Inondations, canicules, sécheresses : les PME et ETI auralpines sont en première ligne. Les risques à horizon 2050 sont déjà chiffrés.
Le changement climatique ne frappe plus aux portes des entreprises régionales : il est déjà entré.
Goodwill-management, cabinet de conseil en soutenabilité du groupe Baker Tilly, publie une étude à destination des PME et ETI d'Auvergne-Rhône-Alpes pour les aider à comprendre les risques qui les guettent, et à y répondre dès aujourd'hui.
Première région de ski en France, troisième région agricole, grand corridor industriel et logistique, Auvergne-Rhône-Alpes possède des atouts économiques considérables. Mais elle figure aussi parmi les territoires les plus exposés au dérèglement climatique. 8 communes sur 10 sont déjà exposées à au moins un risque climatique majeur.
Le Rhône a ainsi cumulé 190 jours de vigilance canicule depuis 2004. D'ici 2050, le thermomètre régional devrait grimper de +2,7 °C, intensifiant cinq aléas majeurs : hausse des températures, chaleurs extrêmes, inondations, sécheresses et incendies. Les chiffres sont parlants : les inondations de Givors d'octobre 2024, ont causé près de 100 millions d'euros de pertes en un seul épisode. La sécheresse de 2022 a généré 5 milliards d'euros de dommages à l'échelle nationale. Le gel tardif d'avril 2021 a provoqué 2 milliards d'euros de pertes agricoles.
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Chaque euro investi dans l'adaptation génère en moyenne 8 euros de retour sur investissement
L'étude détaille secteur par secteur les conséquences attendues. La chaleur fragilise d'abord les conditions de travail : à partir de 32 °C, la productivité peut chuter de 40 %, et jusqu'à 70 % à 38 °C. Pour l'industrie, la logistique, le BTP ou l'agriculture, ces épisodes menacent directement la continuité d'activité. La sécheresse met sous tension la ressource en eau, les rendements agricoles et la production d'énergie hydroélectrique. Le risque incendie s'étend progressivement à des zones jusqu'ici épargnées. Quant aux précipitations extrêmes, des événements qui ne survenaient qu'une fois tous les 50 ans pourraient devenir quasi décennaux.
"Les entreprises qui attendent une contrainte réglementaire pour s'adapter au climat prennent un risque stratégique majeur" résume Arnaud Bergero, directeur général de Goodwill-management. La bonne nouvelle ? Chaque euro investi dans l'adaptation génère en moyenne 8 euros de retour sur investissement. Six acteurs régionaux (Michelin, CNR, Banque de France, Nemera, SACVL et le Domaine viticole de Fond Moiroux) témoignent de leurs premières démarches et portent tous le même message : l'adaptation n'est ni un projet ponctuel, ni une réponse à une contrainte réglementaire. C'est une trajectoire progressive, ancrée dans la réalité du métier.
À horizon 2050, la question ne sera plus de savoir si telle ou telle entreprise a été touchée, mais si elle était prête.
