L’ancien directeur d’Only Lyon Tourisme (2004-2021), François Gaillard, s’inquiète de la baisse des indicateurs de l’attractivité touristique lyonnaise alors qu’ils sont en hausse dans le reste de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
C’est un constat alarmant que dresse l’ancien directeur d’Only Lyon Tourisme (2004-2021), François Gaillard, concernant les chiffres de l’attractivité lyonnaise en 2025. "Si le contexte international et les cycles économiques peuvent expliquer des variations ponctuelles", les indicateurs de l’attractivité touristique lyonnaise restent "orientés à la baisse" depuis 2023, souligne François Gaillard dans un communiqué diffusé le 29 janvier.
Une évolution confirmée par les données de 2025, alors qu'en juillet dernier, le président de la Métropole de Lyon se montrait confiant quant aux chiffres du tourisme sur le territoire "avec 11 % de nuitées supplémentaires depuis 2019, et un taux d'occupation moyen des hôtels de 71 %".
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Un "décrochage spectaculaire" à l'automne 2025
En se basant sur les données de l’indicateur "Revenu par chambre disponible" (RevPAR), "car il combine le taux d’occupation et le prix moyen", les chiffres "sont clairs" : "Dès 2024, malgré l’effet Jeux olympiques abondamment mis en avant, le RevPAR recule déjà de -2 % par rapport à 2023", constate ainsi François Gaillard. Et 2025 confirme cette tendance avec un RevPAR "à nouveau en baisse de 1 % par rapport à 2024". Selon lui, le "décrochage est devenu particulièrement spectaculaire" à l’automne dernier puisqu’en septembre 2025, le RevPAR a chuté de "15 %" par rapport à 2024, et de "24 %" par rapport à 2023. "Sur les neuf premiers mois de l’année, le RevPAR lyonnais a été en recul six mois sur neuf, affichant à fin septembre une baisse cumulée de -4 % par rapport à 2024 et de -5 % par rapport à 2023, soit des millions d’euros de valeur perdue pour l’économie locale", s’inquiète encore François Gaillard.
Les indicateurs culturels font aussi grise mine. La fréquentation des musées serait aussi en baisse de "11,3 % sur les dix premiers mois de l’année". Malgré une stabilité en juillet et en août, les tendances restent donc à la baisse et les indicateurs institutionnels semblent révéler la même chose : "L’office de tourisme lui-même enregistre en 2025 une baisse de -11 % des flux à l’accueil, une diminution de -7 % des personnes guidées et une chute de -20 % des ventes de Lyon City Cards". Autre constat : à l’échelle régionale, l’hôtellerie d’Auvergne-Rhône-Alpes affiche en 2025 une progression de "+2 %" de RevPAR par rapport à 2024 et de "+4 %" par rapport à 2023, souligne-t-il. L’aéroport de Lyon Saint-Exupéry connaît quant à lui une hausse de "2,3 %" de ses passagers, soit 10,7 millions de voyageurs, en 2025 et une progression de "1,7 %" pour ses vols commerciaux.
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La faute à la "logique de replis" des écologistes
Ainsi, "pris séparément, chacun de ces chiffres pourrait être relativisé. Pris ensemble, ils racontent tous la même histoire : depuis 2020, Lyon a une volonté affichée de passer d’une stratégie de conquête à une logique de replis", tance François Gaillard. Très critique de la politique menée à Lyon par les exécutifs écologistes, et désormais soutien de Jean-Michel Aulas pour les municipales, François Gaillard estime que "la promotion internationale a été affaiblie, le pilotage de la performance remplacé par le récit, et la sobriété érigée en finalité plutôt qu’en moyen".
Pour appuyer son propos, il compare notamment les résultats obtenus dans d’autres villes françaises. À Nice par exemple, le RevPAR affiche une hausse de "19 %", lorsqu'à Paris intra-muros il grimpe de "3 %", mais perd "2 %" à Bordeaux, métropole également dirigée par une majorité écologiste. "Autrement dit, Lyon et Bordeaux suivent une trajectoire similaire, à rebours de la dynamique nationale", déplore-t-il. Et de conclure : "L’attractivité ne se décrète pas, elle se mesure… et aujourd’hui, les indicateurs montrent une baisse réelle, durable et désormais documentée".
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