Près de quatre mois après avoir lancé une pétition pour dénoncer les incivilités et le trafic de drogue place Bir-Hakeim (3e arr.), les riverains menacent de saisir la justice afin "de faire constater la carence" de la Ville de Lyon "dans l'exercice de ses pouvoirs de police."
Les habitants du secteur Bir-Hakeim, dans le 3e arrondissement de Lyon, ne décolèrent pas et la tension ne retombe pas. Depuis plus d'un an, les riverains font face à plusieurs problématiques : "scooters et trottinettes sur la place", "trafic de drogue", "insalubrités" ou encore "nuisances sonores". Excédé, l'un d'eux a lancé une pétition le 10 avril dernier, dont nous avions déjà parlé, pour demander à la Ville de Lyon un renfort policier et l'installation de nouvelles caméras de vidéoprotection. Elle recueille aujourd'hui 570 signatures.
"Chaque jour, et surtout chaque soir, il y a un groupe d'individus qui se livrent à des comportements inacceptables. Les incivilités deviennent pesantes, le quartier se dégrade et la situation est en train d’empirer", écrit Jean Aimarre, à l’initiative de la doléance. Près de quatre mois plus tard, la situation ne semble pas s'être arrangée.
Après plusieurs courriers à la Ville de Lyon et à la préfecture du Rhône, une réunion s'est finalement tenue le 3 juillet dernier avec Philippe Prieto, adjoint au maire délégué à la Sûreté, et Benjamin Badouard, adjoint au maire du 3e arrondissement délégué à la tranquillité publique. "Cependant, à la fin de la réunion, une grande frustration est ressortie des personnes qui y ont assisté, car à part dire que la mairie avait mis en place une médiation, qui est d'ailleurs un réel échec, il n'est rien ressorti de cette réunion", déplore encore le riverain.
Contactée, la Ville de Lyon se dit "particulièrement vigilante à la situation dans le secteur de la place Bir-Hakeim" et explique qu'un renfort des patrouilles a notamment été décidé à l'issue de cette réunion du 3 juillet dernier. "Des élus de la mairie centrale et de la mairie du 3ème arrondissement se sont rendus à plusieurs reprises sur place pour échanger avec les habitants du quartier et leur assurer de la bonne prise en compte de leurs remontées. En ce sens, les patrouilles de la police municipale et de la police nationale ont été renforcées. Une mesure complétée par l'installation d'une caméra de vidéosurveillance mobile début juin" poursuit la collectivité.
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"Il faut mettre en demeure le maire afin qu'il agisse"
De leur côté, les habitants du quartier ont décidé d’envoyer une mise en demeure au maire de Lyon, Grégory Doucet, afin "de solutionner le problème" rapidement. Dans ce courrier daté du 29 juillet, les riverains appellent l’édile à "engager l'installation de caméras de vidéoprotection permettant de couvrir l'intégralité de la place Bir-Hakeim et l'exploitation des images pour identifier, verbaliser et arrêter les auteurs des troubles à répétitions", à "renforcer, dans l'intervalle, la présence des forces de police municipale et nationale sur site aux heures où les troubles sont constatés, en soirée et la nuit", à "communiquer un plan d'action précis et daté, ainsi qu'un point de contact dédié" au sein des ses services de la collectivité "pour le suivi de ce dossier" dans un délai de 30 jours.
Au-delà du temps imparti, et si rien n'est fait, "nous nous réservons le droit de saisir le préfet du Rhône, de solliciter le procureur de la République au tribunal judiciaire de Lyon, et d'engager toute action utile, y compris contentieuse, devant le tribunal administratif de Lyon aux fins de faire constater la carence de la commune dans l'exercice de ses pouvoirs de police et d'obtenir la réparation des préjudices subis", préviennent-ils. Les riverains assurent toutefois rester "naturellement" disposés à un dialogue constructif" et se disent prêts à rencontrer le maire "pour trouver ensemble des solutions durables à cette situation qui n'est plus tolérable."
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"Les dispositifs mis en place durant l'été seront évalués à la rentrée" affirme enfin la Ville. Avant de conclure : "La Ville de Lyon reste pleinement engagée à améliorer la qualité de vie des habitants de la place Bir-Hakeim. La municipalité entend continuer à être à leur écoute."

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