Sujet de débat depuis six ans, la gestion des parking relais revient au centre des propositions de campagne pour la Métropole de Lyon. Lyon Capitale fait le point.
Depuis six ans, la gestion et la création ou non de parcs relais (P+R) dans l'agglomération lyonnaise a été l'objet de nombreux débats dans l'hémicycle de la Métropole de Lyon. En juin 2023, les élus ont notamment adopté un "schéma stratégique" dont l'objectif est d'établir une cartographie claire des usages et besoins, d'augmenter la capacité des P+R et d'établir des règles quant à leurs usages.
"Plus de 1 500 nouvelles places d'ici 2032" promet Bernard
Près de trois ans plus tard et en pleine campagne des élections municipales et métropolitaines, le sujet est de nouveau sur le devant de la scène. Le président écologiste sortant, Bruno Bernard a ainsi annoncé mardi 20 janvier sa volonté, en cas de réélection, de créer "plus de 1 500 nouvelles places", "d'ici 2032". Un revirement opéré progressivement tout au long de son mandat. Son vice-président en charge du dossier, Jean-Charles Kohlhaas ayant pendant plusieurs années régulièrement qualifié ces aménagements "d'aspirateurs à voitures", les accusant par ailleurs de favoriser l'étalement urbain et d'être trop coûteux.
Mais l'écologiste Bruno Bernard, qui a rappelé ce vendredi lors de ses voeux à la presse (au sujet du métro E) qu'il n'était pas interdit de changer d'avis, évoque désormais la création du P+R de la gare TER de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, projet d'ores et déjà lancé et dont le coût est estimé à près de 13 millions d'euros pour 400 places voitures et 200 places vélos. Il devrait voir le jour à horizon 2030. Il avait été vivement critiqué par le groupe de Véronique Sarselli lors du conseil métropolitain de janvier 2024, qui jugeait l'aménagement peu ambitieux.
Dans son projet, le président sortant annonce par ailleurs la création d'un nouveau P+R de 300 places voitures à Alaï, à Tassin-la-Demi-Lune, terminus du projet de Tramway express de l'ouest lyonnais prévu pour 2032.
"Une évaluation complète dès le début de mandat", propose Sarselli
Enfin, on évoque dans l'équipe de campagne l'agrandissement du parc relais de Parilly qui passerait à 500 places. Le secteur accueillera en effet le Bus à haut niveau de service TB12 d'ici 2028 à 2029, ce qui devrait renforcer la fréquentation du P+R. Bruno Bernard veut aussi agir sur les conditions d'accès des P+R, afin d'en favoriser l'usage par les personnes en ayant le plus besoin. Le président sortant veut dupliquer, partout où la configuration du parking le permet, le modèle du tout récent P+R de Saint-Genis-Laval.
Au sein de ce dernier, trois niveaux sont en effet réservés aux usagers habitant à plus de deux kilomètres du site. L'objectif est ainsi d'"encourager les habitants les plus proches à avoir recours à des solutions alternatives et favoriser l'accès des personnes les plus éloignées", précisait Bruno Bernard en 2023. Des places sont également réservées au covoiturage.
Aulas promet une trentaine de "hubs"
Du côté de la candidate LR et Grand Coeur Lyonnais, Véronique Sarselli promet la "création et l'extension de parkings relais P+R, aujourd'hui structurellement insuffisants", dans l'objectif de "capter massivement les flux en provenance du périurbain". Une vision à moyen terme écrit-on, avec un horizon entre 2026 et 2035. Dans les documents des équipes Aulas, candidat à la Ville de Lyon dont les transports en commun et le stationnement dans la métropole ne sont pas la compétence, on évoque "une politique ambitieuse de hubs".
L'ancien président de l'OL promet ainsi la création d'une trentaine de ces "hubs" qui combineront "parcs-relais, espaces de co-working, services et connexions multimodales". Selon nos informations, les équipes Aulas envisagent par exemple de faire d'une partie des parkings du Grand Stade de Décines l'un de ces hubs. Une vieille idée de l'ex-président de l'OL, déjà évoquée en 2018 quand ce dernier tentait d'obtenir une desserte permanente de son OL Vallée en tramway.
Sollicitées pour obtenir plus de détails, les équipes de Véronique Sarselli nous ont indiqué que "plusieurs besoins ont été identifiés liés au manque de places dans certains P+R à l'exemple de celui de Gorge de Loup". Et de promettre "une évaluation complète (...) dès le début du mandat par les services de la Métropole, en lien avec les maires, afin de proposer les aménagements les plus urgents à réaliser".
