La Région contrainte de payer la fin du projet "La Ruche" à l’université Lyon 2. @Université Lumière Lyon 2
Le campus Porte des Alpes de l’université Lyon 2. @Université Lumière Lyon 2

Face aux blocus, l’université Lyon 2 privilégie le dialogue avec les manifestants malgré la colère de certains étudiants

Les cours ont de nouveau été annulés ce lundi 12 octobre à l’Université Lumière Lyon 2, après le blocage des deux campus (Berges, Porte des Alpes). Alors que l’établissement restera fermé ce mardi en raison de la nouvelle mobilisation, sa présidence dit partager l’essentiel de leurs revendications.

La mobilisation étudiante continue de perturber le fonctionnement de l’Université Lumière Lyon 2. Ce lundi 12 octobre, un blocus a une nouvelle fois empêché la tenue des enseignements sur les deux campus de l’agglomération lyonnaise. Un mail a été adressé aux étudiants dans la matinée pour les informer de l’annulation des cours. Les deux campus des Berges du Rhône et de Porte des Alpes ne devraient pas non plus accueillir d’étudiants ce mardi 13 octobre, jour de mobilisation nationale.

Interrogée par Lyon Capitale sur une éventuelle intervention des forces de l’ordre pour garantir l’accès aux bâtiments, la présidence de l’université, dirigée par Isabelle von Bueltzingsloewen, affirme privilégier le dialogue. "L’Université sollicite l’intervention des forces de l’ordre quand la sécurité des biens et des personnes est menacée", indique-t-elle, précisant qu’aucun incident n’a été déploré ce lundi et que les personnels administratifs et techniques ont pu rejoindre leurs locaux.

Lire aussi : Mouvement lycéen en direct : 25 interpellations à Lyon et dans le Rhône, des universités fermées demain

La présidence de Lyon 2 défend le dialogue et prône le distanciel

Face aux blocages, l’université dit vouloir maintenir le lien avec les étudiants. Dans sa réponse, la présidence affirme comprendre et partager "l’essentiel des revendications exprimées", notamment sur les conditions d’études et de travail, la considération accordée à la jeunesse et les perspectives d’avenir.

"Elle souhaite que ses campus demeurent des espaces ouverts, de débats et d’échanges et s’efforcera ainsi de rendre disponibles des espaces sur les campus pour des Assemblées générales ou pour organiser des rencontres et des échanges". La présidence reconnaît toutefois que les blocages et les fermetures perturbent fortement les activités et que la situation pourrait se prolonger.

Pour limiter les conséquences sur les enseignements, elle incite les composantes à envisager des cours à distance, des enseignements hors les murs ou des sorties de terrain. Le contrôle de l’assiduité est par ailleurs suspendu jusqu’à nouvel ordre.

"L’université n'est pas une ZAD"

Dans un communiqué diffusé ce lundi, le syndicat UNI Lyon s’oppose clairement aux pratiques de Lyon 2. Il demande la réouverture de l’université et la reprise des enseignements en présentiel. Il affirme que l’établissement est paralysé depuis deux semaines et dénonce les conséquences des blocages sur le calendrier pédagogique, à l’approche des partiels et des examens.

L’organisation estime qu’une partie des étudiants subit les blocages sans les soutenir et dénonce également un climat d’intimidation envers ceux qui s’y opposent. L’UNI formule quatre demandes : la levée immédiate des blocages, le rétablissement des cours en présentiel avec un plan de rattrapage, des poursuites disciplinaires en cas d’intimidations ou de dégradations, et un rappel à l’ordre des enseignants qui encourageraient ou faciliteraient les blocages.

Le syndicat annonce par ailleurs avoir obtenu un rendez-vous avec la présidence dans les prochains jours. "L’université n'est pas une ZAD, mais un lieu d’apprentissage et de réussite. L’UNI Lyon continuera de défendre sans faiblir les étudiants qui travaillent et qui refusent d'être pris en otage."

Lire aussi : "On se sent écoutés" : A Lyon, ces étudiants ont passé leurs examens... à la mairie

Deux missions de renseignement demandées par l'État

Cette grogne de certains étudiants contre la direction s'ajoute à un contexte compliqué pour l'université, déjà marquée par l’affaire Balanche en 2025. Ce maître de conférences en géographies, spécialiste du Moyen-Orient, en particulier de la Syrie – il a obtenu en 2024 le prix du livre géopolitique pour ses Leçons de la crise syrienne (Odile Jacob) – avait vu son cours être interrompu par des militants pro-palestiniens et intimidé par ce même groupe d’individus, un collectif militant étudiant revendiqué "anti France. Cela avait enflammé la sphère politique, y compris au sein de la Région. "Le respect de la laïcité et de la liberté académique n’est pas négociable", avait déclaré Laurent Wauquiez, qui avait également dénoncé des "dérives islamistes" à Lyon 2. Ce dernier avait décidé de couper les subventions de 9,9 millions d’euros à l’établissement.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, auraient envoyé, en juin dernier, un courrier commun au président de Région, Fabrice Pannekoucke, lui indiquant qu’ils prévoyaient de mener deux missions de renseignement. L’une par l’Inspection générale de l’éducation et l’autre par les services de la direction nationale du renseignement territorial. Pour le moment, la Région n’est pas obligée de verser ce montant. Et ce, malgré la mise en demeure par la préfecture du Rhône. Dans ce contexte, la gestion des blocus à Lyon 2 interroge.

Lire aussi : Colère des lycéens, retour des gilets jaunes... Une grande semaine de mobilisation annoncée à Lyon

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut