Tracteurs M7
Une dizaine de tracteurs bloquent la M7 à hauteur de Pierre-Bénite.

Au sud de Lyon, la M7 bloquée par les agriculteurs mobilisés pour "la survie de l'agriculture"

Depuis 10 h 30 ce lundi 5 janvier, les agriculteurs bloquent la M7 dans les deux sens au sud de Lyon. Ces derniers dénoncent une mauvaise gestion de la crise agricole et un traité Mercosur de plus en plus menaçant.

Tracteurs, brasero, barnum et même camions remplis de couchages bloquent la M7 à hauteur de Pierre-Bénite ce lundi 5 janvier. Installés depuis 10 h 30, les agriculteurs sur place sont partis de Brignais à 4 h 30 pour bloquer la M7 dans les deux sens. Malgré l'ambiance conviviale et la musique retentissant sur l'axe routier, les manifestants sont mobilisés pour faire entendre leur mécontentement.

La raison de ce mouvement national ? La gestion de la crise agricole en cours, aggravée par la dermatose nodulaire bovine et l'accord Mercosur : "Plus rien ne tourne dans l'agriculture (....) Nous sommes écoutés par l'Etat mais nous n'avons pas de réponses, ni d'actions de la part du gouvernement", dénonce Serge Genevay, arboriculteur, céréalier et président de la coordination rurale du Rhône.

"Depuis le début de la crise agricole, l'Etat aurait pu prendre un certain nombre de mesures pour alléger les agriculteurs sur des normes administratives et écologiques qui n'ont ni queue, ni tête, mais rien n'est fait", ajoute, Christian, un agriculteur rhodanien.

Tracteur
Des braseros et plusieurs barnums ont été installés sur l'autoroute.

Mercosur, dermatose nodulaire bovine...

Parmi les gros points noirs de cette crise agricole figure le traité Mercosur : un accord prévoyant la libre circulation de biens entre l'Europe et les pays du Mercosur, à savoir l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Une perspective qui inquiète les agriculteurs : "Le Mercosur va être un clou de plus dans le cercueil puisqu'on ouvre la concurrence à des produits face auxquels on ne peut pas être compétitif", explique Christian. Il poursuit :"Des tas de produits interdits chez nous sont autorisés dans ces pays, ils n'ont pas les mêmes normes sociales et environnementales."

Venue apporter son soutien, une agricultrice du monde équin s'insurge : "Nous avons tout ce qu'il faut pour produire et consommer en France mais l'Etat se sent obligé de faire des échanges." Elle poursuit : "Qu'ils veulent faire des échanges avec les voitures, avec des objets pourquoi pas, mais pas avec l'alimentaire."

Car si l'Etat affirme soutenir les agriculteurs, les paroles ne suffisent plus pour Serge Genevay : "Désormais nous attendons des actions concrètes (...) Nous aimerions que le gouvernement protège ses agriculteurs français, et que ça ne soit pas l'Europe qui décide de ce qui se passera en France."

"C'est parti pour durer quelques jours"

Les agriculteurs mobilisés dénoncent également les abattages de masse liés à la dermatose nodulaire bovine : "On nous demande d'abattre la totalité des cheptels quand un animal est malade, alors qu'on sait qu'il y a d'autres alternatives", rappelle Christian. Parmi les autres alternatives soulevées par l'agriculteur : la vaccination, l'abattage sélectif, les tests massifs, ou encore, la mise en quarantaine d'animaux. "Dans tous les cas, nous n'accepterons plus l'abattage total des troupeaux", martèle Christian.

En attendant une réponse concrète de l'Etat, les agriculteurs comptent bien rester sur les routes. "Ici nous avons des couchages, du chauffage, une cantine et un barbecue, c'est parti pour durer quelques jours", indique le président de la coordination rurale. De son côté, Christian n'exclut pas la montée du cortège à Paris : "Aujourd'hui se joue la survie de l'agriculture", lance-t-il.

Lire aussi : Crise agricole : des blocages en cours sur l'A450 et l'A7 au sud de Lyon

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