Mgr de Germay, archevêque de Lyon (Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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Affaire Plessy : le diocèse de Lyon à nouveau dans la tourmente

Enquête. Cinq ans après la conclusion de l’affaire Preynat, le passé douloureux du diocèse de Lyon ressurgit. Le père Jean-Bernard Plessy, qui a dirigé la prestigieuse institution des Chartreux, est aujourd’hui visé par une plainte pour “viols et agressions sexuelles aggravés” déposée par une élève. Mais derrière la chute de cette figure puissante de l’enseignement catholique lyonnais, c’est aussi la gestion de l’affaire par l’Église qui interroge : alertes, protection de la victime, communication et calendrier des décisions dessinent les contours d’une nouvelle crise pour le diocèse. À retrouver en kiosque dans notre numéro du 25 septembre.

Les blessures sont encore vives. Cinq ans après la conclusion de l’affaire Preynat, qui avait ébranlé le diocèse de Lyon et provoqué la démission du cardinal Barbarin de l’archevêché, les catholiques lyonnais font de nouveau face à une crise à propos des violences sexuelles dans l’Église. Cette fois les agissements proviennent de la colline qui travaille, la Croix-Rousse, au sein de la prestigieuse institution scolaire des Chartreux, fleuron de l’enseignement catholique privé, réputée pour camper au sommet des classements nationaux pour ses résultats au bac et où la bonne société lyonnaise a l’habitude de placer ses enfants. Depuis le 11 septembre, le père Jean-Bernard Plessy, directeur depuis vingt-cinq ans – le “père Supérieur” comme on l’appelle au sein de l’établissement –, fait l’objet d’une plainte pour “viols et agressions sexuelles aggravés” d’une jeune femme tout juste majeure au moment des faits, élève aux Chartreux. “‘Aggravés’ en raison des fonctions d’autorité exercées par le père Plessy et des éléments de vulnérabilité tenant à la victime. Les violences dénoncées ont persisté durant plusieurs mois jusqu’en juillet 2026”, précise maître Nadia Debbache, avocate de l’étudiante, qui fut également celle de “La Parole libérée”, l’association des victimes dans l’affaire du père Preynat. Maître Debbache avance par ailleurs que “des pressions exercées sur la victime poussent également à étudier une qualification pour tentative d’entrave à la justice”. À ce stade, le principe de présomption d’innocence s’applique pleinement au père Plessy, cité par la plainte. “Le père Plessy conteste fermement les faits qui lui sont reprochés. Il attend de pouvoir être entendu par les enquêteurs pour démontrer son innocence”, a déclaré à l'AFP Me Thibault Ginoux, l’avocat du prêtre.

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La chronologie des faits

La plainte n’a pas surpris dans la sphère catholique au regard des événements qui l’ont précédée. En effet, quelques jours auparavant, le 2 septembre, le diocèse de Lyon expliquait via un communiqué avoir été informé dès le mois de juin “de la relation que le directeur du groupe scolaire des Chartreux, prêtre, entretenait avec une étudiante majeure placée sous son autorité”. L’emploi du terme “relation” ayant suscité un tollé (lire notre focus : Le Diocèse a-t-il failli ?). Les équipes de l’archevêque de Lyon, en retraçant la chronologie de leur action pendant l’été, ont déclaré que la victime avait contacté d’elle même la cellule d’écoute du diocèse le 1er juin, sans mentionner son établissement scolaire ni révéler l’identité de son agresseur.

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En parallèle, une enseignante des Chartreux a effectué un signalement auprès du diocèse le 16 juin. Ici, deux versions s'opposent. L’avocate de la victime assure qu’à cette étape, la cellule d’écoute “avait déjà deviné qui était concerné”, avant donc que l’enseignante ne leur révèle l’identité du père Plessy. Un élément de calendrier important puisque cela signifierait que le diocèse de Lyon aurait laissé, en connaissance de cause, la victime en contact avec son agresseur pendant un mois. Le père Plessy ayant été démis de ses fonctions le 6 juillet. “Or les viols continuent en parallèle jusqu’au début du mois de juillet”, accuse la défense. D’ailleurs, “ne sentant pas la jeune fille suffisamment protégée”, l’enseignante a aussi fait un signalement à la brigade des mineurs le 19 juin, déclenchant l’enquête de police en cours à ce jour.

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