BILLET D'HUMEUR - Samedi soir, les Lyonnais s’invitent dans le Forez, pour le 101ème derby de l’histoire entre Saint-Etienne et Lyon. Un match particulier. Et qui doit le rester. Pourtant, en ces temps modernes, cette saveur particulière tend à s’effriter.
“A l’envers comme à l’endroit, le maillot vert me donne des boutons” ou encore “je suis Lyonnais dans l'âme, dans le cœur, donc anti-stéphanois”. Ces phrases, certes un brin provocatrices, prononcées par un certain Raymond Domenech font partie de la légende des derbys entre Rhodaniens et Foréziens. Malheureusement, depuis quelques années, ce match, pas comme les autres, ne fait plus jaser. Pire, il est relégué au second plan. Depuis deux ans, Canal +, plus prompt à favoriser leur fameux clasico (PSG-OM), pure invention médiatico-mercantile, ne le diffuse plus. Du côté des acteurs, on ne ressent plus de réel engouement pour cette rencontre.
La hargne, l’envie décuplée, les contacts rugueux, les polémiques : des vrais instants de rivalité
On a bien compris que nous étions dans l’ère du football business, où les valeurs des clubs sont reléguées au second plan. Les joueurs sont de passage et de moins en moins issus du sérail. On ne peut que le déplorer. Quitte à passer pour de vieux ringards. Que les choses soient claires : pas question ici d’attiser les haines et encore moins d’inciter à la violence. Simplement, force est de constater, de nos jours, que le politiquement correct est de mise. Il n’est même plus permis de chambrer son charmant voisin stéphanois sous peine de passer pour un décérébré.
Le derby OL-ASSE (ou ASSE-OL) dépasse le cadre footballistique. Ne l’oublions pas. La rivalité est avant tout historique. Lundi prochain, en fonction du résultat, dans le TER Saint-Etienne / Lyon, dans de nombreuses entreprises rhodaniennes, au lycée, à la fac’, certains auront le sourire jusqu’aux lèvres. D’autres seulement leurs yeux pour pleurer. Avant le match aller (défaite 1-0 à Gerland), Sonny Anderson, actuel entraîneur des attaquants de l’OL, nous avait confié : “disputer un derby, c’est quelque chose de fabuleux (...) Si un joueur veut me laisser sa place, je suis preneur (rires).” La hargne, l’envie décuplée, les contacts rugueux, les polémiques : des vrais instants de rivalité. Il en va de la survie des derbys. Et de celle du football qu’on aime, aussi…
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Excellent billet! Je suis en total accord! Ces blaireaux de Canal+ préfèrent nous vanter un piteux OL-Bordeaux que de prendre les derby...Je ne parle pas de OM-PSG car vous avez tout dit dessus et je risque d'être très impoli!En tous cas, j'espère que les Lyonnais se rendent compte de l'importance de ce match car il en va de la survie d'un entraîneur et même d'un club...L'implosion est pas loin...je ressens une terrible lassitude dans un bon nombre de fervents supporters et amis!