Des familles de Villeurbanne demandent à la municipalité de communiquer les procédures de recrutement dans le périscolaire, ainsi que les formations mises en place pour prévenir et réagir face à des "situations à risque."
Alors que la Ville de Paris est secouée depuis plusieurs mois par le scandale des violences dans le périscolaire et que le procès de David G., ancien animateur de la municipalité, pour "agression sexuelle sur un mineur de 15 ans" s’est ouvert le 26 mai, des familles de Villeurbanne alertent sur un "phénomène qui, hélas, ne connaît pas de frontières administratives."
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"Nous attendons de la part des acteurs publics et privés une transparence totale"
Pour cela, elles ont lancé une pétition en ligne fin mai pour demander à la Ville de Villeurbanne de communiquer "clairement" sur les procédures de recrutement appliquées pour les encadrants, les dispositifs de signalement disponibles aux enfants et parents, mais aussi sur les formations dispensées au personnel "pour repérer, prévenir et réagir face à des situations à risque."
"Cette question n'est pas anodine. En tant que parents, nous attendons de la part des acteurs publics et privés une transparence totale et une communication proactive sur ce sujet. Pourquoi ? Parce que le silence des grandes collectivités ainsi que des structures privées, face à de telles allégations, est non seulement incompréhensible, mais aussi inacceptable", soulignent encore les parents, qui souhaitent seulement "prévenir ces actes et garantir la sécurité des enfants accueillis sur les temps de périscolaire."
"Convaincus" que Villeurbanne est "engagée pour l'éducation et la jeunesse", ayant "déjà mis en place des mécanismes robustes", les parents assurent qu’il est "crucial de rassurer la population en communiquant clairement sur ces dispositifs" alors que la parole se libère enfin. Et d’ajouter : "Une prise de parole publique serait un signal fort : celui d'une municipalité et d'acteurs privés qui refusent de fermer les yeux et qui placent la protection des enfants au cœur de leurs priorités."
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Les casiers judiciaires sont "systématiquement" vérifiés
Contactée, la Ville de Villeurbanne tient à rassurer les familles sur chaque point. La municipalité nous indique que le recrutement des animateurs est organisé par la direction de l’Éducation et que les casiers judiciaires, ainsi que le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV), sont "systématiquement vérifiés par ses services" et par les services de l’État compétents en matière de jeunesse et d’éducation populaire, dans le cadre réglementaire applicable aux accueils de loisirs.
En parallèle, les 27 coordinateurs périscolaires et les 29 adjoints des écoles de Villeurbanne sont formés contre les violences sexistes et sexuelles, dans le cadre du plan municipal mis en place, et "assurent le lien avec les familles, encadrent les équipes d’animation, accompagnent les projets pédagogiques et contribuent à repérer tout comportement inadapté ou problématique. Ils sont aussi en étroite relation avec les autres acteurs de la communauté éducative", indiquent encore les services de la mairie.
Bientôt une plateforme de signalement pour tous faits de violences sur mineurs
Si toutefois un signalement était fait, la direction de l’Éducation "engage immédiatement un premier niveau de vérification, afin de rassembler les éléments factuels", poursuit la Ville de Villeurbanne. La famille est également "systématiquement" reçue la direction de l’Éducation et le professionnel concerné est entendu. Durant cette phase, "lorsque la situation le justifie, l’agent concerné est suspendu à titre conservatoire afin de sécuriser le cadre d’accueil des enfants, tout en garantissant un traitement objectif de la situation." Et d’ajouter : "Si les éléments recueillis laissent apparaître des faits susceptibles de relever d’une infraction, le professionnel est écarté et le procureur de la République est saisi pour tout fait délictuel ou criminel."
Si une plateforme interne existe déjà, la Ville travaille actuellement à l’élaboration d’une plateforme de signalements pour tous faits de violences sexistes, sexuelles et discriminatoires (VSSD) afin qu’elle soit utilisée au-delà du périscolaire. "La protection des enfants est une priorité absolue de Villeurbanne", concluent les services de Villeurbanne.
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