Alors que la marche en hommage au militant nationaliste Quentin Deranque doit se tenir ce samedi à partir de 15 heures dans le 7e arrondissement, les autorités s’inquiètent de la présence d’un influenceur et de plusieurs groupuscules d’ultra-droite.
C’est une journée sous haute tension qui se prépare à Lyon, tandis que la marche en hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste battu à mort le 12 février en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po, doit se tenir aujourd'hui à partir de 15 heures depuis la place Jean-Jaurès, dans le 7e arrondissement. Elle passera ensuite par la rue Pré-Gaudry, la rue Crépet, puis le boulevard Yves Farge, avant d’arriver rue Victor Lagrange où s'est déroulée l'agression mortelle qu'a subi Quentin.

Alors que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, ainsi que la préfecture du Rhône ont autorisé le rassemblement, un dispositif de sécurité renforcée sera déployé, dont un "engagement à haut niveau des effectifs de la direction interdépartementale de la police nationale du Rhône", et "plusieurs compagnies républicaines de sécurité, dont la CRS 83, des escadrons de gendarmerie mobile, ainsi que de policiers nationaux déployés depuis différents départements de la région". Une interdiction de manifestation sera également instaurée dans un large périmètre ce samedi dès 11 heures et jusqu’à 3 heures dimanche. Ce dernier comprend toute la Presqu’île, ainsi que les quartiers de Gerland et de la Guillotière.
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Une dizaine de groupuscules d’ultra-droite attendus
Si les services de l’État évoquaient la présence de 2 000 à 3 000 personnes, c’est bien celle d’une dizaine de groupuscules d’ultra-droite qui inquiète tout particulièrement. Comme le révèlent nos confrères du Parisien, les autorités craignent en effet la venue de plusieurs groupuscules en provenance de différentes régions de France, dont le collectif féministe identitaire Némésis, la Cocarde étudiante, l’Action française, Génération Europe, Patria Albiges, Lotherbund, Ingouvernables Nancy et Jeunes d’Or. 600 militants de l’ultra-droite sont attendus dans les rues lyonnaises cet après-midi.
En revanche, les renseignements n’ont, pour l’heure, pas noté d’appel de l’ultra-gauche à se rassembler. Le site Rebellyon appelait toutefois ce vendredi les militants à "s’organiser" contre "la manifestation néo-fasciste" de ce samedi. "Sous couvert d’une "marche blanche", et compte tenu des innombrables agressions et meurtres commis par l’extrême droite, nous craignons des attaques sur des lieux ciblés par l’extrême droite et sur les habitants de Lyon", peut-on lire sur le site.
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Le maire de Lyon demandait son interdiction
Pour rappel, la marche est organisée par Aliette Espieux, une militante anti-IVG qui notamment a relayé de nombreuses publications du groupuscule néofasciste national-révolutionnaire Lyon Populaire, et dont le mari est Eliot Berthin, fondateur du groupuscule. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait notamment demandé l'interdiction de ce rassemblement, craignant un "risque réel de débordements violents".
"Face aux risques avérés de troubles à l’ordre public, à la crainte de la présence de militants d’extrême droite venus de toute la France et de pays frontaliers, aux menaces à l’encontre d’élus ainsi qu’aux dégradations de permanences parlementaires, il apparaît que, pour garantir un cadre serein et prévenir toute violence, l’interdiction de cette manifestation constitue la seule décision responsable", indiquait l’édile dans un communiqué.
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