Ce vendredi 20 mars, une quadragénaire est décédée à la suite d'une injection illégale à Villeurbanne. Parmi les trois mis en cause, deux Toulousains. Le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique demande la structuration du secteur.
Quand la médecine illégale vire au cauchemar. Ce vendredi 20 mars, une femme de 34 ans, aidée d'un collaborateur est soupçonnée d’avoir injecté de l’acide hyaluronique et de la lidocaïne dans les fesses d’une cliente. Selon nos confrères du Progrès, qui confirment une information de la Dépêche du Midi, la patiente, âgée d'une quarantaine d'années a été victime d'un arrêt cardiaque, et l'intervention des secours n'a pas permis de la réanimer. Les faits se sont déroulés dans un logement Airbnb de la rue Frédéric-Mistral, dans le quartier Ferrandière – Maisons neuves. L'hypothèse d'une embolie déclenchée par l’injection est probable.
La suspecte a été placée en garde à vue pour homicide involontaire et exercice illégal de la profession de médecin. Elle a ensuite été mise en examen puis écrouée en détention provisoire. Son collaborateur avait quitté le Airbnb avant l’arrivée de la police. Une enquête a été ouverte.
Deux mis en cause originaires de Toulouse
Selon nos confrères de la Dépêche du Midi, la suspecte est une influenceuse spécialisée dans les soins esthétiques, connue sur Instagram. Il ne s'agirait pas de la seule opération qu'elle a réalisée puisque la "praticienne" proposait des tarifs défiant toute concurrence. Les prestations effectuées se chiffreraient aux alentours de plusieurs centaines de milliers d'euros.
A noter que deux autres suspects ont été mis en examen pour homicide involontaire. Parmi les trois mis en cause, deux d'entre eux seraient originaires de Toulouse.
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Les injections illégales, "un problème structurel"
Selon le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique qui regroupent environ 200 médecins, "ce type de situation est la conséquence directe d’un vide réglementaire qui laisse prospérer des pratiques illégales, au détriment de la sécurité des patients."
Le collectif prône la structuration du secteur et de passer d'une logique de constat, à une logique d'action, "alors même que près de 40 % des actes seraient réalisés hors cadre médical."
Concrètement, le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique propose la diffusion de standards médicaux exigeants, la création d’un label fondé sur 21 critères de qualité et de sécurité, ainsi que de contribuer au débat public pour construire un cadre plus lisible et cohérent.