en réanimation est forte et vive mais n'augmente pas. C'est relativement stable (en réanimation). Par contre, la surveillance extrême, c'est la montée déjà observée des hospitalisations complètes, c'est-à-dire des gens qui viennent dans les services de médecine, qui doivent y rester trois-quatre jours car ils ne sont pas bien mais qui ne justifient pas la réanimation. Pour cela, il faudra des places. Nous n'avons pas encore d'idée du nombre de patients qui viendront. Pour l'instant, le système tient, nous arrivons à faire face", décrypte le directeur de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

La deuxième quinzaine de janvier devrait être la plus tendue dans les hôpitaux de la région. Peut-il y avoir une saturation des services d'hospitalisation conventionnelle ? Comment accueillir tout le monde ? "A l'heure actuelle, nous avons mis en place un dispositif de déprogrammations qui permet de mobiliser un maximum de forces de ressources humaines et qui nous permet d'ouvrir des capacités dans tous les établissements. Cela nous permet de faire face. Pour l'instant, le système est tendu mais nous ne sommes pas en situation de débordement", poursuit Jean-Yves Grall.

Déprogrammations ? "Il n'y a pas lieu à penser qu'il y a des pertes de chances"

Mais toutes ces déprogrammations - pour accueillir tous les malades, n'est-ce pas une perte de chances pour les autres malades ? Dont les opérations sont reportées ? De nombreuses inquiétudes, légitimes, surgissent. Depuis le 20 décembre 2021, l'ARS a demandé à tous les hôpitaux et toutes les cliniques de la région Auvergne-Rhône-Alpes de déprogrammer toutes les opérations non urgentes. Pour accueillir tout le monde. "(Les déprogrammations) C'est une discussion médicale", affirme Jean-Yves Grall. "Les médecins déterminent eux-mêmes ce qui peut être reculé et ce qui ne peut pas l'être. Il y a des exclusions de la déprogrammation : la cancérologie, les maladies chroniques, l'urgence. Il n'y a pas lieu de penser qu'il y a des pertes de chances à proprement parler", conclut le directeur de l'ARS.

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POUR ALLER PLUS LOIN

Chaque jour, un nouveau record est battu. Celui du nombre de contaminations. Le variant Omicron, très contagieux, se répand dans tout le pays. Et notamment à Lyon et dans le Rhône. Dans la région, Omicron représente désormais 80 % des contaminations.

La circulation du virus à l'instant t sur un territoire se mesure grâce au taux d'incidence. C'est un indicateur clé. Le taux d'incidence détermine le nombre de cas positifs sur les 7 derniers jours pour 100 000 habitants. Sur une semaine glissante. C'est un très bon moyen de mesurer le degré de circulation du virus, à un instant t, sur un territoire.

Sur sept jours glissants du 1er au 7 janvier, le taux d'incidence atteint 3 181 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Un triste record dans le département depuis le début de l'épidémie en mars 2020 comme le montre le graphique ci-dessous.

Source santé publique France.

Les cas explosent notamment chez les jeunes

Dans le Rhône, c'est chez les 20-29 ans, actuellement, que le virus circule le plus. Le taux d'incidence est proche des... 6000 dans cette catégorie d'âge.

Moyenne du taux d'incidence : 3 181

  • 0-9 ans : 2 435
  • 10-19 ans : 4 556
  • 20-29 ans : 5 895
  • 30-39 ans : 3 930
  • 40-49 ans : 3 204
  • 50-59 ans : 2 274
  • 60-69 ans : 1 329
  • 70-79 ans : 940
  • 80-89 ans : 813
  • +90 ans : 912
Source : Guillaume Rozier - Covid-Tracker - données Santé publique France

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