Polar : cadavres exquis franco-islandais

Parmi les nombreuses propositions du festival Quais du Polar (dont l’édition 2026 a été couronnée de succès), il y a celle qui consiste à demander à deux auteurs de polar confirmés, un Français et un étranger, de faire le récit d’une enquête se déroulant à la fois à Lyon et dans le pays de l’écrivain étranger. 

Un roman en “cadavre exquis”, où l’un puis l’autre écrivent un chapitre à tour de rôle. Le résultat est souvent anecdotique, mais pas cette année. Jérôme Loubry (qui a publié notamment Les Chiens de Détroit, prix Plume libre d’Argent en 2018) et Eva Björg Ægisdóttir (autrice d’Elma, devenu un best-seller en Islande) ont réussi à concocter un polar qui nous tient en haleine de la première à la dernière phrase, Exils(s) islandais (en revanche, ils auraient pu trouver un meilleur titre). 

On est happé par cette enquête menée par un flic français envoyé à Reykjavík pour se faire oublier après une arrestation un peu trop musclée, une bavure en somme. Il débarque dans la capitale islandaise juste après qu’une journaliste a soudainement trouvé la mort lors d’une réception à l’ambassade de France. 

La thèse du choc anaphylactique arrange les autorités locales aussi bien que la diplomatie française ; il ne faut surtout pas faire de vagues avant les élections pour la mairie de Reykjavík. Pas de chance, la candidate qui pourrait l’emporter semble impliquée dans cette disparition bien plus suspecte qu’elle n’en a l’air. D’autant qu’une vieille affaire qui s’est déroulée à Lyon vingt ans auparavant, dont elle est également partie prenante, remonte à la surface…

Exil(s) islandais – Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry, éditions Points, 192 p., 11,95 €.

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut