Dans un court communiqué de presse envoyé ce jeudi, Véronique Sarselli a réagi à la plainte pour viol visant Roman Abreu, ex-communicant de Jean-Michel Aulas pendant la campagne des Municipales. La présidente de la Métropole de Lyon a demandé à trois élus, dont JMA, de se mettre en retrait.
C'était une éventualité depuis les révélations touchant l'un des plus proches conseillers du candidat Aulas. Véronique Sarselli a bien demandé à Jean-Michel Aulas, 1er vice-président de la Métropole de Lyon, et à deux autres vice-présidents, Laure Cédat et Emmanuel Imberton, de se mettre en retrait de leurs fonctions. Une version contestée par l'ancien président de la CCI de Lyon. "Je ne souhaite pas vous dire ce que nous nous sommes dit mais elle ne m’a pas demandé de me mettre en retrait. J'ai appris cette affaire après la campagne électoral comme Véronique Sarselli. Je suis comme elle et je ne vois pas pourquoi je me mettrais en retrait", nous a expliqué ce jeudi Emmanuel Imberton.
Jean-Michel Aulas a lui confié au Progrès qu'il n'avait pris aucune décision quant à sa mise en retrait. "Véronique Sarselli a envoyé son communiqué à 13h30 alors qu'elle avait laissé à Jean-Michel Aulas jusqu'à 14 heures pour lui donner une réponse", s'étonne un proche de l'ancien candidat aux municipales
Cette demande fait suite aux révélations de nos confrères de BFM Lyon mercredi soir sur la plainte pour viol visant Roman Abreu, directeur de communication de Jean-Michel Aulas durant la campagne des Municipales 2026. Si, comme nous vous le révélions, la majorité métropolitaine a prévu de se réunir en urgence ce jeudi soir, pour évoquer l'affaire, Véronique Sarselli a pris les devants, préférant demander aux trois élus, qui avaient eu connaissance de la plainte et de l'affaire depuis le mois de février, de se mettre en retrait.
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"Les accusations relayées sont très graves"
Dans un court communiqué de presse envoyé à la mi-journée, la présidente de la Métropole de Lyon se dit "profondément choquée des faits rapportés par la presse" et estime que "si elles sont avérées, les accusations relayées sont très graves".
"Compte tenu de la gravité des accusations qui touchent au conseiller politique de Jean-Michel Aulas sur la campagne Cœur Lyonnais pour les municipales et, dans l’attente du prolongement de l’enquête, j’ai demandé à rencontrer tôt ce matin les 3 élus de la Métropole cités nominativement dans les médias", complète l'ancienne maire de Sainte-Foy-lès-Lyon. Avant de conclure : "Suite à cette rencontre, je leur ai demandé de se mettre en retrait de leurs fonctions représentatives de la Métropole de Lyon en respect de la victime présumée et de l’institution qu’ils représentent."
Jean-Michel Aulas, candidat malheureux aux municipales, est depuis l'élection de Véronique Sarselli à la tête de la Métropole, son 1er vice-président en charge du rayonnement et des partenariats métropolitains ainsi que des grands projets. Emmanuel Imberton, un proche de l'ancien patron de l'Olympique Lyonnais, est lui le 3e vice-président de la Métropole, chargé de l'économie, de l'emploi et de l'insertion professionnelle. Enfin, Laure Cédat, issue de la société civile et l'une des premières soutiens du candidat Aulas, est 8e vice-présidente de la Métropole en charge de la culture.
Pour rappel, ce mercredi 10 juin, deux mois et demi après le scrutin municipal, nos confrères de BFM Lyon ont révélé que Roman Abreu était visé par une plainte pour viol, déposée par une ancienne membre de l'équipe de campagne du candidat. Dans cette plainte déposée le 13 mai, la jeune militante de l'équipe de campagne affirme qu'elle a été abusée par soumission chimique, au cours d'une soirée début janvier à Lyon.
Abreu maintenu dans ses fonctions
L'ex-responsable de la communication, cofondateur de l'agence parisienne 2017, "conteste fermement et avec sérénité toute accusation et se tient à la disposition de la justice pour répondre à ses questions", a déclaré son avocate Cosima Ouhioun dans un communiqué. Selon l'avocat de la jeune plaignante, cette dernière dit avoir signalé les faits un mois après, auprès de M. Aulas et de son proche entourage, comprenant donc Laure Cédat et Emmanuel Imberton. Ce que l'ancien président de l'Olympique lyonnais a confirmé affirmant également avoir demandé à la jeune militante quelle suite elle souhaitait donner à l'affaire.
JMA assure avoir convoqué son directeur de communication qui lui aurait indiqué, selon lui, avoir eu une relation "consentie" avec la jeune femme, produisant des messages pour prouver ses dires. L'ancien patron de l'OL dit l'avoir alors écarté des locaux de campagne, sans pour autant mettre fin à ses fonctions.
En demandant la mise en retrait de trois de ses vice-présidents, dont Jean-Michel Aulas, figure la plus connue de son exécutif, Véronique Sarselli cherche à préserver l'institution métropolitaine d'une crise politique qui ne fait peut-être que débuter.
