Marion Sessiecq, Yasmine Bouagga, Grégory Doucet, Marine Tondelier, Renaud Payre et les représentants des associations Bail 69 et Locataires Ensemble (Clemence Margall)

À Lyon, Marine Tondelier et Grégory Doucet mobilisés pour garantir l'accès à des logements "dignes et abordables"

À l’occasion de l’étape lyonnaise de son Tour de France, la patronne des Écologistes, Marine Tondelier, était aux côtés du maire de Lyon, Grégory Doucet, pour parler logement.

La candidate des Écologistes pour la présidentielle de 2027 continue son Tour de France. Arrivée hier entre Rhône et Saône, Marine Tondelier consacrait ce deuxième jour de son étape lyonnaise au logement. C’était d’ailleurs tout le sujet du point presse organisé ce mercredi 15 juillet, dans le 3e arrondissement, à deux pas du centre commercial de la Part-Dieu. L’occasion pour la patronne des Écologistes de détailler, et enrichir, les quelque 560 propositions de son programme, entre accès à un logement salubre, encadrement des loyers et enjeux de santé publique.

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Pérenniser l’encadrement des loyers, un dispositif qui "porte ses fruits"

Mais un constat d’abord, "plus on est pauvre, plus on consomme une part de son budget dans le logement", note Renaud Payre, co-président du groupe Les Écologistes à la Métropole de Lyon. La cause selon lui à "neuf ans de macronisme" et "d’absence de politique de logement", mêlés à "une forme de cynisme" de la part du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui souhaite remettre sur le marché les logements dont les DPE sont classés F et G. "C’est un discours de marchand de sommeil", lance-t-il. Les Écologistes portent ainsi deux ambitions fortes : maintenir l’encadrement des loyers et garantir l’accès à des logements salubres.

En vigueur dans plusieurs villes de France, dont Lyon et Villeurbanne, l’encadrement des loyers est toutefois menacé. D’abord par le gouvernement qui s’est dit opposé à sa généralisation en mai dernier en raison d’une efficacité "entravée par un pilotage institutionnel fragmenté et un appareil statistique lacunaire." Mais aussi par la nouvelle présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR), qui souhaite le supprimer "alors que c’est une mesure populaire", déplore encore Renaud Payre. Il ajoute : "Ce sont environ 2 400 euros, en moyenne, qui sont rendus à des locataires qui ont entamé une procédure. Ça marche." À Lyon, le dispositif aurait ainsi "porté ses fruits", confirme le maire Grégory Doucet. "On le sait que le dispositif ne va pas résoudre tous les problèmes du marché immobilier, mais nous n’avons jamais prétendu que l’encadrement des loyers permettrait de construire plus de logements. Ce n’est pas le sujet. Il vient traiter une problématique spécifique et les études ont démontré son efficacité. Pourquoi s’en priver ?", demande l’édile lyonnais. Grégory Doucet a par ailleurs envoyé un courrier au ministre du Logement, lui demandant de confier aux maires la responsabilité d’appliquer ou non l’encadrement des loyers.

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La température des logements intégrée aux critères de salubrité de la Ville de Lyon

Il poursuit : "Notre objectif à la Ville est de permettre un accès à un logement digne et abordable. Il faut que chacun puisse vivre dans un logement qui ne préempte pas sur le reste de sa vie", souligne encore l’édile lyonnais. Le sujet est d’autant plus d’actualité que la France a connu trois fortes vagues de canicule ces dernières semaines, permettant de mettre en lumière la problématique des logements insalubres parce que trop chauds. Dans le 1er arrondissement, par exemple, une étude de l’association Locataires Ensemble a permis de révéler que les deux-tiers des logements n’ont pas de volets. "Cela paraît basique, mais lorsque l’on n’a pas de volet, c’est comme si nous avions un radiateur allumé en permanence chez soi", indique Yasmine Bouagga, maire de l’arrondissement. Couvertures de survie sur les fenêtres, bassines d’eau, migraines… "Nous avons un vrai enjeu de santé publique", alerte-t-elle. Et d’ajouter : "En étant maire d’un secteur classé Unesco et patrimoine remarquable, tout un travail est également fait avec les services de la Ville et les Architectes des bâtiments de France sur la rénovation des façades."

À ce sujet, le maire de Lyon a indiqué travailler à l’élaboration du fonds d’aide promis durant la campagne des municipales. Ce dernier devrait officiellement voir le jour "à l’été prochain." À destination des locataires et des propriétaires, ce fonds d’aides permettra à ceux qui ne le peuvent pas de faire les aménagements nécessaires pour diminuer la température dans les logements. Quant à la "dimension sanitaire" du problème, la Ville de Lyon, en charge de l’évaluation de la salubrité des logements, compte intégrer à sa grille d’analyse la question de la température d’un logement, indique Grégory Doucet. En parallèle, le maire de Lyon compte solliciter les services de l’État afin d’établir un arrêté préfectoral qui puisse "consolider l’aspect juridique de cette démarche."

Un sujet "au cœur de la vie sociale"

"J’entends des fois que la droite, la gauche, c’est pareil lorsqu’on parle de logement. Et bien non, ce n’est pas pareil et on voit bien qui est en première ligne", assure de son côté Marine Tondelier. "Ce n’est pas un sujet que nous avons choisi au hasard. Il est au cœur de la vie sociale. Sans logement décent, on ne peut pas bien se nourrir, on ne peut pas bien travailler, ni bien se reposer ou vivre en famille. Et surtout, on ne se sent pas en sécurité", ajoute la patronne des Écologistes, se félicitant de la "vision à 360 degrés" de son groupe.

Élection présidentielle oblige, la candidate déclarée a vivement critiqué les actions du président de la République, Emmanuel Macron. "Ils ont fait des lois régressives. Je préférais lorsqu’ils ne s’occupaient pas du logement, parce que ces deux mandats ont été des mandats de mépris et de cynisme social. Aujourd’hui, beaucoup de Français sont dans une asymétrie par rapport à leur propriétaire", déplore Marine Tondelier. Elle devrait enfin présenter dès la rentrée de septembre un "bouclier environnemental et social." Celui-ci regrouperait les "trois principaux postes de dépenses de Français : le logement, les transports et alimentation" et formulerait plusieurs propositions pour améliorer le pouvoir d’achat, l’emploi et le climat.

Prochaine étape pour Marine Tondelier : Chalon-sur-Saône.

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