Martin Pratoussy a lancé début juillet une pétition contre la réouverture de la rue Grenette (2e arr.) prévue par la Métropole de Lyon. Elle recueille déjà plus de 900 signatures.
La rue Grenette de nouveau sous le feu des projecteurs. Alors que la Métropole de Lyon a confirmé la réouverture de l’axe aux voitures "vraisemblablement" pour "la rentrée de septembre", un Lyonnais a fait le choix de se mobiliser contre cette mesure en lançant une pétition début juillet. Au moment où nous écrivons ces lignes, elle recueille 901 signatures.
"La démocratie participative ne peut être crédible que si les résultats des consultations sont réellement pris en compte"
"Nous, habitantes et habitants de la Métropole de Lyon, souhaitons vous faire part de notre profonde incompréhension face à la volonté de rouvrir la rue Grenette à la circulation automobile", écrit ainsi Martin Pratoussy à l’adresse de la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, ajoutant que "la consultation citoyenne organisée par la Ville de Lyon a exprimé un avis clair et largement majoritaire." Lancée le 30 avril dernier, la consultation avait recueilli plus de 17 000 avis, dont 72 % étaient, selon la municipalité, en faveur du maintien de la rue Grenette sans circulation automobile. "Pourquoi demander l'avis des citoyennes et des citoyens si leur expression est ensuite ignorée ? La démocratie participative ne peut être crédible que si les résultats des consultations sont réellement pris en compte, en particulier lorsqu'ils sont aussi nets", lance encore le Lyonnais.
Martin Pratoussy estime également que les arguments pour le maintien de la piétonnisation sont "nombreux", le principal étant le passage quotidien de "près de 90 000 usagers des transports en commun", contre les plus de 9 000 véhicules automobiles par le passé. La Ville de Lyon a, elle aussi, largement mis en avant ces données, soulignant que "rouvrir cet axe aux voitures serait aller contre les usages réels." Et le Lyonnais d’ajouter : "Redonner de la place à un mode de transport utilisé par dix fois moins de personnes irait à l'encontre d'une gestion rationnelle et efficace de l'espace public."
"Nous vous demandons de respecter le résultat de cette consultation citoyenne"
Réduction des nuisances sonores, amélioration du cadre de vie, réduction de la pollution de l’air… "Les bénéfices des rues piétonnes sont aujourd'hui largement démontrés", écrit encore Martin Pratoussy. Pour le Lyonnais, la demande est "simple" : "Nous vous demandons de respecter le résultat de cette consultation citoyenne en renonçant à la réouverture de la rue Grenette à la circulation automobile et en maintenant sa vocation d'espace apaisé, au bénéfice des piétons, des usagers des transports en commun, des commerçants et de l'ensemble des habitantes et habitants." Et de conclure : "Nous espérons que vous choisirez de faire prévaloir l'intérêt général, la santé publique, la qualité de vie et le respect de l'expression démocratique."
L'objectif des 1 000 signatures d'ici septembre semble donc bien parti pour être atteint dans les prochaines heures.
Trois scénarios à l’étude pour la rue Grenette
Véronique Sarselli écoutera-t-elle les avis de ces quelque 900 habitants ? Rien n'est moins sûr. La présidente de la Métropole de Lyon avait jugé, le 2 juillet dernier, la consultation "peu crédible" et "peu sérieuse." Puis avait balayé d’un revers de la main la proposition de référendum formulée par Grégory Doucet la veille sur l’aménagement de la Presqu’île.
Trois propositions seraient aujourd'hui étudiées pour la réouverture de la rue Grenette, toutes se basant "sur les retours du terrain", indiquait par ailleurs Véronique Sarselli, pour qui les élections métropolitaines avaient finalement "tranché la question de manière claire."

Ils n'ont rien à faire des Lyonnais qui doivent traverser la presqu'île.