Entre 150 et 200 militants écologistes étaient réunis hier, au Doc Circus, à Confluence, pour soutenir Fabienne Grebert. (Photo HJ)

Au meeting de Fabienne Grébert, à Lyon, les écologistes veulent encore croire à la victoire 

Mercredi soir à Confluence, Fabienne Grébert, la candidate écologiste aux Élections régionales tenait sa première et dernière grande soirée de campagne. Parfois loin de l’ambiance survoltée des Municipales, ce meeting au Dock Circus aurait pu passer pour un grand after work au bord de la Saône, si ce n’était la présence de 150 à 200 personnes, militants et élus, arborant le vert et les drapeaux écologistes. Pour eux, "remporter la Région" n'est pas une utopie.

La chaleur assommante qui s’est abattue sur la Ville de Lyon, hier, n’a pas découragé les militants écologistes de rallier le Dock Circus, à Confluence, à vélo. T-shirt vert sur le dos et bannières arborant la tête de Fabienne Grébert accrochées à leurs bicyclettes la vingtaine de cyclistes a été accueillie par la tête de liste écologiste en personne. "Vous êtes de super militants, je suis fière de vous", lançait alors la candidate. Proche de ses troupes, échangeant avec un, plaisantant avec un autre, tout sourire l’élue annécienne donnait le ton d’une soirée politique décontractée, joyeuse, mais loin d’être aussi survoltée que celle des Municipales en 2020. 

Fabienne Grébert accueille les militants qui ont participé à la vélorution. (Photo HJ)

Joyeux, mais pas survoltés 

Cette grande messe des écologistes, "apothéose d’une campagne régionale difficile et Covid-compatible", selon la maire EELV du 7e, se déroulait en même temps que sept autres soirées de campagnes dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, retransmises sur les réseaux sociaux. À Lyon ils étaient entre 150 et 200 militants et élus, difficile parfois de faire la différence si ce n’est pour les t-shirts verts arborés par les premiers, à s’être réfugiés dans la fraîcheur de la salle du Dock Circus. 


"Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu autant de personnes, ça fait plaisir de vous voir en vrai" Axel Marin, deuxième de liste dans la métropole de Lyon


Pour l’occasion, c’est l’édile du 7e arrondissement, Fanny Dubot, qui s’était muée en maîtresse de cérémonie, accueillant chaleureusement les élus au micro. "Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu autant de personnes, ça fait plaisir de vous voir en vrai", déclarait en ouverture du bal Axel Marin, deuxième de liste dans la métropole de Lyon. Avant que Fanny Dubot ne reprenne le micro et donne le ton de la soirée en glissant une première pique au président de région sortant, Laurent Wauquiez, en rappelant que "Non la région ne s’occupe pas de la sécurité !". De quoi sortir l’assistance de sa torpeur pour accueillir Grégory Doucet, celui qui "depuis un an nous montre que l’écologie c’est possible", selon les mots de la maire du 7e.

Le bilan des verts à Lyon, motif d’espoir

"Vous êtes là pour faire basculer un territoire de 8 millions d’habitants dans la transition écologique", rappelait d’entrée le maire de Lyon, après avoir été chaudement applaudi. Citant Saint-Exupéry, comme lors de son discours de victoire en 2020, ou bien Alain Damasio, "On peut agir sur la part non fatale du destin", l’élu EELV se lançait alors dans un discours de plus de vingt minutes. Félicitant, tour à tour, les militants pour leur engagement, "vous avez eu raison d’être là il y a un an, car nous avons gagné ! Et nous pouvons gagner en Auvergne-Rhône-Alpes aussi", puis Fabienne Grébert, "la femme de la situation", selon lui, avant de s’autoriser à dresser un premier bilan de son action à la tête de Lyon.


"Vous avez eu raison d’être là il y a un an, car nous avons gagné ! Et nous pouvons gagner en Auvergne-Rhône-Alpes aussi." Grégory Doucet, le maire EELV de Lyon


Le maire de Lyon, Grégory Doucet a prononcé un discours de près de 20 minutes.

"À Lyon et à la Métropole, nous n’avons pas chômé. [...] En six mois, notre Plan Pluri Annuel d’investissement est prêt, la piétonnisation aux abords des écoles est lancée, le soutien au secteur culturel est voté … ". Des mesures brandies comme un symbole de la gouvernance écologiste, que l’édile espère voir à la tête de la région. "Si nous le faisons [gagner l’élection, NDLR], nous tiendrons lieu d’exemples, affirme-t-il. […] On dira que l’écologie politique fait tache d’huile. […] On verra la différence dans une ville, une métropole, une région écologiste."

