© Paul Bourdrel

La Prière du hamster, comédie jubilatoire à la Comédie-Odéon

Comme à son accoutumée, c’est une rencontre inattendue entre deux personnages que tout devrait opposer que l’on retrouve au cœur de la dernière comédie de Jacques Chambon (le Merlin de Kaamelott qui est aussi, et surtout, un auteur prolixe et talentueux). 

La Prière du hamster dépeint la confrontation entre un tueur à gages devenu une référence dans son métier et celui qu’il doit occire, un écrivain en bout de course dont les livres n’intéressent plus personne, sauf sa mère. 

Rien ne se passe comme prévu. Au lieu de dessouder immédiatement sa cible, le tueur se laisse embarquer dans une discussion personnelle et métaphysique. 

Faute professionnelle indigne de sa réputation. Il en perd même la volonté d’appuyer sur la gâchette alors que la victime fait tout pour l’y inciter ! 

Le tueur et l’écrivain se confient l’un à l’autre. La conversation qui se poursuit entre les deux personnages bénéficie des dialogues savoureux dont Jacques Chambon a le secret. Contrairement à l’écrivain qu’il met en scène, il a été bien inspiré. 

On se retrouve quelque part entre Samuel Beckett (pour l’absurde des situations) et Bertrand Blier (pour le caractère irrésistible et provocateur des dialogues). D’autant que l’aventure prend des détours encore plus imprévus dans la deuxième partie du spectacle.

Ajoutez à la qualité du texte la mise en scène à la fois sobre (une toile peinte en fond de scène et un fauteuil sont les seuls éléments de décor) et soignée de Jean-Rémi Chaize, la qualité d’interprétation de Marc Gelas (en tueur plus vrai que nature) et de Lionel Buisson (irrésistible dans le rôle de l’écrivain reconverti en rédacteur de catalogue d’art moderne) et vous avez une comédie jubilatoire.

La Prière du hamster – Du 24 juin au 29 août à la Comédie-Odéon - https://www.comedieodeon.com/

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