Ce samedi 10 octobre, les étudiants en classe préparatoire du lycée Edouard Herriot ont exceptionnellement passé leurs examens à la mairie du 6e arrondissement de Lyon. Un contexte difficile pour ces élèves, qui se sentent tout de même écoutés.
Ils ont passé leur samedi matin... A la mairie du 6e arrondissement. Une centaine d'étudiants en classe préparatoire au lycée Edouard Herriot ont disserté toute la matinée, certains sur une épreuve d'histoire, d'autres en philosophie. Un dispositif spécial mis en place à l'initiative de ces élèves. "Nous avons reçu un mail ce jeudi. Nous avons ouvert trois salles pour les accueillir", explique Samuel Soulier, maire du 6ème arrondissement de Lyon. "Leur demande était simple, légitime et urgente : pouvoir travailler, composer et défendre leurs chances, malgré une situation qui les dépassait" avait affirmé l'élu plus tôt dans la journée, par la voie d'un communiqué de presse.
A la sortie de l'épreuve, peu d'entre eux ont souhaité s'exprimer à la vue de notre présence. "Les tables étaient grandes, nous n'avons pas manqué de place. Les conditions étaient plutôt bonnes." se satisfait Héloïse, qui passait l'épreuve d'histoire. Cette dernière souligne tout de même un peu de bruit dans la salle des mariages. "C'était notre seule inquiétude. Il y avait malheureusement un mariage de prévu aujourd'hui", se désole Samuel Soulier.
"C'était compliqué de se mettre dedans avec le contexte"
Sortie avant la fin de l'épreuve, Luna a eu du mal à démarrer le sujet. "La semaine a été difficile avec les cours en distance. Il n'y a que mercredi où nous avons pu étudier au lycée. Forcément, ce matin, c'était compliqué de se mettre dedans avec le contexte. Je préfère quand même ces conditions plutôt que de passer ces épreuves à la maison", souligne l'étudiante.
Cette dernière salue tout de même un environnement "d'entraide" : "les délégués se sont démenés pour nous obtenir ce créneau. On se sent écoutés, soutenus par les professeurs, ça fait du bien. ", assure-t-elle. Pour la suite, Luna affirme ne pas avoir peur d'aller en cours, mais redoute la possibilité d'avoir perdu le rythme avec un calendrier toujours incertain : "nous sommes prévenus du jour au lendemain, ça peut provoquer un stress".
"Ne pas prendre de retard"
Une situation difficile qui pousse aussi les enseignants à s'adapter. Jean-Pierre Babin est professeur de philosophie au lycée Edouard Herriot. "J'ai laissé le choix à mes élèves. Soit ils venaient ce matin, soit l'examen prenait la forme d'un devoir maison. C'est compliqué de s'organiser au quotidien, mais pour l'instant, nous n'avons pas de problèmes techniques pour les cours en visio et les élèves sont pour la plupart encore assidus", déclare l'enseignant.
Des étudiants qui tentent de garder le rythme en vue des concours de fin d'année. "C'est parfois difficile ce nouveau mode de fonctionnement mais il faut s'y tenir pour ne pas prendre de retard sur les autres prépas", argumente Thomas. Malgré les incidents survenus à Edouard Herriot ce jeudi, les étudiants, à l'image de Thomas, comptent bien "exercer [leur] droit d'étudier" jusqu'au bout.
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