La droite dans le viseur 

Reynald Giacalone, élu de l'opposition Génération.s à Bron, profitait alors de son passage sur scène pour tacler la droite et plus précisément la tête de liste du candidat LR dans la métropole de Lyon. " Jérémie Bréaud mentira aux habitants de la métropole de Lyon comme il a menti aux Brondillants. Un an après avoir été élu à Bron et à la Métropole, le voilà déjà en campagne et dans l’obligation de lâcher un mandat. […] La situation à Bron est très grave : il n’a pas réglé les problèmes de rodéo, de mortier. Au contraire, la situation s‘est dégradée."


"Nous avons besoin d’un président qui rassemble les territoires et qui les respecte. Pas d’un président qui pratique le clientélisme."

Bruno Bernard président EELV de la Métropole de Lyon


Un combat reprit par le président EELV de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, qui n’hésitait pas à cibler directement le président de région sortant, Laurent Wauquiez, pour le plus grand plaisir du public qui faisait alors entendre son mécontentement à l’énonciation du nom de l’élu LR. "Nous avons besoin d’un président qui rassemble les territoires et qui les respecte. Pas d’un président qui pratique le clientélisme. Nous avons besoin d’une présidente au service des habitants et non pas d’un président qui se sert de la région pour son ambition personnelle", déclarait-il.

Bruno Bernard, le président de la Métropole, n'a pas hésité à tacler Laurent Wauquiez lors de son discours. (Photo HJ)

Avant de céder le micro, à celle dont le nom était dans toutes les bouches hier soir, il laissait entendre qu’une union avec la gauche, comme pour les élections métropolitaines, était possible au soir du 1er tour. Rappelant que depuis un an, à la Métropole, les écologistes gouvernent avec "des socialistes, des communistes, des insoumis ".

"La victoire est à notre portée"

Il était près de 21 heures lorsque Fabienne Grébert faisait enfin son apparition sur la tribune, réveillant une assistance jusque-là surtout démonstrative à l’évocation des noms de Grégory Doucet, Bruno Bernard ou encore Laurent Wauquiez. Grand sourire plaqué sur le visage, la candidate de 56 ans, aux cheveux poivre et sel et au regard azur, lançait "des moments comme celui-là, ils nous ont manqué, et vous m’avez manqué dans cette campagne". 


"Les utopistes ont changé de camp. Ce sont ceux qui imaginent que l’on peut continuer comme avant." Fabienne Grébert


Revêtue d’une tenue printanière, elle rappelait ensuite sa vision pour la région et les combats qu’elle entend y mener pour soutenir "l’économie sociale et solidaire", "préserver ses terres agricoles", utiliser " ses ressources naturelles", "soutenir la jeunesse" ou encore sauver la  "formation professionnelle laminée par Laurent Wauquiez". "Les utopistes ont changé de camp. Ce sont ceux qui imaginent que l’on peut continuer comme avant", assenait alors la candidate, dans une ambiance qui prenait enfin des airs de meeting politique. 

Lors de son arrivée sur la scène Fabienne Grebert a été chaudement accueille par le public. (Photo HJ)

C’est le moment qu’elle choisissait pour attaquer Laurent Wauquiez, affublé, hier, du titre de "Big Brother". "En 2021, son programme, c’est le même qu’en 2015 : la sécurité […] et la sécurité c’est son échec". "Notre démocratie est trop fragile pour la laisser entre les mains des extrêmes", déclarait alors l'élue annécienne avant d’ajouter avec force "je ne lâcherai rien, je me battrai comme une lionne, pour nos enfants". 

Elle terminait son discours, sous les acclamations de la centaine de militants et élus rassemblés devant elles, en appelant au vote, "La victoire est a notre portée. C’est un appel à la mobilisation que je lance ce soir, un appel à aller voter". 

L’union de la gauche déjà dans les têtes

Quelques minutes plus tard, l’ambiance retombait et la candidate écologiste en profitait alors pour aller déguster une bière fraîche en compagnie des militants. À quelques mètres de là, certains évoquaient déjà la réunion qui doit se tenir dimanche, au soir du 1er tour, afin de sceller l’union entre les partis de la gauche. Reste désormais à savoir qui de Fabienne Grébert ou Najat Vallaud-Belkacem (PS), en meeting à Lyon mardi, mènera la gauche au second tour de ces régionales. 

À l'issue du meeting la candidate écologiste a échangé de manière décontractée avec les militants.

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