Le diocèse de Lyon est sous le feu des critiques. Communication contestée, soutien jugé insuffisant à la victime, fonctionnement de la cellule d’écoute et calendrier des annonces : la gestion de l’affaire soulève de nombreuses questions. À retrouver en kiosque dans notre numéro du 25 septembre.
“On ne parle pas d’un phénomène isolé mais d’un dysfonctionnement systémique”, accuse maître Nadia Debbache, avocate de la victime dans son interview à Lyon Capitale. Au-delà des agissements du père Plessy, la défense interroge la responsabilité des autorités religieuses dans l’absence de dispositif d’alerte au sein des Chartreux. Les établissements agissent sous une tutelle qui nomme la direction, garantit le projet éducatif et la contrôle.
Les Chartreux étaient sous la tutelle de la Société des prêtres de Saint-Irénée [lire aussi : Abus sexuels dans l'Église : la Société des prêtres de Saint-Irénée dans le viseur]. Selon plusieurs professeurs interrogés par le journal La Croix, cette société ne semble pas avoir exercé de contrôle sous la direction du père Plessy. Une information recoupée par Lyon Capitale. “Nous avons demandé la cotutelle du diocèse à partir de juillet”, se défend l’évêché. Mais l’avocate de la victime met également en cause la réaction du diocèse une fois les faits signalés. Elle accuse sa communication de “minimiser la gravité des faits subis”. En employant le terme de “relation” entre le prêtre et la jeune femme, l’archevêché laisserait, selon Nadia Debbache, planer l’idée d’une relation libre et consentie entre adultes. Elle relève aussi l’absence, dans le communiqué du 2 septembre, d’un mot de soutien à la victime ou à l’enseignante qui a alerté. Une communication qui “a durement affecté la santé de la plaignante, un impact attesté par des constatations médicales”, souligne-t-elle.
Droit de réponse du diocèse de Lyon
À la suite des articles publiés le 18 septembre 2026, le diocèse de Lyon apporte les précisions suivantes.
Le message anonyme évoquant la situation a été reçu le 3 juin 2026 par le service communication du diocèse et transmis à la cellule d’écoute, qui y a répondu dès le lendemain et a proposé un échange téléphonique le jour même. Ce premier message sollicitait expressément le secret — c’est par respect pour cette demande, réitérée ensuite, que le diocèse a différé sa communication publique. En tout état de cause, jusqu’au 16 juin 2026, ni l’identité de la jeune femme ni celle du prêtre n’avaient été révélées à la cellule ou au diocèse ; c’est le signalement d’une enseignante qui leur a permis d’en prendre connaissance ce jour-là. Il ne s’est donc pas écoulé « un mois », mais seize jours entre cette identification et les premières mesures.
Le terme critiqué du communiqué du 2 septembre n’a pas été introduit par la cellule d’écoute : il figurait dans le premier message reçu le 3 juin, que les pièces conservées établissent. En le reprenant, le diocèse restituait les termes dans lesquels la situation lui avait été initialement décrite ; il ne qualifiait pas des faits dont la qualification relève de la seule justice. Il reconnaît la jeune femme comme victime, croit sa parole et, par respect pour elle et pour la souffrance que l’emploi de ce terme a pu lui causer, il s’en est abstenu dès sa communication du 16 septembre et s’engage à ne plus l’utiliser. Comme il l’exprimait dès le 11 septembre, le diocèse lui redit tout son soutien dans l’épreuve qu’elle traverse.
Contrairement à ce qui est affirmé, les échanges avec la cellule d’écoute ne se sont pas interrompus durant l’été : la cellule a répondu à chacune des sollicitations de la jeune femme, notamment les 30 juillet, 2, 3 et 4 août, et a repris contact le 12 août puis le 28 août. Ses messages écrits — conservés — l’invitaient dès le mois de juin à sauvegarder toute preuve, lui rappelaient que porter plainte était son droit, l’orientaient vers une association d’aide aux victimes et vers un accompagnement psychologique dont le diocèse proposait la prise en charge.
Dès le 2 juillet 2026, le prêtre concerné a été convoqué par l’archevêque, qui lui a signifié l’interdiction d’entrer en contact avec la jeune femme et lui a annoncé le retrait de sa mission ; ces mesures conservatoires ont été formalisées par décret le 6 juillet 2026, jour du signalement adressé au procureur de la République de Lyon et de l’ouverture de l’enquête canonique. Le 8 juillet 2026, le responsable de la cellule d’écoute a été entendu par la police judiciaire, à laquelle le diocèse apporte son entier concours. Ces mesures ont été renforcées le 1er septembre 2026 par l’interdiction d’exercer tout ministère dans le diocèse et de se rendre sur les sites de l’institution.
Le dossier de l’enquête canonique préalable est transmis au Tribunal Pénal Canonique National, qui conduira la procédure en toute indépendance. Le diocèse a par ailleurs décidé de confier à des structures qui lui sont extérieures le traitement des signalements relatifs à cette affaire.
Le diocèse s’en tiendra désormais aux faits ainsi rétablis et se réserve de répondre à toute nouvelle inexactitude, par respect pour la jeune femme, pour la sérénité de l’enquête et pour les droits de chacun.
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Plus grave encore, l’avocate accuse la cellule d’écoute du diocèse d’avoir laissé la jeune fille en contact avec son agresseur pendant tout le mois de juin. La cellule du diocèse aurait par ailleurs tenté implicitement de la dissuader de porter plainte. D’après l’avocate, la jeune fille aurait notamment été avertie que, si elle saisissait la justice civile, “l’avocat de la défense allait la massacrer” et qu’il n’y aurait pas de suites judiciaires, mais seulement des sanctions canoniques au bout de l’affaire. La jeune fille, se sentant abandonnée alors que son contact au diocèse ne répondait plus pendant l’été, selon maître Debbache, aurait donc préféré prendre une avocate contre les conseils de l’archevêché.
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Le calendrier interroge
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